Des titres en veux-tu en voilà. Un des plus beaux palmarès de l'histoire du tennis. Novak Djokovic a tout du champion parfait. A quelques détails près. A 34 ans, "Djoko" semble encore en recherche constante de reconnaissance de la part du public. Il se sent mal-aimé. "Nonante pour cent du temps, voire plus, je joue contre mon adversaire et aussi contre le stade. J'ai l'habitude, mais je suis humain, j'ai des émotions, et il m'arrive d'être agacé quand on me provoque ", avouait-il, en juillet dernier, à Wimbledon. D'où vient ce manque de popularité à l'égard du Serbe que l' AFP qualifiait récemment d'"affable, respectueux, disponible, drôle, patriote et ouvert sur le monde, intelligent, cultivé, polyglotte"?
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Des titres en veux-tu en voilà. Un des plus beaux palmarès de l'histoire du tennis. Novak Djokovic a tout du champion parfait. A quelques détails près. A 34 ans, "Djoko" semble encore en recherche constante de reconnaissance de la part du public. Il se sent mal-aimé. "Nonante pour cent du temps, voire plus, je joue contre mon adversaire et aussi contre le stade. J'ai l'habitude, mais je suis humain, j'ai des émotions, et il m'arrive d'être agacé quand on me provoque ", avouait-il, en juillet dernier, à Wimbledon. D'où vient ce manque de popularité à l'égard du Serbe que l' AFP qualifiait récemment d'"affable, respectueux, disponible, drôle, patriote et ouvert sur le monde, intelligent, cultivé, polyglotte"? Pour endiguer ce désamour du public, le n°1 mondial n'a cessé de multiplier les initiatives. Au risque d'être accusé de surjouer. A Roland-Garros, il s'exprime chaque année dans un français toujours meilleur et plaisante avec les spectateurs. Après sa première victoire, en 2016, il trace même un grand coeur sur la terre battue. Opération séduction. Quand le gazon de Wimbledon lui sourit, il n'hésite pas à le goûter. Djokovic est capable d'amuser la galerie, même dans les rencontres sous haute tension. Blagueur dans l'âme, il prend un malin plaisir à imiter les autres joueurs du circuit. Passé la trentaine, "Nole" adopte des petites astuces bien personnelles pour maintenir on haut niveau de performance. Un régime sans gluten qui l'a rendu, dit-il, plus résistant, du yoga et d'autres méthodes plus ou moins étranges: une chambre à oxygène pour la récupération, un gourou pour le mental, des visites à une mystérieuse "pyramide" en Bosnie (en fait, une colline) pour l' "énergie", selon l'AFP. Seulement voilà. Il se saborde régulièrement par des initiatives malheureuses, ou des coups de sang en plein match. Hors du terrain, ses prises de position sont rarement neutres. Récemment, il s'est clairement affiché contre le vaccin anti-Covid. Son discours sur la science a toujours été marginal, flirtant avec le complotisme, la paranormalité, voire l'extrême droite. Au printemps 2020, il déclarait, lors d'un live Instagram, connaître "des gens qui, grâce aux pouvoirs de la prière, ont réussi à transformer la plus polluée des eaux en eau la plus pure. Parce que l'eau réagit à nos émotions." En juin 2020, il organisait un tournoi dans les Balkans, en pleine pandémie, qui a viré au cluster de coronavirus. Le tollé fut général. Alors, quand les ondes sont positives, le joueur laisse fuser ses émotions. Sentir le public de l'US Open le pousser dans sa tentative de réussir le Grand Chelem sur une année lui avait tiré des larmes en plein match. Mais l'imbroglio lié au refus de son visa d'entrée sur le territoire australien, faute de vaccin, et la courte détention qui s'ensuivit, a de nouveau fait plonger sa cote de popularité. Novak n'a pourtant rien d'un enfant gâté. Issu d'une famille modeste, il a passé la plus grande partie de son enfance entre Belgrade et la petite station de ski de Kopaonik où son père tenait le restaurant familial, non loin d'un court de tennis. Le jeune prodige, qui a éclos dans un club en Allemagne, a aussi traversé des périodes traumatisantes. La guerre du Kosovo, alors qu'il n'avait que 12 ans, l'a profondément marqué, lui qui a passé ses nuits dans des abris antiaériens pendant deux mois et demi pour échapper aux bombardements de l'Otan. Aujourd'hui, il s'investit pour le destin des enfants serbes. Ne jamais oublier d'où l'on vient, c'est aussi la marque des champions. Populaires ou non.