Quel ramdam ! La campagne lancée, au début du mois de février, par le Forum nucléaire, ne cesse de faire parler d'elle, alors qu'elle touche à sa fin. Fâchés de la teneur de cette campagne, qui entend " lancer le débat " sur l'avenir énergétique du pays et la pertinence du recours à l'énergie nucléaire, les partis et associations écologiques sont montés au créneau pour la dénoncer.
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Quel ramdam ! La campagne lancée, au début du mois de février, par le Forum nucléaire, ne cesse de faire parler d'elle, alors qu'elle touche à sa fin. Fâchés de la teneur de cette campagne, qui entend " lancer le débat " sur l'avenir énergétique du pays et la pertinence du recours à l'énergie nucléaire, les partis et associations écologiques sont montés au créneau pour la dénoncer. " L'énergie nucléaire représente 55 % de l'électricité consommée en Belgique, argumente Diana Nikolic, porte-parole du Forum nucléaire. Notre campagne vise uniquement à faire réfléchir chacun sur le sujet. " Avec de gros moyens : les affiches publicitaires, les annonces publiées dans la presse et les spots télévisés ont coûté2 millions d'euros. Cette campagne a suscité de très vives réactions pour deux raisons principales : 1. Le Forum nucléaire réunit les ténors du nucléaire en Belgique, dont Electrabel, la SPE, Synatom, Belgonucléaire, Belgoprocess, l'IRE (Institut des radioéléments), Belgoprocess ou le CEN (Centre d'études de l'énergie nucléaire). Certains de ces membres, comme le CEN et l'IRE, bénéficient de subsides publics. D'où la question soulevée par certains : est-il normal que de l'argent public finance, même partiellement, une campagne supportée par le lobby nucléaire ? En 2002, le gouvernement fédéral avait décidé la fermeture progressive des 7 centrales du pays, entre 2015 et 2025. 2. Plusieurs associations de défense de l'environnement estiment que cette campagne se présente à tort comme un débat. " Elle vise en fait, très adroitement, à convaincre les indécis des bienfaits du nucléaire, avance Jan Vandeputte, de Greenpeace. On y minimise les risques du nucléaire et on véhicule des informations erronées sur les énergies renouvelables. " Diverses plaintes ont été déposées, auprès du gouvernement et du Jury d'éthique publicitaire, pour obtenir l'arrêt de cette vague de pub. En vain. L'administration fédérale de l'Economie a estimé que le fondement juridique de ces requêtes était insuffisant pour entamer une action en cessation de la campagne. Egalement interpellé, le ministre de l'Energie, Paul Magnette, a jugé problématique la contribution d'organismes publics ou parapublics à cette campagne. Même minime (comprise entre 3 000 et 110 000 euros), elle pose, à ses yeux, un problème de principe. Le ministre réclamera à l'avenir, de la part des commissaires de gouvernement qui siègent dans ces organismes, davantage de discernement. Pour le JEP, en tout cas, la campagne du Forum nucléaire ne soulève aucun problème : le Forum nucléaire et ses objectifs sont clairement identifiés ; il s'agit bien d'un débat puisque des arguments pour et contre sont avancés, que des séances de chat sont prévues sur le site du Forum et que des liens sont proposés vers d'autres médias qui se font l'écho de la discussion ; enfin, la référence à des énergies alternatives n'est pas dénigrante. Ravi et conforté, le Forum nucléaire a répété son ambition de devenir un interlocuteur de référence sur la question nucléaire. " Cette campagne est une première, précise Diana Nikolic. Elle a provoqué des réactions qui prouvent que le débat est bien en cours. "Peut-êtreà En attendant, l'association Nature et Progrès ne décolère pas. Faute de disposer des mêmes moyens financiers que le Forum nucléaire, elle s'apprête à réagir symboliquement à la campagne. Du moins si " les citoyens indignés " veulent bien lui confier les fonds nécessaires pour organiser une contre-offensive. Sur le Net, un site humoristiquement baptisé www.vraiforumnucléaire.be a vu le jouràLaurence van Ruymbeke