Tout a commencé en 1995, quand deux passionnés des bois et forêts, Philippe Taminiaux et Philippe Blerot, ont mis la main chez d'autres amoureux de la nature sur un stock considérable d'images amateures jamais vues ailleurs. Afin de valoriser ce type de démarche, ils ont alors l'idée de créer une compétition qui permettrait au public de découvrir les merveilles cachées de la région qui les a vus naître. Seule contrainte : les films ne doivent pas dépasser cinq minutes, sous peine de lasser.
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Tout a commencé en 1995, quand deux passionnés des bois et forêts, Philippe Taminiaux et Philippe Blerot, ont mis la main chez d'autres amoureux de la nature sur un stock considérable d'images amateures jamais vues ailleurs. Afin de valoriser ce type de démarche, ils ont alors l'idée de créer une compétition qui permettrait au public de découvrir les merveilles cachées de la région qui les a vus naître. Seule contrainte : les films ne doivent pas dépasser cinq minutes, sous peine de lasser. Tanguy Dumortier, éditeur, présentateur et réalisateur au Jardin extraordinaire sur la RTBF et président du Festival international nature Namur (Finn) depuis 2016, commente depuis sa base ittroise : " Ils ont commencé à projeter ces films dans une salle de l'université de Namur, et puis au Théâtre de Namur. La proposition a d'emblée connu un engouement incroyable. Il faut bien avoir en tête que les films amateurs peuvent parfois avoir quelque chose de plus rare et de plus exceptionnel à offrir que les professionnels, dans la mesure où il n'y a pas de réalité économique derrière leur concrétisation. Certains passionnés peuvent ainsi parfois consacrer plusieurs mois, et même plusieurs années, à faire un seul film de cinq minutes. Il est tentant de penser que tout a déjà été montré et, pourtant, chaque année nous sommes épatés par le degré d'excellence des productions soumises. Avec le développement et la démocratisation des technologies, la miniaturisation des caméras et l'apparition des drones, la qualité et l'innovation sont aujourd'hui plus que jamais à la portée de tous. " Au fil des ans, cette compétition de films amateurs qui attire immanquablement les foules est restée le coeur battant d'un événement dont elle a largement contribué à faire le succès et la réputation internationale, allant jusqu'à être copiée dans divers rendez-vous étrangers. Le Finn, lui, n'a cessé de grandir autour de cette raison d'être historique, étoffant peu à peu son programme via d'autres propositions attractives : compétition de films professionnels et compétition de photos nature, d'abord, mais aussi expos, soirées thématiques, débats, balades, académie de cours, initiations en extérieur, sélection de films ultracourts, animations scolaires, sensibilisation associative, Village nature, etc. Avec sa programmation riche et variée, l'événement rayonne largement au-delà des frontières. En tout, ce sont plus de 35 000 personnes qui sont attendues au Finn entre le 11 et le 20 octobre, visiteurs venus de la région namuroise bien sûr, mais aussi de toute la Wallonie, de Bruxelles, de France, du Luxembourg, de Suisse même parfois. S'il compte toute une série de minidécentralisations dans diverses communes, le festival concentre essentiellement ses activités autour de deux pôles majeurs. D'une part, le site historique de la Citadelle de Namur, qui accueille une série d'expositions gratuites, en intérieur et en extérieur, inscrites dans un cadre d'exception. De l'autre, le très cosy cinéma Acinapolis de Jambes. " Avec ses grands écrans 4K et un son 7.1 qui vient de tous les côtés, il n'y a pas de meilleur endroit dans toute la région pour pouvoir apprécier des films nature comme il se doit ", analyse Tanguy Dumortier. Innovation de cette édition anniversaire 2019 : le Finn peut désormais se targuer de compter un jury jeune dans ses rangs. Plusieurs étudiants du secondaire auront ainsi la responsabilité de remettre le prix du meilleur film environnement dans la compétition professionnelle. " On a entendu les revendications des jeunes liées au climat au printemps dernier, reprend Tanguy Dumortier. On s'est dit que c'était l'occasion de les mettre davantage en lumière à travers un jury bien à eux. " Une manière d'inscrire le festival dans une démarche davantage militante ? " Disons qu'on ne se revendique pas ouvertement d'une dimension politico-écologique, encore moins d'un quelconque dogmatisme. On préfère insister sur la dimension spectaculaire de l'événement. C'est d'ailleurs notre slogan : "La nature est un spectacle !" Après, il est évident que si les gens se montrent particulièrement sensibles à la beauté de la nature à travers les images que nous en montrons, ils auront peut-être davantage envie de l'aimer et de la protéger. " Tenter de rendre compte de toute l'étendue de la beauté de la nature pour inciter à mieux la préserver : c'est l'un des moteurs du travail de Jean- Michel Bertrand, cinéaste originaire des Hautes-Alpes amoureux de la montagne et de la faune sauvage, dont le nouveau long métrage, Marche avec les loups, sera présenté en avant-première mondiale lors de la soirée de gala d'ouverture du festival. Un très beau documentaire à la subjectivité entièrement assumée où il embrasse la solitude d'un jeune loup pour mieux étreindre la magnificence d'un paradis perdu, dévoyé par la meute des hommes. Joint au téléphone, il explique sa démarche : " A travers les documentaires que je réalise, je cherche à proposer radicalement autre chose que tous ces films animaliers qui mettent en scène des bêtes apprivoisées dans une espèce de surenchère un peu absurde d'images-performances. Moi, ce qui m'intéresse, c'est d'être davantage dans le dur, dans le brut, dans l'émotion nue que peut provoquer une véritable immersion au coeur de la nature sauvage. Et d'accueillir chaque rencontre comme un véritable cadeau. " Primé au Finn 2009 pour Vertige d'une rencontre, récit de son aventure hors norme sur les traces du mythique aigle royal, puis revenu y présenter en primeur La Vallée des loups, son précédent long métrage, il y a trois ans, avant de présider le jury des films professionnels de l'édition 2018, Jean-Michel Bertrand entretient une relation toute particulière avec l'événement namurois. " Aujourd'hui, les films commercialisés autour de la nature sont trop souvent victimes d'un très grand formatage. C'est là que "Nature Namur" prend tout son sens. Il est primordial de continuer à montrer des oeuvres amateures, spontanées, libres de tout carcan. Ce sont elles qui rendent le plus beau des hommages à la nature. "