En juin 2004, à la suite de la fermeture d'une partie des outils sidérurgiques d'Arcelor et afin de mener à bien une indispensable reconversion économique du bassin liégeois, est mis sur pied, sous l'impulsion de Michel Foret (MR) et de Guy Mathot (PS), le Groupe de redéploiement économique (GRE-Liège). Un rapport fondateur, rédigé en 2003, définissait " une stratégie globale de redéploiement du Pays de Liège. " Le GRE s'est rapidement adjoint les services d'un comité scientifique et plusieurs axes stratégiques de développement économique furent identifiés. Ensuite, dans la foulée du plan Marshall lancé par le gouvernement wallon, ce qui était censé constituer un embryon d'une future " communauté urbaine " est devenu " une structure locale de coordination " au niveau provincial, avec un champ d'action étendu et des subsides régionaux. Le but du GRE : soutenir l'animation économique de la région liégeoise en jouant le rôle de fédérat...

En juin 2004, à la suite de la fermeture d'une partie des outils sidérurgiques d'Arcelor et afin de mener à bien une indispensable reconversion économique du bassin liégeois, est mis sur pied, sous l'impulsion de Michel Foret (MR) et de Guy Mathot (PS), le Groupe de redéploiement économique (GRE-Liège). Un rapport fondateur, rédigé en 2003, définissait " une stratégie globale de redéploiement du Pays de Liège. " Le GRE s'est rapidement adjoint les services d'un comité scientifique et plusieurs axes stratégiques de développement économique furent identifiés. Ensuite, dans la foulée du plan Marshall lancé par le gouvernement wallon, ce qui était censé constituer un embryon d'une future " communauté urbaine " est devenu " une structure locale de coordination " au niveau provincial, avec un champ d'action étendu et des subsides régionaux. Le but du GRE : soutenir l'animation économique de la région liégeoise en jouant le rôle de fédérateur, voire de relais entre les principaux - et très nombreux - acteurs économiques. Dès 2006, les orientations définies par le plan Mathot-Foret ont été déclinées en projets concrets ou, du moins, en études relatives à des projets dits structurants. De 2006 à 2008, le GRE a lancé une série d'études cofinancées par la Région et par l'Europe et portant sur divers projets de développement. On peut citer, entre autres, le développement de la biologistique, la constitution du GIGA (Groupe interdisciplinaire de génoprotéomique appliquée) au sein de l'université de Liège ou, plus récemment, la création d'un Centre international d'art et de culture sur le site de l'actuel Mamac, le retour du tram ainsi que la préparation d'une éventuelle exposition internationale en 2017 à Liège. Ce projet soutenu, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), devenu au printemps le nouveau président de cet organe supra-communal que son prédécesseur, Michel Daerden, avait laissé aller à vau-l'eau, entend bien en faire son cheval de bataille. Afin de préparer au mieux une candidature à cet événement international, le GRE-Liège a recouru au célèbre bureau de consultance McKinsey. Et ce sont aussi les consultants de Mc Kinsey qui ont été chargés par le GRE de préparer un nouveau plan stratégique destiné à définir les nouveaux axes de développement pour la région liégeoise. En parallèle et depuis le départ - forcé - de Michel Daerden de la présidence du GRE il y a déjà plus d'un an, une réflexion a été menée par l'intérimaire Jacques Vandebosch, ancien bourgmestre PS de Seraing, puis par Willy Demeyer lui-même afin d'esquisser ses nouvelles orientations. Le hic - et il est de taille -, c'est que la vision très liégeo-liégeoise du GRE, promue par Willy Demeyer et soutenue par certains dont Alain Mathot, ne ravit pas tout le monde. Il en est ainsi de Claude Desama, le bourgmestre de Verviers, qui plaide depuis des années pour que Liège s'ouvre à Verviers et forme avec elle une grande métropole. Claude Desama déplore qu'une fois de plus, la région verviétoise soit laissée de côté. Ce son de cloche particulièrement critique sur la taille du GRE, on le retrouve aussi du côté hutois, où certains ne croient plus vraiment à l'idée d'une " communauté urbaine ". Plus encore que la question du champ d'activités du GRE, il y a celles de la forme que doit prendre cet organe supra-local et de sa mission. Des visions très différentes sont développées par les intervenants concernés. Tout cela sans parler du rôle d'articulation que devrait jouer le GRE-Liège vis-à-vis des autres institutions politico-économiques. Au sujet du micmac institutionnel liégeois (on compte en effet toute une série de structures supra-communales), le directeur du GRE évoque " une boîte à outils parfois difficile à faire fonctionner ". Un membre éminent du conseil d'administration du GRE-Liège, dont l'avis est autorisé et partagé par d'autres, va plus loin en affirmant qu'on rajoute " des couches de lasagne " les unes sur les autres. Sur la " communauté urbaine ", cet observateur assure que " le problème est que tout le monde n'en a pas la même vision. ". Selon notre interlocuteur, pour qui l'échelon provincial n'est plus adapté dans ce cadre, on multiplie les structures, dont certaines font d'ailleurs double emploi, et on accumule " une somme d'intérêts individuels et de sous-localismes ". Il fait également référence aux multiples querelles intestines au PS liégeois au sens large et à la difficulté, voire à l'impossibilité, pour ce dernier et pour son leader Willy Demeyer de fédérer l'ensemble des forces vives liégeoises. Sans trop y croire et même s'il laisse sa chance au nouveau président du GRE-Liège... BRUNO BOUTSENune vision très liégeo-liégeoise qui ne plaît pas à tout le monde