Derrière les parois vitrées d'une petite salle, une dizaine d'apprentis sorciers manipulent d'imposants ordinateurs, casques vissés aux oreilles. Dans un recoin, un jeune homme passe un entretien pour accéder au programme : Technocité, le programme en question, ne se livre pas si facilement que cela. S'initier aux métiers liés aux technologies digitales et aux nouveaux métiers de l'image, ça sonne plutôt sexy quand on recherche un emploi... Surtout quand c'est le Forem qui finance. De 40 à 50 personnes sont formées ici tous les jours, via des cycles de quelques mois : six salles de formation dans les anciens locaux rénovés de Telindus, à l'entrée du parc Initialis, non loin des Grands Prés.
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Derrière les parois vitrées d'une petite salle, une dizaine d'apprentis sorciers manipulent d'imposants ordinateurs, casques vissés aux oreilles. Dans un recoin, un jeune homme passe un entretien pour accéder au programme : Technocité, le programme en question, ne se livre pas si facilement que cela. S'initier aux métiers liés aux technologies digitales et aux nouveaux métiers de l'image, ça sonne plutôt sexy quand on recherche un emploi... Surtout quand c'est le Forem qui finance. De 40 à 50 personnes sont formées ici tous les jours, via des cycles de quelques mois : six salles de formation dans les anciens locaux rénovés de Telindus, à l'entrée du parc Initialis, non loin des Grands Prés. Ce bâtiment abrite également le Microsoft Innovation Center (MIC, opérationnel depuis mars 2009) et une paire d'incubateurs qui seront inaugurés ces jours-ci : destinés à accueillir des PME actives dans l'innovation digitale (en synergies avec Microsoft), ces incubateurs accueilleront notamment les bureaux de Virtualis, spécialiste de l'image de synthèse créé par une dizaine d'entreprises actives dans le numérique. Ces incubateurs, alliés au MIC, à Technocité, à la présence de Google à Ghlin et bientôt à Euro Green IT sont également les maillons d'un concept plus général : la Digital Innovation Valley (DIV). ça fait très américain ? C'est voulu ! L'idée ? Accentuer le dynamisme économique du projet Mons 2015, façon Silicon Valley. Et si elle n'est actuellement qu'un terme générique, cette vallée virtuelle, qui s'étend de Charleroi à Tournai, devrait à terme être coulée dans une structure concrète, histoire de finaliser sa vocation faîtière. En clair, quand un entrepreneur spécialisé dans les technologies numériques ou digitales décide " d'en être ", il lui faut et faudra passer par l'interface DIV qui, dans sa quête effrénée d'investisseurs du monde technologique (pourquoi pas, après Google, Microsoft et IBM, des réseaux sociaux comme Facebook ou des opérateurs de téléphonie mobile...), deviendra certainement une personne morale à part entière. En 2004, quand les discussions commencent à s'intensifier autour d'une éventuelle candidature de Mons comme Capitale européenne de la culture, l'idée d'élargir la thématique de cet élan aux développements technologiques commence à germer. Pour redorer le blason d'une ville dont la réputation économique n'a rien d'enviable, à l'époque. " L'idée, c'était de pouvoir utiliser la dynamique de cette candidature pour changer l'image de la ville et booster son développement économique : j'ai convaincu Elio Di Rupo et Yves Vasseur, le commissaire de Mons 2015, d'associer culture et technologie dans le projet ", explique Pascal Keiser, qui dirige le pôle Technocité et codirige la Digital Innovation Valley. Son alter ego, pour la DIV, n'est autre que l'ancien responsable du bureau californien de l'Awex, Pierre Leclercq, qui a piloté l'arrivée en terres montoises du géant Google. Google à Ghlin, c'est évidemment l'une des pierres fondatrices de cet édifice. Un investissement de plusieurs centaines de millions d'euros, officialisé en 2007, pour des milliers de serveurs informatiques. Un appel d'air pour une ville dont on aurait difficilement imaginé, il y a dix ans, qu'elle se tournerait si promptement vers l'innovation technologique. Après le plus célèbre moteur de recherche au monde, c'est Microsoft, autre géant informatique, qui annonce son nouvel ancrage montois en 2008. Même s'il ne faut pas se tromper : le bébé de Bill Gates ou, plus récemment encore, IBM, c'est une tout autre manière de s'implanter à Mons que Google, dont l'ultra-protégé data center, étalé sur cent hectares, n'a que peu de rapport avec les quelques employés dépêchés par les deux grandes majors précitées. Le MIC, financé pour moitié par la Région wallonne (l'autre moitié étant à charge des privés, dont évidemment Microsoft à hauteur de 25 %), est une sorte de pépinière d'idées où les porteurs de projets en manque de structure et de financement peuvent se faire accompagner par l'expertise et par les technologies Microsoft. " Ces centres d'innovation, basés sur un modèle de partenariat public-privé (PPP) assez unique en son genre, sont destinés à l'accompagnement des PME par des majors comme IBM ou Microsoft. On est vraiment, avec la DIV, dans l'idée d'un écosystème des technologies numériques et digitales, qui va du data center de Google au MIC, en passant par la présence de sociétés comme I-Movix, Polymedis ou Fishing Cactus sur le site d'Initialis. Tous ces acteurs peuvent discuter autour de la même table, même s'ils sont concurrents. Et échanger des idées ", poursuit Pascal Keyser. L'exemple de la société Fishing Cactus, désormais installée avec sa quinzaine d'employés dans le parc Initalis, est plutôt éclairant à cet égard. Montoise d'origine, la PME s'est liée au Microsoft Innovation Center pour plancher sur ses nouveaux jeux vidéo : grâce à l'utilisation de la technologie Kinect de Microsoft, Fishing Cactus a pu constituer des avatars en 3D dans son jeu. Un exemple de synergie qui se décline en général dans les " booth camps " de deux mois organisés par Microsoft. L'objectif de ces plates-formes d'innovation étant, très clairement, d'éliminer l'étanchéité des frontières entre les trouvailles des uns et des autres. L'autre grande actualité du moment, du côté de l'innovation technologique en région montoise, c'est l'inauguration prochaine de l'" Euro Green IT Innovation Center ". Avec une centaine d'emplois à la clé. Dans la même optique que le MIC, ce nouveau centre d'innovation qui sera pleinement opérationnel au printemps devrait permettre à des sociétés comme IBM et Cisco, principalement, de doper leurs synergies avec des acteurs plus modestes du monde des technologies informatiques liées au développement durable. Avec deux volets : réduire les émissions de CO2 produites par la consommation informatique et doper les solutions informatiques au niveau de la promotion du développement durable. Là aussi, et dans le cadre du plan Marshall 2. Vert, la Région wallonne met la main au portefeuille à hauteur de 750 000 euros (50 % du budget), toujours dans cette formule de PPP lancée avec le MIC. Ce centre d'expertise s'inscrit donc pleinement dans cette dynamique à haute valeur ajoutée pour la ville : la visite du roi, en juin 2009, du côté de Google et Microsoft, prouve bien que Mons a réussi un véritable " coup " en créant cette vallée digitale.la div devraitêtre coulée dans une structureconcrète