La naissance du désir, la transformation du corps et des liens affectifs à la puberté n'avaient pas connu beaucoup de moments de grâce sur nos écrans avant 2019... A la fois matière première et public privilégié des séries télé, les adolescents seront probablement au coeur de la bataille...

La naissance du désir, la transformation du corps et des liens affectifs à la puberté n'avaient pas connu beaucoup de moments de grâce sur nos écrans avant 2019... A la fois matière première et public privilégié des séries télé, les adolescents seront probablement au coeur de la bataille que vont se livrer, durant 2020, les plateformes de streaming. Netflix a une avance manifeste sur Disney et Apple en ce qu'elle s'est déjà appliquée à multiplier les séries illustrant les pubertés bourgeonnantes. Elle n'est pas la seule, HBO ayant produit, avec Euphoria, une oeuvre esthétiquement et narrativement magistrale sur l'attraction des ados pour les précipices. Elite, Riverdale, Atypical, Sex Education, Pen15 et Euphoria, donc : le spectre est très large, passant allègrement du divertissement le plus léger (ou crétin) à la réflexion stimulante sur la sexualité des ados, les questions de genre, la violence du monde des adultes, la dépendance... D'une manière générale, accordons-nous pour dire que les séries ne prennent plus les ados pour des quiches. Tant mieux. Ils sont plus ou moins conscients des dangers lovés dans les nouvelles technologies, Internet et les smartphones, la sexualité, les relations toxiques... Plutôt que de rire et faire rire de leur condition ingrate, d'occuper leur temps de cerveau disponible, de les plomber de leçons morales et de mises en garde, 2019 a été l'année qui a vu leurs réalités crever l'écran.