1 L'épuration des eaux

Bien sûr, il fallait y passer. L'Europe impose que les eaux usées soient épurées, et donc collectées, ce qui améliorera la qualité des cours d'eau. Mais il est temps que tous ces chantiers menés en ville et aux entrées par l'Inasep (Intercommunale namuroise de services publics) se terminent et que toutes les rues et places soient rendues aux usagers. Après plus de trois ans d'excavations multiples, et bien des problèmes : rues étroites, sites archéologiques en sous-sol, présence de câbles et de conduites (parfois non répertoriées), conditions climatiques rigoureuses, faillite d'un entrepreneur... Aujourd'hui, les trous se rebouchent les uns après les autres, mais la date de fin de tous les travaux, initialement prévue en janvier 2011, ne sera pas tenue.
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Bien sûr, il fallait y passer. L'Europe impose que les eaux usées soient épurées, et donc collectées, ce qui améliorera la qualité des cours d'eau. Mais il est temps que tous ces chantiers menés en ville et aux entrées par l'Inasep (Intercommunale namuroise de services publics) se terminent et que toutes les rues et places soient rendues aux usagers. Après plus de trois ans d'excavations multiples, et bien des problèmes : rues étroites, sites archéologiques en sous-sol, présence de câbles et de conduites (parfois non répertoriées), conditions climatiques rigoureuses, faillite d'un entrepreneur... Aujourd'hui, les trous se rebouchent les uns après les autres, mais la date de fin de tous les travaux, initialement prévue en janvier 2011, ne sera pas tenue. L'espace partagé entre tous les usagers : c'est le but de l'aménagement en cours de la place de l'Ange, lieu de passage par excellence, qui constitue, avec la rue de Fer, l'axe principal de cette galerie à ciel ouvert qu'est le commerce namurois. Ce concept de " zone de rencontre ", où il n'y a plus de distinction entre le trottoir et la chaussée, veut plus de convivialité et s'adresse aux zones urbaines où le commerce, l'artisanat et le tourisme sont prépondérants. Le lifting devrait être terminé avant la fin de l'année. " La majorité avait voulu aménager la place en zone résidentielle, avec priorité aux piétons, et vitesse maximale de 20 km/h, explique Frédéric Laloux, chef de groupe PS, dans l'opposition. Fort bien, mais on avait sans doute oublié le passage de 57 bus par jour ! Du coup, ce sera une zone 30, sans priorité pour les piétons. Il ne faut pas laisser croire aux gens que l'espace est à eux, que les enfants pourront y jouer sans danger... "Les bus vont abandonner leur gare actuelle du square Léopold pour monter sur la dalle de la gare SNCB. Le premier coup de pioche est prévu pour 2012. Les bus au-dessus des trains : intermodalité assurée. Le projet, porté par le bureau d'études Euro-Liège, prévoit une rampe d'accès depuis le rond-point Léopold, contre la façade du parking actuel, et un pont haubané donnant accès à la dalle. Des ascenseurs et des escalators permettront de relier les différents niveaux de ce nouveau complexe (bus, gare SNCB, voies ferrées). Au panier donc tous les projets imaginés pour cette dalle de la gare : un complexe de cinéma multisalles, une galerie commerciale de plus de 50 000 m2... Juste à côté, un nouveau complexe commercial est envisagé au square Léopold, dans le prolongement de l'axe rue de Fer-rue de l'Ange, face au C&A, et sur l'emplacement de l'actuelle gare des bus (voir plus loin). Il sera limité à moins de 20 000 m2 " pour ne pas concurrencer, mais au contraire renforcer l'attractivité de cet axe ", explique le bourgmestre Jacques Etienne (CDH). Namur veut en effet protéger son tissu commercial existant, mais peser, en élargissant l'offre, sur la pression foncière et le montant des loyers des magasins. La Ville s'est à plusieurs reprises opposée à des projets envisagés dans d'autres communes qui auraient risqué de déstabiliser son marché. " Ce projet Foruminvest est, avec celui de la dalle de la gare, un des deux projets phares de Namur, remarque Frédéric Laloux, mais le conseil communal n'a même pas été tenu au courant. Les conseillers ont pu en prendre connaissance, comme tout le monde, dans Namur-Magazine, le bulletin communal. Ces deux projets, qui sont liés, s'inscrivent en outre dans le dossier plus vaste du réaménagement de tout le haut de la ville. " Le trafic automobile devant la gare sera en effet reporté vers le tunnel sous le MET, de l'autre côté de la gare, et un sens unique (dans la direction Jambes-Salzinnes) sera imposé. Namur, pour ce dossier global, espère de larges subsides du gouvernement wallon. C'est la Régie des Bâtiments, toujours fédérale, qui est maître d'£uvre de ce projet de construction d'un nouveau palais de justice à proximité des bâtiments des Finances, sur le parking qui accueille, en partie, la foire de juillet. " Ce sera l'occasion de réhabiliter tout ce quartier des casernes qui en a bien besoin, fait valoir le bourgmestre : il y aura des logements, des commerces, une nouvelle esplanade... C'est une fameuse portion de l'espace urbain namurois qui sera rajeunie. " Un rajeunissement qui avait déjà commencé avec l'installation de l'hôtel Ibis, la construction de logements juste à côté, la superbe réhabilitation du couvent des Célestines en cabinet ministériel (où l'Ecolo Jean-Marc Nollet a succédé au socialiste Jean-Claude Marcourt), l'implantation de l'UVCW (Union des villes et communes de Wallonie) ou celle des Mutualités chrétiennes. Le déménagement de la caserne des pompiers va également libérer un espace qui permettra d'étendre cette modernisation du quartier vers la Meuse. A terme, c'est la jonction directe avec le pont des Ardennes, et donc Jambes, qui est concernée. Les investisseurs ne s'y sont pas trompés : les immeubles entre la gare et le site du futur palais de justice ont la cote. C'est définitivement non : le parlement wallon ne construira pas de nouvel hémicycle au Port du Bon-Dieu, ni ailleurs. A la Ville, certains ne désespéraient pas de voir cet ancien site d'activité économique (matériaux de construction principalement) trouver, grâce à la Région wallonne, une noble destinée. " On repart donc à zéro ", constate avec un brin d'amertume Jacques Etienne, ancien député wallon. A défaut, il y verrait bien, par exemple, une extension du nouveau palais de justice, ou... tout autre service public. Et si le transfert de toute une série de compétences de l'Etat fédéral vers les Régions devait intervenir, il faudra bien de l'espace pour loger l'un ou l'autre nouveau cabinet ministériel, ou accueillir des pans entiers de l'administration. Ce qui semble évident, c'est que le bourgmestre ne paraît guère favorable au retour du projet Atenor, pourtant soutenu à l'époque par son échevin Gavroy : le promoteur (qui parle sur son site des " approches antagonistes des différentes autorités politiques ") voulait y construire un ensemble de quelque 250 appartements et de commerces de proximité. Le conseil communal a adopté le projet de construction d'une toute nouvelle caserne pour le service incendie, à Jambes, de l'autre côté du passage à niveau. La SNCB s'est engagée à remplacer celui-ci par un pont. " Un coup de poing dans l'£il, réagit Frédéric Laloux. Il va falloir construire des rampes parallèles aux voies pour amener la circulation vers le pont lui-même, qui culminera à 8 ou 9 mètres de haut ! " " Le fonctionnaire-délégué a donné un avis favorable ", répond le bourgmestre. " C'est l'erreur de la législature, reprend le chef de l'opposition : pourquoi vouloir installer cette caserne près du centre, en gaspillant des terrains de valeur, plutôt qu'à proximité des grands axes, des autoroutes, à Belgrade ou à Bouge ? Jacques Etienne a déclaré que cela ne coûterait rien à la Ville, mais c'est faux ! Il explique que c'est la zone de secours qui paiera, que la Ville pourra récupérer sa mise en diminuant sa participation à la zone. Il faudrait peut-être demander l'avis des autres communes, non ? " Le budget de départ était de 12 millions, dont 7 de subsides de la Région. Il est monté à 17 millions, avoue le bourgmestre. A 20, affirme l'opposition. MICHEL DELWICHE