Le marché immobilier spadois n'a pas connu de ralentissement en 2012, établit d'emblée Gaëtan Guyot, notaire associé à Spa. Cependant, si le nombre de transactions est resté élevé, les prix, quant à eux, ont subi un ajustement. " Nécessaire, aux dires du notaire. " Avant octobre 2008, les vendeurs étaient gourmands et gonflaient les estimations de 10, 20, parfois 30 000 euros. A présent, ils se montrent plus raisonnables et leurs attentes se rapprochent du juste prix. " Contraints et forcés, sans doute, par un public d'acquéreurs qui, pour beaucoup, ne savent plus suivre, pieds et poings liés par les conditions extrêmement strictes que leur imposent les banques. " Ce n'est pas un hasard si l'on observe une proportion énorme de compromis de vente mis en balance par une clause suspensive d'obtention de crédit hypothécaire, insiste Me Guyot. En cas de refus de celui-ci, la transaction n'a pas lieu. Et les démarches d'annulation puis de remise en vente peuvent prendre entre un et deux mois, allongeant le délai d'attente des futurs ex-propriétaires. " Tant et si bien que nombre d'entre eux exigent que leur soit versé un acompte, " de l'ordre de 5 % du prix, parfois 10 %, en gage de solvabilité ". Une nouveauté 2012.
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Le marché immobilier spadois n'a pas connu de ralentissement en 2012, établit d'emblée Gaëtan Guyot, notaire associé à Spa. Cependant, si le nombre de transactions est resté élevé, les prix, quant à eux, ont subi un ajustement. " Nécessaire, aux dires du notaire. " Avant octobre 2008, les vendeurs étaient gourmands et gonflaient les estimations de 10, 20, parfois 30 000 euros. A présent, ils se montrent plus raisonnables et leurs attentes se rapprochent du juste prix. " Contraints et forcés, sans doute, par un public d'acquéreurs qui, pour beaucoup, ne savent plus suivre, pieds et poings liés par les conditions extrêmement strictes que leur imposent les banques. " Ce n'est pas un hasard si l'on observe une proportion énorme de compromis de vente mis en balance par une clause suspensive d'obtention de crédit hypothécaire, insiste Me Guyot. En cas de refus de celui-ci, la transaction n'a pas lieu. Et les démarches d'annulation puis de remise en vente peuvent prendre entre un et deux mois, allongeant le délai d'attente des futurs ex-propriétaires. " Tant et si bien que nombre d'entre eux exigent que leur soit versé un acompte, " de l'ordre de 5 % du prix, parfois 10 %, en gage de solvabilité ". Une nouveauté 2012. Un segment du marché fait toutefois exception à la règle : celui des appartements. Un constat que les professionnels de l'immobilier spadois posaient déjà en 2011 et qui se confirme cette année encore, au vu des premiers mois de 2013. " Nous vivons des années millésimes en ce qui concerne la vente d'appartements, se réjouit François Carlier, de l'agence T&B Immobilière. De quoi rattraper les résultats mitigés obtenus par d'autres types de biens, en difficulté. " Et en la matière, tant le courtier que le notaire pointent du doigt les maisons 4-façades, boudées par les candidats- acquéreurs. " Preuve en est le fait que nous avons cessé de prospecter, assure l'agent immobilier. Les gens ne savent plus que faire pour les vendre eux-mêmes et passent, toujours plus nombreux, la porte de notre agence pour s'en remettre à nous, désespérés par le calme plat que suscite leur petite annonce. " Il faut reconnaître qu'en ces temps d'après-crise caractérisés, entre autres, par une hausse des coûts de l'énergie, les 4-façades ne savent plus quel profil présenter pour se montrer sous leur meilleur jour. " Construites dans les années 1970-1980, voire au début des années 1990, la plupart sont technologiquement et énergétiquement dépassées, poursuit-il. Certaines ont même encore des toits isolés à l'amiante ! Autant dire qu'il y a du boulot pour les remettre en état, comme au goût du jour. " Résultat ? " Dans leur cas, la tendance générale n'est pas à l'ajustement, mais bien à la baisse des prix, glissant de 270 000-280 000 euros à quelque 240 000-250 000 euros ", assène Gaëtan Guyot. Un phénomène qui contamine même les belles villas spadoises typiques, plantées sur les hauteurs de la ville, dont le charme anglo-normand avait pourtant toujours fait recette. Le notaire cite en exemple une villa sise sur la belle et courue localité de Balmoral, aux abords de Spa. " La vue est superbe, de grandes baies vitrées font entrer la lumière dans la maison... Tout y est ! Et pourtant, elle stagne sur le marché, accusant même une décote de... 150 000 euros, dégringolant de quelque 500 000 à 350 000 euros. " Un cas parmi tant d'autres. En effet, ces biens de caractère " se monnaient aujourd'hui dans une fourchette de 400 000 à 600 000 euros, alors qu'ils trouvaient acquéreurs pour 600 000 à 800 000 euros voici quatre ans ", souligne encore Me Guyot, qui ajoute que, " de manière générale, au-delà des 500 000 euros, le marché devient difficile, sauf pour certains biens d'exception ". Heureusement, Spa peut compter sur les amoureux de l'Ardenne et sa ville d'eaux pour limiter la casse, des aficionados qu'elle recrute essentiellement hors de ses frontières. " Il y a dix-quinze ans, c'étaient les Allemands, puis, voici cinq-six ans, les Néerlandais ont débarqué en masse, pour ensuite laisser la place à des Bruxellois, des Flamands et quelques Liégeois fortunés ", énumère Gaëtan Guyot. Il n'empêche, ce sont, ici aussi, les appartements qui raflent la mise, à en faire pâlir leurs nobles consoeurs. " Le marché du luxe fait de plus en plus la part belle aux appartements de standing, dont les dimensions dépassent de loin le 2-chambres classique que l'on trouve dans le centre-ville de Spa, pour s'étendre sur 180, 200 m², et aligner jusqu'à trois ou quatre chambres ", acquiesce François Carlier. Autant dire que pareil bijou a un prix : " Autour de 2 500 euros du mètre carré, avec des pics à 3 000 euros... hors frais. " Soit autant, sinon plus, que les villas spadoises, mais avec autrement plus de succès, les résidences haut de gamme se multipliant dans la région. " La construction de trois résidences à appartements de standing sur la route de Balmoral, à Sart-lez-Spa, en est la preuve, intervient Gaëtan Guyot. Le promoteur, le groupe Wust, a inauguré la première, baptisée Eagle, termine la seconde, Birdie, et entame la troisième, Albatros. " Soit 48 appartements au total, qui comptent parmi les plus onéreux du marché. Et se vendent comme des petits pains à " des golfeurs issus de Verviers et ses environs, qui, à 55-65 ans, n'ont plus envie d'entretenir leur grande villa avec jardin et préfèrent le confort d'un appartement avec une vue agréable, proche de Spa et de son terrain de golf ". Une évolution positive non sans effets pervers. " Les jeunes couples et les familles sont, eux, une espèce en voie de disparition dans le centre de Spa, déplore le courtier. Leurs moyens sont autrement plus limités que ceux de leurs aînés, et la fin des emprunts à hauteur de 125 % des biens achève d'enfoncer le clou, rendant le rêve de la petite maison de ville, mitoyenne ou 3-façades, composée de 3 chambres et assortie d'un jardinet, de plus en plus inaccessible. " D'ailleurs, " c'est bien simple, renchérit Me Guyot, dès que l'une de ces petites maisons fait son apparition sur le marché, en bon état général et annoncée entre 140 000 et 180 000 euros, les candidats-acquéreurs se jettent dessus. Ce qui n'est plus le cas quand on se situe dans la frange supérieure, entre 200 000 et 220 000 euros. " Ceux qui restent sur le carreau " migrent vers d'autres communes moins chères ou se retrouvent plus longtemps sur le marché de la location, je suppose ", conclut François Carlier. Frédérique Masquelier