"Quand j'ai succédé à Jean-Maurice Dehousse, en partance pour le Parlement européen, il m'a fait promettre de poursuivre le cheminement de la Cité des médias. Je n'étais pas fan du projet, mais j'ai quand même respecté ma parole. Au final, on a toutes les raisons de s'en réjouir. " Le mayeur liégeois, Willy Demeyer, pourra bientôt compter sur Médiacité pour gonfler les guides touristiques de sa ville : à la mi-octobre, le centre commercial développé par Wilhelm & Co et sorti du carnet à croquis du célèbre designer-architecte israélien Ron Arad, ouvrira ses portes. " Nous avons donné carte blanche au promoteur au niveau de l'architecture ", lance-t-on à la vill...

"Quand j'ai succédé à Jean-Maurice Dehousse, en partance pour le Parlement européen, il m'a fait promettre de poursuivre le cheminement de la Cité des médias. Je n'étais pas fan du projet, mais j'ai quand même respecté ma parole. Au final, on a toutes les raisons de s'en réjouir. " Le mayeur liégeois, Willy Demeyer, pourra bientôt compter sur Médiacité pour gonfler les guides touristiques de sa ville : à la mi-octobre, le centre commercial développé par Wilhelm & Co et sorti du carnet à croquis du célèbre designer-architecte israélien Ron Arad, ouvrira ses portes. " Nous avons donné carte blanche au promoteur au niveau de l'architecture ", lance-t-on à la ville. Mais Peter Wilhelm, qui a dû plonger profond la main dans le portefeuille pour s'offrir Arad, l'assure : " Cela nous a coûté beaucoup plus cher qu'un centre commercial traditionnel, c'est sûr. Mais c'est un choix à long terme : je suis certain que ce bâtiment restera un édifice dominant pendant des décennies. " Réalisation tout en courbes abouties par des arcs colorés : la patte de Ron Arad sort déjà ses griffes actuellement, le chantier avance à grands pas. La commercialisation du projet fonctionne plutôt bien : près de 85 % des 148 espaces commerciaux ont trouvé locataire. Il faudra par contre patienter pour que se réalisent les sept salles de cinéma : " Nous sommes pris en otage entre le conseil de la concurrence et la cour d'appel : ils se renvoient la balle dans le cadre d'une action contre Kinepolis. Le pire, c'est qu'aucun des concurrents de Kinepolis ne veut prendre la main ! " peste Peter Wilhelm. Rappelons que l'ensemble du projet, lancé il y a une quinzaine d'années déjà, rassemble, sur 6,5 hectares, 45 000 m2 de commerces, un cinéma multiplex, une patinoire olympique (l'appel d'offres a été lancé), un centre de production RTBF sur 10 500 m2 (les travaux devraient débuter sous peu, avec l'espoir d'être finalisés pour l'hiver 2010), 25 000 m2 de bureaux et de studios de production du Pôle Image (20 entreprises sont déjà actives sur le site), et 2 350 places de parking. Le tout, presque dans l'hypercentre de Liège, plus précisément sur le site des anciens laminoirs du Longdoz, une friche qui, trop longtemps, a défiguré le quartier. Un tel développement va évidemment chambouler la vie de la zone. En termes de mobilité, notamment. " Il faudra forcément aller vers de nouvelles habitudes, plus centrées sur les transports en commun ", estime Willy Demeyer. Monté au créneau sur ce thème, le conseiller communal Ecolo Guy Krettels - qui se dit favorable à cette réhabilitation - redoute, entre autres petits griefs adressés à l'ensemble, des dérèglements liés à l'abondance de véhicules : " On parle de 1 000 voitures en plus par heure. Quand on sait que la rue Grétry est déjà engorgée, on s'interroge sur le futur. " Le stationnement riverain, plaide la Ville, se monte à 50 % des possibilités de parking, supérieures à 2 500 emplacements. Et les réaménagements de voirie, à charge privée et publique, devraient être finalisés à temps. " Cela n'a pas été fait à la va-vite, nous avons eu près de 300 réunions avec tous les acteurs concernés, notamment les riverains. Sans leur concours, aucun projet de ville, comme ceux que nous réalisons, ne serait possible ", se défend-on chez Wilhelm & Co. Rendez-vous en hiver prochain pour évaluer sur pièces. G.V.