Les douze derniers mois n'ont pas été particulièrement favorables aux sicav et autres fonds d'investissement, les "organismes de placements collectifs" (OPC), comme disent les spécialistes. Ils ont même été franchement mauvais pour les fonds investis en actions européennes et mondiales qui, en moyenne, ont reculé de 20 %. Quelques autres sont parvenus à tirer leur épingle du jeu, comme les sicav monétaires (+ 3,6 %), les fonds obligataires libellés en euros (+ 3,7 %) et... les sicav en actions belges (+ 3 %).
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Les douze derniers mois n'ont pas été particulièrement favorables aux sicav et autres fonds d'investissement, les "organismes de placements collectifs" (OPC), comme disent les spécialistes. Ils ont même été franchement mauvais pour les fonds investis en actions européennes et mondiales qui, en moyenne, ont reculé de 20 %. Quelques autres sont parvenus à tirer leur épingle du jeu, comme les sicav monétaires (+ 3,6 %), les fonds obligataires libellés en euros (+ 3,7 %) et... les sicav en actions belges (+ 3 %). Dans l'ensemble toutefois, la période avril 2001-avril 2002 n'a pas réussi à inverser la tendance maussade observée depuis deux ou trois ans. Ce n'est pas pour autant que les particuliers ont reflué en masse vers les carnets d'épargne, les bons de caisse ou les fonds d'Etat. D'après les chiffres de l'Association belge des OPC arrêtés au 31 mars dernier, les fonds d'investissement commercialisés publiquement dans notre pays pèsent maintenant quelque 146,4 milliards d'euros (pratiquement 5 900 milliards de francs)., c'est-à-dire 2 % de plus qu'au début de l'année et 9 % de plus qu'il y a douze mois. On le sait, il y a sicav et sicav. La famille la plus importante, c'est le groupe des sicav investies exclusivement en actions. Elles représentent 28 % de l'ensemble. Malgré la déprime des Bourses, leur actif global a encore augmenté. Mais cela ne profite guère à la place de Bruxelles. A la fin de l'an dernier, 4,5 % seulement de la capitalisation boursière belge était dans les mains des fonds d'investissement. Parmi les vedettes du Bel 20, KBC, Almanij, Delhaize, Telindus et Barco ont nettement plus la cote auprès des gestionnaires de fonds qu'auprès des autres investisseurs. La deuxième famille en importance, avec 24 % de l'ensemble, c'est celle des fonds obligataires. Leur encours total n'a guère évolué ces derniers temps. Sans doute est-ce dû au regain d'intérêt pour leurs petites soeurs, les sicav monétaires, investies en produits à revenu fixe à court terme (dépôts à trois mois, certificats de trésorerie, etc.). Leurs actifs ont enregistré au cours du premier trimestre 2002 un bond de 14 %. Il est vrai qu'en ces temps troublés elles jouent pleinement leur rôle de valeurs refuges. Assez paradoxalement, les sicav mixtes investies en actions et en obligations selon des proportions variables - 24 % de l'ensemble également - ont vu leur actif net augmenter de 2,3 % au cours du premier trimestre de cette année. Paradoxalement, parce que, d'une part, elles ont dégagé un return globalement négatif ces derniers mois et que, d'autre part, les fonds d'épargne-pension semblent avoir atteint leur plafond. Désormais, le nombre de sortants dépasse celui des entrants. Pour relancer la machine, il faudrait sans doute relever sensiblement le plafond permettant une réduction d'impôt. Celui-ci vient d'être porté à 590 euros, mais les professionnels souhaitent, eux, qu'on le fixe à 1 000 euros. Pôle en forte croissance depuis le milieu des années 1990, les sicav à capital garanti - hybride dérivé des fonds d'actions et des fonds d'obligations - paraissent, elles aussi, proches de leur sommet. Elles représentent désormais 20 % du total des sicav. 46 compartiments (pour un total de 2 milliards d'euros) ont été créés au premier trimestre, mais, pour la plupart, il s'agit de fonds destinés à remplacer ceux arrivés à échéance. Un dernier mot, enfin, sur les sicav dites éthiques. Celles qui sont reconnues comme telles par des organismes indépendants poursuivent leur petit bonhomme de chemin. Chaque année, leur nombre et leur valeur nette d'inventaire continuent à croître. Mais il serait excessif de dire que les Belges en ont fait un de leurs produits préférés. Au 31 mars dernier, leur actif total n'atteignait que 1,24 milliard d'euros, soit moins de 1 % de l'ensemble des sommes récoltées par les organismes de placement collectif. Il faudra attendre encore un certain temps avant que les malentendus concernant leur rentabilité ne soient levés. Marc Charlet