Y a-t-il sexisme et discrimination dans le milieu des arts contemporains ? Oui. Louise Bourgeois, la plus chère sur le marché des femmes artistes, est loin derrière le record absolu détenu par Lucian Freud pour lequel un amateur a dépensé dix fois plus.
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Y a-t-il sexisme et discrimination dans le milieu des arts contemporains ? Oui. Louise Bourgeois, la plus chère sur le marché des femmes artistes, est loin derrière le record absolu détenu par Lucian Freud pour lequel un amateur a dépensé dix fois plus. Pourtant elles sont heureusement de plus en plus nombreuses à s'imposer. Karen Renders, la directrice de artbrussels offre à sept d'entre elles, reconnues ou émergentes, un espace particulier. Carlo Arocha habille le portail d'entrée de petits miroirs réfléchissant l'espace environnant, Charlotte Beaudry, la seule Wallonne du parcours, réalise les sacs de l'édition 2009 de la Foire, et Marie-José Burki illumine la façade avec des scènes de vie anti-spectaculaires glanées dans les villes. Par ailleurs, sur les parois du palais, on s'attarde devant le dialogue proposé par Els Opsomer entre ses photos (visions du déracinement exprimé à travers étendues urbaines et habitats anonymes) et de petits messages en forme de tatouages. A l'intérieur même de la foire, la composition sonore de Kelly Schacht exigerait un environnement moins festif. Nous leur avons préféré : Fia Cielen, parce que l'£uvre fait corps avec sa vie au quotidien. Soit le partage d'habitats de fortune avec d'autres marginaux dans un ancien site industriel gantois. C'est sa " cabane " qu'elle transporte presque littéralement jusqu'à Bruxelles en y ajoutant, au-dessus du lit, un objet qui lui permet de reprendre le titre du premier film de science-fiction de l'histoire du cinéma : Wunder der Schöpfung, de Hans Walter Kornblum. Nous avons aussi une prédilection pour Berlinde De Bruyckere, parce que nous y sentons une véritable expérience du sens de la vie. Rien de faux ni de forcé chez cette artiste (expressionniste ?) rongée par la question de la mort et de la naissance. Mais une profonde introspection qu'elle traduit dans des £uvres tridimensionnelles à couper le souffle faites à partir de matériaux aussi divers que la paille, le plomb ou les couvertures, le verre, les animaux empaillés et une solide connaissance du corps humain. Cindy Wright avait aussi été pressentie. Mais voilà, ses peintures (à l'ancienne) sont longuement préparées par un travail photographique à son tour re-travaillé via l'informatique. Or Jan Hoet, qui était l'objet du portrait spécialement réalisé pour artbrussels, ne semble pas avoir eu la patience exigée par l'artiste. Dommage. G.G.