Le MR en cocu magnifique. Trompé par des dizaines de milliers d'électeurs wallons qui, non contents de lui avoir été infidèles le 7 juin dernier, sont retournés dans les bras du PS abhorré.... Ô rage, ô désespoir. La valse des suffrages qui se portent sur un parti ou l'autre, au gré des humeurs d'un scrutin, a cette fois tourné à la confusion des libéraux. Le Pôle interuniversitaire sur l'opinion publique et la politique, de l'UCL (Piop) (1), remue le couteau dans la plaie. Le MR, privé ...

Le MR en cocu magnifique. Trompé par des dizaines de milliers d'électeurs wallons qui, non contents de lui avoir été infidèles le 7 juin dernier, sont retournés dans les bras du PS abhorré.... Ô rage, ô désespoir. La valse des suffrages qui se portent sur un parti ou l'autre, au gré des humeurs d'un scrutin, a cette fois tourné à la confusion des libéraux. Le Pôle interuniversitaire sur l'opinion publique et la politique, de l'UCL (Piop) (1), remue le couteau dans la plaie. Le MR, privé de victoire en Wallonie, a souffert d'un méchant glissement de voix entre les scrutins de juin 2007 et de juin 2009. Il s'est fait abondamment saigner par les verts : les grands vainqueurs ont pompé des voix dans tous les partis, mais en ont surtout piqué 86 000 aux libéraux tout en ne leur en cédant que 6 500. Au final, Ecolo a donc gagné 79 500 votes sur le seul dos du MR. Mais il y a plus insupportable pour Didier Reynders et les siens : il y a ces autres 79 500 voix, siphonnées au MR par le grand rival socialiste. Soit l'apport de 91 000 électeurs qui ont déserté le camp libéral pour rallier le PS, lequel laissait filer à peine 11 500 voix au MR. " C'est le transfert le plus conséquent de ces élections ", relève le Piop. C'est la réponse, surprenante, du berger socialiste à la bergère libérale. Deux ans après un scrutin fédéral qui avait permis au MR de chiper, au décompte final, 50 000 électeurs au PS. Cela ressemble à un retour massif au bercail socialiste : " On peut penser qu'une bonne partie des transfuges socialistes de 2007 sont revenus à leur port d'attache précédent. " Il fallait le faire, vu le contexte ambiant. Plombé par les " affaires ", qui ont d'ailleurs influencé 40 % des électeurs en juin dernier. Plus encore qu'en 2007. Le PS redoutait le pire : 75 % des électeurs qui lui ont tourné le dos l'ont puni pour cette raison. Le MR, lui, en attendait le meilleur : il n'en a retiré aucun profit significatif. C'est le CDH et Ecolo qui ont raflé la mise. Le CDH excepté, plutôt imperméable aux va-et-vient de l'électeur, cette instabilité électorale croissante peut ainsi jouer des tours pendables aux partis. " Cela pose la question du "management" par les partis de leur base électorale après chaque élection ", relève l'analyse. Message reçu au MR. (1) Analyse des transferts de voix entre les partis entre 2007 et 2009, sur la base de données récoltées auprès de 724 Wallons à la sortie des bureaux de vote. Marge d'erreur : 3,75 %. PIERRE HAVAUX