C'est la fin de l'été, de la semaine et d'une journée ensoleillée. Pour l'apéro, une petite trentaine d'individus, majoritairement des hommes, se sont donné rendez-vous au dernier étage de l'Okura, le bar de cet hôtel offrant une vue panoramique sur la ville d'Amsterdam et ses environs. Ambiance et tenues décontractées, bien des manches sont retroussées pour libérer le poignet gauche. A la vue des garde-temps qui les ornent, on assiste à un mini-festival de montres IWC. Tout le monde se connaît et ceux qui ignorent qu'un journaliste s'est glissé parmi eux s'empressent de s'enquérir de son identité. Mais aucune réaction négative, le partage d'une passion l'emporte sur toute méfiance. On boit, on raconte, on rit.
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C'est la fin de l'été, de la semaine et d'une journée ensoleillée. Pour l'apéro, une petite trentaine d'individus, majoritairement des hommes, se sont donné rendez-vous au dernier étage de l'Okura, le bar de cet hôtel offrant une vue panoramique sur la ville d'Amsterdam et ses environs. Ambiance et tenues décontractées, bien des manches sont retroussées pour libérer le poignet gauche. A la vue des garde-temps qui les ornent, on assiste à un mini-festival de montres IWC. Tout le monde se connaît et ceux qui ignorent qu'un journaliste s'est glissé parmi eux s'empressent de s'enquérir de son identité. Mais aucune réaction négative, le partage d'une passion l'emporte sur toute méfiance. On boit, on raconte, on rit. Avant de descendre au restaurant de l'établissement, arrive un personnage imposant que tous semblaient attendre : un certain Tonny, le modérateur du forum durant lequel tous ces fous d'IWC échangent leurs questions, leurs avis, leurs expériences et connaissances via Internet. Mais de temps en temps, comme ce soir en l'occurrence, ils se retrouvent dans ce qu'ils appellent un GTG - Get Together. Aux messages écrits et aux photos numériques se substituent ici des propos de visu et des montres en chair et en os. Des raretés passent déjà de main en main, on évoque des souvenirs avec la veuve d'un collectionneur décédé récemment, et on parle - majoritairement en anglais - de la vie de tous les jours, du travail et de la famille. Une sacrée bande de copains ces collectionneurs. L'âge moyen de l'assemblée se situe autour de la bonne quarantaine, avec l'un ou l'autre jeune de 20 ans et quelques seniors. Nous apprenons que le sympathique Tonny qui veille à la bonne tenue de l'IWC Collectors Forum, indépendant mais hébergé par un site de la marque ( www.iwc.com/forum/en ), est un Belge de Flandre occidentale dénommé Berteloot et private banker de son état. Mais le repas nous appelle. Nous serons assis à côté d'un collectionneur néerlandais et face à un collectionneur américain. Sur le forum, tout le monde utilise un nom d'emprunt mais on s'interpelle ici via le prénom de chacun. La masse de connaissances à propos d'IWC et de ses modèles s'avère impressionnante dans cette chaleureuse assemblée. La marque elle-même est représentée par son responsable aux Pays-Bas qui, comme de coutume lors de ces GTG, réservera une petite surprise à l'assemblée avec une avant-première exclusive que le commun des mortels ne découvrira que quelques mois plus tard. Il paraît qu'en décembre 2005, IWC avait même dépêché personnellement le légendaire horloger de la marque, l'octogénaire Kurt Klaus, à un GTG à Anvers pour y remettre, à ceux qui l'avaient commandé, un exemplaire d'un modèle spécial Collector Forum Ingenieur. L'Ingenieur est un des piliers du catalogue IWC, à côté des Portofino, Da Vinci, Portugieser, Aquatimer et Montre d'Aviateur. Tout ce petit monde discute ferme lorsqu'arrive, tout juste avant le dessert, le moment de la surprise. Un de nos voisins d'outre-Moerdijk, Bas pour ne pas le nommer, présente un petit coffret contenant trois nouveautés qui déclencheront des oh ! et des ah ! parmi l'assemblée. Il s'agit de trois nouveaux modèles Ingenieur rendant hommage au monde automobile avec un côté vintage et des bracelets plus qu'originaux : une Ingenieur Chronographe Edition Goodwood, une Ingenieur Chronographe Edition Rudolf Caracciola et une Ingenieur Chronographe Edition W 125. Un nouveau calibre de manufacture IWC 69370, améliorant la précision de marche tout en permettant de réduire le prix de vente au client, est utilisé pour la première fois sur ces trois modèles. L'Ingenieur Chronographe Edition Goodwood (réf. IW380703) tire son nom de la manifestation annuelle de sport automobile à l'ancienne qui se déroule sur la côte sud de l'Angleterre. En or rouge massif et d'un diamètre de 42 mm, le boîtier de ce garde-temps en édition limitée à 74 exemplaires (référant à la 74e session des membres du club de Goodwood en cette année 2016) est doté d'un design assez différent de l'original conçu il y a plusieurs décennies par Gérald Genta. Le cadran noir, affichant deux totaliseurs, une petite seconde et une échelle tachymétrique sur son bord extérieur, évoque le compteur de tableau de bord d'une voiture de course d'antan. Le bracelet en veau brun, finement ouvragé à la façon " matelassé ", rappelle l'intérieur de certains véhicules de l'époque. L'Ingenieur Chronographe Edition Rudolf Caracciola (réf. IW380702) est dédiée au pilote de course du même nom, triple vainqueur du Championnat d'Europe des pilotes dans les années 1930. Son boîtier en acier, ses aiguilles rhodiées et son cadran ardoise lui donnent une allure technique qui évoque, lui aussi, le design des instruments de bord des anciennes voitures de course conduites par Caracciola aux plus beaux jours de sa carrière. Ce modèle est doté du même bracelet et cette version est limitée à 750 exemplaires. L'Ingenieur Chronographe Edition W 125 (réf. IW380701) explore, quant à elle, le thème de la célèbre Silberpfeil (Flèche d'Argent) W 125 de Mercedes-Benz. A la fin des années 1930, cette voiture de course construite par le pilote et ingénieur Rudolf Uhlenhaut, dominait littéralement ses concurrentes de l'époque. Le boîtier de ce modèle est en titane, le cadran argenté, les aiguilles et les appliques noires de taille plutôt imposante, et le bracelet en veau noir travaillé suffisent pour se prendre à rêver qu'on pilote une W 125. Un modèle lui aussi limité à 750 exemplaires. Ces trois éditions spéciales, disponibles fin de l'année, sont animées par un nouveau calibre de manufacture répertorié 69370. Ce mouvement de chronographe perlé et décoré de côtes de Genève, de type roue à colonnes, affiche un diamètre de 30 mm et une hauteur de 7,9 mm. Après 1.123 rotations de la masse oscillante, le remontage à cliquets bidirectionnel - la famille des Ingenieur intègre ici pour la première fois le remontage automatique bidirectionnel d'Albert Pellaton, un horloger féru de sport automobile - offre une réserve de marche de 46 heures. Avec une fréquence de 4 hertz, le balancier garantit une précision de marche de haut niveau. Des échanges passionnés autour de ces nouveaux modèles ont rythmé la fin du repas. Les prix de ces articles haut de gamme ont été fixés à 8.000 (Rudolf Caracciola), 8.200 (W 125) et 20.900 ? (Goodwood). Mais la scène la plus spectaculaire restait à venir. Il semblerait qu'il s'agisse d'une tradition : le dessert terminé, et avant que tout ce petit monde ne rejoigne son nid douillet, chacun libère son poignet gauche et ses poches de veston ou de pantalon, pour poser en vrac, au milieu de la table, les exemplaires les plus précieux de leurs collections respectives. Et là tous ces passionnés de la mesure du temps sur le mode IWC se transforment en photographes amateurs. Objectif : capter un amas de montres d'un montant inestimable et garder à tout jamais le souvenir d'une soirée haute en couleurs. Quant à nous, il nous restait à conclure avec une sympathique discussion en compagnie de Tonny Berteloot. Il est, depuis 2015, le deuxième modérateur du forum international des collectionneurs de montres IWC, succédant à l'avocat et collectionneur de Chicago Michael Friedberg qui avait présidé à la naissance de ce forum en 2001, " un des premiers, sinon le premier, initié par une marque de montres ". Du fait, notamment, de son activité intense sur le forum, IWC et son numéro un Georges Kern ont tranché : Tonny l'a emporté haut la main sur deux autres collectionneurs candidats, l'un de Hong-Kong, l'autre d'Angleterre. " Notre pays est tellement petit que personne n'y voit d'inconvénient et les Belges ont l'habitude de travailler avec les cultures les plus diverses ". Le rôle du modérateur du forum des collectionneurs d'IWC est de veiller à la correction et à la bonne tenue des messages qui y sont publiés. " Les critiques négatives ne sont pas exclues - la marque est suffisamment adulte et ouverte pour l'accepter -, mais ne seront jamais autorisées sur un ton agressif : " Nous sommes un forum indépendant mais n'oublions pas qu'il est accueilli sur le site de la marque. Pas de commerce ou j'interviens. Tout le monde peut poser librement ses messages, il n'y a donc pas de filtrage au préalable, mais je suis en droit de retirer ceux qui ne respectent pas les règles d'hospitalité du forum. " Mais Tonny Berteloot (52 ans) est aussi censé apporter des réponses ou tout au moins des pistes de réponses aux questions posées. Il est lui-même collectionneur de montres-bracelets et de montres de poche de la marque, ce qui lui permet d'afficher une grande expertise en la matière. " Mon rôle est également de mettre l'expertise de tous les collectionneurs à contribution sur le forum. " L'homme est un collectionneur assez récent puisqu'en 2001, il ne connaissait pas encore la marque IWC. " Je l'ai découverte à travers une pub pour une Portugieser Chronongraphe, la plus belle montre que j'aie jamais vue. Deux semaines plus tard, en vacances à Lanzarote, je vois cette montre dans la vitrine d'un détaillant. J'entre, je mets la montre à mon poignet et je découvre son prix. Je suis d'abord tombé à la renverse et me suis empressé de sortir au plus vite. Je ne comprenais pas qu'une marque, alors peu connue en Belgique, puisse être plus chère qu'une Rolex... C'est en cherchant la raison d'un tel prix que j'ai commencé à m'intéresser à la marque. J'ai découvert son site et son forum, obtenu un catalogue, et un an plus tard, j'achetais mes premières IWC en seconde main : une quartz Porsche design et une montre d'Aviateur, en quartz également, datant des années 1990. Aujourd'hui, je possède une trentaine de montres de poche dont deux de l'époque du fondateur de la marque, la plus récente datant des années 1970. Mais j'ai aussi une quinzaine de montres-bracelets. Pour moi, IWC est devenu une véritable passion ". PAR SERGE VANMAERCKELe rôle du modérateur du forum des collectionneurs d'IWC est de veiller à la correction et à la bonne tenue des messages qui y sont publiés.