La semaine dernière, un Obama, que l'on croyait avoir vu au sommet du G 20 à Séoul, a été aperçu au c£ur de Paris. Incognito. Un scoop ? Pas exactement. Il s'agissait en fait de George Obama, 28 ans, " frère deà ", ou plutôt " demi-frère deà ", venu assurer la promotion de son autobiographie (1). Récit d'une descente aux enfers, la sienne, l'ouvrage dépeint le trajet d'un adolescent kényan, orphelin de père, qui veut devenir ingénieur mais tourne le dos à sa famille pour vivre de vols et de petits trafics de drogue. Le plus gros coup de ce gangster en herbe ? Le braquage, en 2001, d'un " matatu " (taxi collectif), à la manière d'une attaque de diligence, avec sa bande de copains, tous enfants des rue...

La semaine dernière, un Obama, que l'on croyait avoir vu au sommet du G 20 à Séoul, a été aperçu au c£ur de Paris. Incognito. Un scoop ? Pas exactement. Il s'agissait en fait de George Obama, 28 ans, " frère deà ", ou plutôt " demi-frère deà ", venu assurer la promotion de son autobiographie (1). Récit d'une descente aux enfers, la sienne, l'ouvrage dépeint le trajet d'un adolescent kényan, orphelin de père, qui veut devenir ingénieur mais tourne le dos à sa famille pour vivre de vols et de petits trafics de drogue. Le plus gros coup de ce gangster en herbe ? Le braquage, en 2001, d'un " matatu " (taxi collectif), à la manière d'une attaque de diligence, avec sa bande de copains, tous enfants des rues. Mais l'histoire finit bien car à la déchéance succède la rédemption. " En 2003, j'ai fait neuf mois de prison. Ce fut le déclic. J'ai mesuré la valeur de la liberté ", raconte celui qui est aujourd'hui animateur social à Huruma, un bidonville de 800 000 habitants au c£ur de Nairobi. Impeccable dans son costume, George reçoit dans le lobby d'un hôtel parisien sans luxe. Il y a, c'est indéniable, un petit air de famille : l'allure est élégante, la gestuelle souple. Du père, décédé quand il n'avait que 1 an, George a - comme Barack - hérité des yeux en amande, du front incliné et de la grande taille (1,90 m). La comparaison s'arrête là. Au reste, les deux frères se connaissent à peine. Ils ne se sont rencontrés que deux fois. Et encore, brièvement. " La première, en 1987, j'avais 5 ans, raconte George. Barack, qui visitait sa famille au Kenya, est venu me saluer à l'école. J'étais en plein match de foot. Ma tante m'a appelé : "Voici ton frère, qui arrive d'Amérique." J'ignorais ce qu'était l'Amérique. J'ai juste remarqué que l'homme qu'on me présentait avait la peau claire. " En 2006, Barack Obama, alors sénateur de l'Illinois, revient au Kenya, mais George est noyé dans sa famille élargie, qui ne tient pas à mettre en avant ce " mouton noir " qui a séjourné en prison. En août 2008, en pleine campagne électorale américaine, la presse révèle l'existence d'un demi-frère du candidat démocrate à la Maison-Blanche, vivant dans la précarité à Huruma. " Une journaliste du magazine Vanity Fair a caricaturé ma vie et celle du bidonville, affirmant que je vivais avec moins de 1 dollar par jour. C'était faux. Mais les adversaires de Barack ont exploité cela, en racontant qu'il m'avait abandonné. Il a fallu que je vienne m'expliquer en direct sur CNN. " Voilà pourquoi, sans doute, lors de son périple parisien, un mystérieux accompagnateur chaperonnait George Obama au point de s'installer dans une chambre d'hôtel voisine de la sienne. Visiblement, ce membre des " services " américains est chargé du damage control (prévention de dégâts). Dans le lobby, l'homme est assis à un mètre du demi-frère du président. Il lui tourne le dos, et fait mine d'étudier un plan de Paris afin de mieux écouter les réponses édifiantes de George à l'intervieweur. Sur Barack : " Il est un exemple pour beaucoup de gens, à commencer par moi-même. " Sur l'impact de son élection : " C'est une bénédiction et une malédiction : je dispose d'une tribune pour dire la réalité du ghetto, mais tout le monde attend de moi la lune et croit que j'ai une ligne directe avec la Maison-Blanche, ce qui n'est pas le cas. " Sur l'injustice du monde : " Les riches devraient porter un regard plus humain sur les gens des ghettos. " Bref, rien d'exploitable pour Fox News ni les républicains du Tea Partyà (1) Frère de..., par George Obama, avec Damien Lewis. L'Archipel, 324 p.AXEL GYLDéN