Spa est une drôle de ville, sourit François Carlier, de l'agence T&B Immobilière. Son territoire communal étriqué s'est développé jusqu'à devenir un petit centre urbain au milieu des bois. " Lequel présente un parc immobilier résolument citadin, qui en étonne plus d'un. " Compte tenu de sa taille et de sa situation, on y trouve, bizarrement, de nombreux appartements. Leur densité est même très élevée par rapport à d'autres villes wallonnes. " Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures pour en trouver la raison. Déjà au XVIe siècle, les " bobelins " défilaient pour profiter des vertus curatives de la ville d'eaux. Que dire alors du XXIe siècle, qui en consacre jusqu'au nom, " spa " désignant partout dans le monde les centres de soins par balnéothérapie et autres bains à remous. Si les curistes s'y pressent, les amoureux de l'Ardenne et des verts paysages aussi. Résultat ? " Vu le nombre de retraités qui viennent s'y installer, la population y est plus âgée que la moyenne ", observe François Carlier. Et friande d'appartements.
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Spa est une drôle de ville, sourit François Carlier, de l'agence T&B Immobilière. Son territoire communal étriqué s'est développé jusqu'à devenir un petit centre urbain au milieu des bois. " Lequel présente un parc immobilier résolument citadin, qui en étonne plus d'un. " Compte tenu de sa taille et de sa situation, on y trouve, bizarrement, de nombreux appartements. Leur densité est même très élevée par rapport à d'autres villes wallonnes. " Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures pour en trouver la raison. Déjà au XVIe siècle, les " bobelins " défilaient pour profiter des vertus curatives de la ville d'eaux. Que dire alors du XXIe siècle, qui en consacre jusqu'au nom, " spa " désignant partout dans le monde les centres de soins par balnéothérapie et autres bains à remous. Si les curistes s'y pressent, les amoureux de l'Ardenne et des verts paysages aussi. Résultat ? " Vu le nombre de retraités qui viennent s'y installer, la population y est plus âgée que la moyenne ", observe François Carlier. Et friande d'appartements. Le marché immobilier spadois a vaillamment résisté aux vents et marées de la crise de 2008. Non sans se mouiller toutefois, dans certaines catégories de prix et de biens. " Dès que ceux-ci affichent 150 000 à 225 000 euros, il y a pléthore de candidats et les transactions sont rapidement conclues, intervient le notaire Louis-Philippe Guyot. Mais lorsqu'on dépasse les 300 000 euros, la durée des ventes s'allonge. " Et de prendre l'exemple des maisons de rapport moyen de gamme, divisées en plusieurs appartements à petit loyer (300 à 400 euros), " qui constituaient pourtant un beau créneau il y a quelques années ". De même que celles qui ont entre 15 et 20 ans, mais n'ont pas le noble profil de la belle villa spadoise. " L'époque où les prix augmentaient inexorablement d'année en année est révolue, poursuit-il. Maintenant, ils collent plus à la réalité du bien. Et les propriétaires trop gourmands sont souvent obligés de revoir leurs ambitions à la baisse. Ce qui n'est pas, en soi, une mauvaise chose. "Deux segments du marché semblent pourtant avoir un peu plus pris l'eau : les terrains à bâtir et le haut de gamme. François Carlier pointe même une chute des prix de 15 à 20 %. " La crise ne les a pas épargnés et, quatre ans après, ils continuent à souffrir ", ajoute-t-il. Dans le cas des terrains, l'explication vient de leur nombre, qui diminue d'année en année. D'où un calme plat sur le marché, que rien ne vient perturber, pas même la loi de l'offre et de la demande. Celle-ci semble en effet impuissante face à des prix en berne, qui dégringolent de 90 euros/m² avant 2008 à quelque 70-80 euros/m² aujourd'hui. La raison ? " Les terrains sont plutôt le fait d'une clientèle régionale, explique le courtier. Clientèle qui n'a pas les moyens de s'offrir les précieux mètres carrés, majorés des coûts de construction, très élevés, et de la TVA à 21 %. " Louis-Philippe Guyot, lui, se montre plus modéré dans son analyse, se bornant à faire état d'un " nombre de transactions limité ". En ce qui concerne le haut de gamme, la situation est encore plus paradoxale : le malheur des uns semble faire le bonheur des autres. " On est loin de la catastrophe, comme c'est le cas dans les environs, reprend François Carlier, car Spa peut compter sur une clientèle fortunée et... néerlandophone, tant issue du Nord du territoire que des Pays-Bas. " Laquelle profite des prix chahutés pour faire de bonnes affaires. " Ils achètent les grosses maisons bourgeoises plantées sur les hauteurs de la ville, témoins du XIXe siècle et de la période faste de Spa, les rénovent et les transforment en gîtes et autres maisons d'hôtes. " Voire en seconde résidence. Un phénomène que connaissent Marche-en-Famenne, La Roche-en-Ardenne et Durbuy depuis belle lurette et qui, ces dernières années, contamine Spa. Le centre-ville spadois est largement composé de maisons de rangée 2 façades, comme d'immeubles à appartements, dont les projets de construction fusent de toutes parts. " Le centre étant plus "populaire", les prix pratiqués y restent plus démocratiques qu'ailleurs, s'échelonnant entre 130 000 et 250 000 euros ", souligne François Carlier. Si ce n'est quelques rues qui ont le vent en poupe - et gagnent quelques dizaines de milliers d'euros, comme, au sud, " la plus huppée avenue du Professeur Henrijean, voire la route de la Géronstère, ou les boulevards des Guérêts et Chapman. " Et Jean-Luc Flamand, de l'agence immobilière Spa La Belle d'ajouter, au nord, l'avenue Marie-Henriette. Passé les limites du centre urbain à proprement parler, on entre dans les quartiers intermédiaires, composés de 3-façades et de petites 4-façades, qui se monnaient de 250 000 à 300 000 euros. Plus on s'éloigne et plus on grimpe en altitude, plus les volumes gagnent en importance et les 4-façades, en confort... et en valeur. C'est le cas des petits hameaux alentour, tels Nivezé, mais aussi et surtout Balmoral, le must-have du marché spadois. Qui se caractérise tant par de belles demeures de caractère que par des résidences à appartements de standing. Un filon dont les promotions immobilières usent - et abusent ? -, multipliant les projets. Il faut dire aussi que les appartements, plus spacieux (200 m² en moyenne) et luxueux que leurs équivalents du centre-ville, ravissent une demande toujours plus importante. " Parmi laquelle figurent un bon nombre de golfeurs, enthousiasmés par la proximité du golf 18 trous ", commente Louis-Philippe Guyot. Poussée dans le dos par sa renommée internationale - grâce au circuit de Francorchamps plus encore que par la qualité de ses eaux - et son " image de marque ", Spa profite allègrement de son succès. " Et délaisse le thermalisme social pour s'orienter vers le bien-être, remarque le notaire. Le tourisme y prend un tournant plus haut de gamme, dans lequel le privé se lance avec joie. " Autrefois " Café de l'Europe ", puis " Perle des Ardennes ", Spa veut retrouver les galons de son passé glorieux et déploie tous ses moyens en ce sens. La ville se laisse volontiers emporter dans un tourbillon de rénovation, sous l'impulsion de sa candidature à la reconnaissance du patrimoine mondial de l'Unesco. La chaîne hôtelière de luxe Radisson s'est installée en 2000 dans l'ex-hôtel Balmoral, le centre thermal s'est réinventé sur les hauteurs de la ville en 2004, le Pouhon Pierre-le-Grand fait peau neuve et accueillera bientôt l'Office du tourisme, dont les anciens locaux des Petits Jeux devraient abriter une brasserie, tandis que les anciens thermes seront réaménagés en un complexe mixte (hôtel de standing, appartements, commerces, centre de bien-être, restaurant...). Et le marché immobilier ? Il semble suivre timidement le mouvement, malgré les hésitations des candidats-acquéreurs spadois. FRÉDÉRIQUE MASQUELIERSpa peut compter sur une clientèle fortunée et... néerlandophone