Désormais, n'importe qui peut revendre sa collection de timbres (sur eBay), louer son appartement à des touristes (grâce à AirBNB), livrer des plats à domicile (via Platduchef.be), jouer les taxis (avec Uber) et prêter de l'argent (en utilisant Pret-dunion.fr ou The Lending Club). Derrière, un joli business : Rachel Botsman, influente analyste, estime que ce " marché du partage " pèse autour de 25 milliards de dollars.
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Désormais, n'importe qui peut revendre sa collection de timbres (sur eBay), louer son appartement à des touristes (grâce à AirBNB), livrer des plats à domicile (via Platduchef.be), jouer les taxis (avec Uber) et prêter de l'argent (en utilisant Pret-dunion.fr ou The Lending Club). Derrière, un joli business : Rachel Botsman, influente analyste, estime que ce " marché du partage " pèse autour de 25 milliards de dollars. Sauf que ces nouveaux modèles posent des questions juridiques et sociales. A Paris, le service de voitures avec chauffeur Uber a provoqué la fronde des taxis, qui hurlent à la concurrence déloyale. Au point que le gouvernement français se prépare à voter une loi imposant aux chauffeurs Uber d'attendre 15 minutes avant de pouvoir embarquer un client. Un comble... Et à New York, AirBNB a été carrément interdit. Là aussi pour " concurrence déloyale " au secteur hôtelier. Chez nous, une ordonnance est en préparation à la Région bruxelloise : le particulier qui propose des hébergements (via AirBNB) serait tenu de payer une taxe et fournir un certificat de bonne vie et moeurs, un contrat d'assurance et un certificat de conformité incendie. La start-up bruxelloise Djump, elle, développe une communauté axée sur le covoiturage (Le Vif/L'Express du 20 décembre 2013). Sa cofondatrice Anissia Tcherniaeff est persuadée que les barrières juridiques ne sont pas insurmontables. " C'est à nous de vérifier qu'il n'y a pas d'abus. Nos conditions générales d'utilisation stipulent que toute personne qui perçoit une rémunération via Djump doit la déclarer en "revenus divers''. Notre modèle collaboratif a sa raison d'être. " Michaël Zylberberg, président du syndicat Brussels Unified Taxi, est d'un autre avis : " Cette économie n'a de partage que le nom. Le but de ces start-up est de faire du profit. Nous demandons aux autorités de faire respecter les lois du commerce. Il s'agit aussi de préserver des emplois. " " Ces nouveaux modèles collaboratifs sont contestés par des filières professionnelles ou des corporations qui détiennent une rente de situation. Celles-ci veulent logiquement se protéger ", explique Pascal Poty, responsable du pôle Veille technologique et juridique à l'Agence wallonne des télécommunications (AWT). Il est évident, selon lui, que de nombreux acteurs traditionnels vont devoir s'adapter.Olivier Fabes