Rien de tel qu'une actualité chahutée pour scotcher la population à son téléviseur. Les patrons de chaîne le savent : ils doivent une fière chandelle à la tempête financière de l'automne dernier. En septembre et en octobre 2008, le JT de RTL-TVI a attiré, en moyenne, 650 000 téléspectateurs chaque soir ; celui de la RTBF, 480 000. En comparaison avec 2007, cela signifie une progression de 37 000 téléspectateurs pour RTL, et de 26 000 pour la RTBF.
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Rien de tel qu'une actualité chahutée pour scotcher la population à son téléviseur. Les patrons de chaîne le savent : ils doivent une fière chandelle à la tempête financière de l'automne dernier. En septembre et en octobre 2008, le JT de RTL-TVI a attiré, en moyenne, 650 000 téléspectateurs chaque soir ; celui de la RTBF, 480 000. En comparaison avec 2007, cela signifie une progression de 37 000 téléspectateurs pour RTL, et de 26 000 pour la RTBF. Dans ce contexte, la chaîne privée aime rappeler qu'elle conserve une solide avance sur son concurrent. " En temps de crise, quand le téléspectateur cherche une valeur-refuge, une valeur-confiance, il continue de privilégier RTL ", assure Stéphane Rosenblatt, directeur des programmes. Même lors de l'élection américaine, le leadership de RTL n'a pas vacillé : le 4 novembre, son JT a rassemblé 730 000 téléspectateurs, presque 200 000 de plus que celui de la RTBF ! Sur le terrain de la politique internationale, qui était jusqu'il y a peu le bastion du service public, RTL domine désormais nettement. Le JT de la RTBF redeviendra-t-il un jour n° 1 ? Jean-Pierre Jacqmin, nouveau directeur de l'info Boulevard Reyers, n'en fait pas une obsession. Mais, sibyllin, il lâche : " Je ne vais certainement pas dire que c'est impossible. "En filigrane de ce duel impitoyable apparaît la singularité de notre paysage télévisuel. Chez nous, le JT reste la grand-messe incontournable, la vedette des grilles télé. Seuls les spectacles de François Pirette et certains matchs des Diables parviennent à lui voler la première place dans les palmarès des meilleures audiences. La situation est complètement différente en Flandre, où les JT ne se classent souvent qu'en 8e ou 9e position. Même constat aux Pays-Bas et en Allemagne. " Chez nous, la consommation d'infos est anormalement élevée par rapport aux autres marchés européens ", résume Stéphane Rosenblatt. Le JT de RTL rafle de 40 à 50 % de parts d'audience, tandis que celui de TF 1 dépasse péniblement les 30 %... Explication : pour le public belge francophone, en mal d'identité, bombardé de séries américaines et de talk-shows français, le JT reste l'un des rares programmes fédérateurs. Jusqu'à quand ? Partout ailleurs en Europe, les émissions généralistes et résolument grand public, dont le JT est l'exemple type, vivent une crise sans précédentàFrançois Brabant