Jusqu'au bout, les plus fervents des supporters ont cru pouvoir empêcher l'irrémédiable. Ils se sont mobilisés pour récolter des dons et organiser des concerts, des tournois sportifs, des ventes de tee-shirts ou un souper porchetta. Ils ont ainsi rassemblé plus de 25 000 euros... mais il en aurait fallu 500 000 pour obtenir un sursis de l'Union belge, car les dettes du club atteignent, selon Jean Godin, l'échevin louviérois des Sports, 3 millions d'euros.
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Jusqu'au bout, les plus fervents des supporters ont cru pouvoir empêcher l'irrémédiable. Ils se sont mobilisés pour récolter des dons et organiser des concerts, des tournois sportifs, des ventes de tee-shirts ou un souper porchetta. Ils ont ainsi rassemblé plus de 25 000 euros... mais il en aurait fallu 500 000 pour obtenir un sursis de l'Union belge, car les dettes du club atteignent, selon Jean Godin, l'échevin louviérois des Sports, 3 millions d'euros. L'enthousiasme de la grande époque des Loups, surtout cette année 2003 où la Raal a gagné la Coupe de Belgique 3-1 contre Saint-Trond au stade Roi Baudouin, a cédé le pas à une profonde amertume et à un immense sentiment de tristesse. La Raal, tout un symbole pour la capitale de la région du Centre. " Bien sûr que le club est important pour La Louvière, parce qu'ici, avec Boch ou Duferco, tout ne va pas toujours trop bien ; alors, si la Raal disparaît, La Louvière est foutue ", explique Nelly Mathurin, une des figures du monde du foot louviérois, qui a tenu pendant trente-quatre ans le café Le Time, juste à côté du stade du Tivoli. " Mais que voulez-vous... Les derniers temps, il n'y avait plus que de 700 à 1 000 supporters au Tivoli (15 000 places !), et 300 en déplacement. Dans les années 1970, ils étaient de 12 000 à 15 000 ... et on faisait de ces fêtes ! Mais, aujourd'hui, on paie trop les joueurs, les clubs ne savent pas suivre. "Nelly n'aurait pas vu d'un mauvais £il un tout nouveau départ, en dernière division provinciale, mais en gardant les fanfares, les tambours et les grosses caisses. C'est une autre solution qui a finalement prévalu, celle de la fusion. " Il fallait faire quelque chose, face à la réaction populaire, explique l'échevin Godin. Mais la Ville, qui est sous plan de gestion, ne pouvait pas éponger les déficits dus à une mauvaise gestion. Des contacts ont eu lieu jusqu'en avril avec l'URS Centre, qui évoluait dans la même division 3 que la Raal, avec laquelle elle partageait d'ailleurs le stade communal du Tivoli. Mais il y a eu, disons, des problèmes de personnes. Alors Couillet, qui avait des problèmes d'infrastructures, nous a contactés. "C'est ainsi qu'est né le FCLL (Football Couillet La Louvière), qui évoluera en Promotion la saison prochaine sous le matricule 94 de Couillet (Charleroi) au stade du Tivoli. Malgré l'opposition de l'URS Centre, devenue le club phare de La Louvière, et " qui pensait avoir droit à tout ", dit l'échevin. Les autorités communales ont toutefois bien précisé qu'elles imposeraient des conditions d'éthique et de transparence de gestion au FCLL, mais aussi à l'URS Centre et à tous les clubs de l'entité. Parce que, manifestement, ce n'était pas le cas... " C'est une vraie fusion, commente pour sa part, satisfaite, Sarah Busieaux qui avait orchestré la mobilisation générale et lancé, sur Facebook, l'opération " Sauvons la Raal en deux mois ". C'est une vraie fusion avec une épaisse équipe de joueurs venant des deux clubs. Il va falloir maintenant créer une identité commune, et surtout s'occuper de nos 300 jeunes. "MICHEL DELWICHE