Il lui fallait trouver un angle pour aborder la montagne Colette, mythifiée depuis des lustres. Elle l'a trouvé, puis aiguisé, de bien belle manière. En biographe romancière, alliant le beau style à la justesse des détails, l'académicienne Dominique Bona creuse le sillon de...

Il lui fallait trouver un angle pour aborder la montagne Colette, mythifiée depuis des lustres. Elle l'a trouvé, puis aiguisé, de bien belle manière. En biographe romancière, alliant le beau style à la justesse des détails, l'académicienne Dominique Bona creuse le sillon de l'amitié. Celle, magnifique, qui lia la mère des Claudine à la journaliste Annie de Pène, à la comédienne Marguerite Moreno et à l'actrice Musidora. C'est à l'été 1914, apogée de leur complicité, que débute ce récit. Dans un Paris livré aux femmes, humant un parfum tout neuf de liberté, les quatre indomptables créent un phalanstère dans le chalet en bois du mari de Colette, Henry de Jouvenel - appelé à Verdun -, rue Cortambert, dans le XVIe arrondissement. La liste de leurs points communs est aussi longue que leurs cheveux sont courts : la quarantaine (à l'exception de la " petite " Musi, 25 ans), sans corset, une cigarette au doigt, un foyer quitté (et éventuellement des enfants délaissés), un homme dans leur vie, une mère à forte personnalité, un pseudonyme et un travail. La guerre et divers engagements les éloigneront les unes des autres, mais leur amitié restera indéfectible jusqu'à la mort. L'occasion pour Dominique Bona, brassant les décennies, de brosser les formidables portraits de ces quatre irréductibles. Colette et les siennes par Dominique Bona. Grasset, 432 p.M. P.