Conformément à ce que laissaient présager tous les indicateurs, l' activité économique américaine s'est vigoureusement reprise au premier trimestre. Pourtant, cette bonne nouvelle a été accueillie avec circonspection par les marchés, et le billet vert s'est déprécié face à la plupart des devises du globe :l'euro a même atteint son plus haut niveau face au dollar depuis l'été 2001. Les acteurs sur les marchés des changes ne sont pas rassurés quant à la santé de l'économie américaine et doutent que la forte croissance du premier trimestre puisse se répéter.
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Conformément à ce que laissaient présager tous les indicateurs, l' activité économique américaine s'est vigoureusement reprise au premier trimestre. Pourtant, cette bonne nouvelle a été accueillie avec circonspection par les marchés, et le billet vert s'est déprécié face à la plupart des devises du globe :l'euro a même atteint son plus haut niveau face au dollar depuis l'été 2001. Les acteurs sur les marchés des changes ne sont pas rassurés quant à la santé de l'économie américaine et doutent que la forte croissance du premier trimestre puisse se répéter. En effet, celle-ci a été aidée, une nouvelle fois, par l'ampleur des dépenses gouvernementales, en particulier dans le domaine de la défense. Etant donné la rapide détérioration des finances publiques aux Etats-Unis, l'effort gouvernemental ne pourra pas être maintenu indéfiniment. En d'autres termes, la croissance au premier trimestre a été fortement soutenue par des éléments ponctuels. En l'absence de reprise d'éléments aussi fondamentaux que les investissements des entreprises, la croissance américaine s'appuie donc sur une base fragile et sa vigueur reste incertaine. Par ailleurs, cette forte croissance a encore creusé le déficit commercial des Etats-Unis, la progression des exportations étant inférieure à l'explosion des importations. Le problème du solde de la balance courante des Etats-Unis, loin d'être neuf, se pose avec d'autant plus de pertinence que le déficit se creuse. A la suite de Pedro Solbes, commissaire européen chargé des Affaires économiques et financières, le Prix Nobel d'économie Robert Mundell a lui aussi mis en garde les autorités américaines face au danger du déficit.Les marchés boursiersLa vague des résultats pour le premier trimestre a jeté un froid sur les marchés boursiers. Nombreux sont ceux qui estiment que le rebond enregistré au début de l'année est dû essentiellement à des effets techniques et non à un véritable redressement de la demande. Cette thèse, soutenue par une série de statistiques économiques récentes, déçoit surtout au niveau des Etats-Unis, où les attentes étaient relativement optimistes, mais moins en Europe, où la prudence restait de mise. Les Bourses européennes ont moins souffert. Il n'empêche que le bilan y est également négatif, Francfort (sensible aux actions technologiques) et Paris (saga Vivendi Universal, élections) en tête. Stockholm et Helsinki ont été frappées de plein fouet par les mauvaises nouvelles d'Ericsson (- 41,1 %) et de Nokia (- 25,9 %). Côté médias, la faillite de l'empire Kirsch n'a fait que mettre en exergue le goulot d'étranglement auquel est confronté le secteur : endettement élevé, surenchère des droits de transmission, recettes publicitaires en souffrance... Les seuls secteurs à s'être bien défendus (en Europe) sont les producteurs alimentaires et les banques. Cela explique d'ailleurs que la Bourse de Bruxelles a pu tirer son épingle du jeu : Dexia et Interbrew ont ainsi progressé respectivement de 5,7 % et 4 % en avril. Mais, une fois n'est pas coutume, la meilleure performance mensuelle revient à la Bourse de Tokyo, qui a bénéficié de quelques éclaircies sur le plan économique. Il n'empêche que trop d'incertitudes subsistent encore au pays du Soleil-Levant. En termes de valorisation, les Bourses de Bruxelles, Amsterdam, Londres et Lisbonne restent les plus attrayantes.Les placements à taux fixeLes taux d'intérêt en euro à court terme sont restés stables en avril. La Banque centrale européenne (BCE) a, en effet, observé le statu quo. Nous prévoyons cependant une hausse de ces taux dans le courant de cette année. La BCE tient en effet à prévenir absolument toute hausse de l'inflation au moment de la reprise économique, ce qui constituerait une menace pour la stabilité de l'économie. Mais s'il y a hausse, le mouvement devrait rester limité, car les perspectives inflationnistes restent correctes pour le moment. Les rémunérations des comptes d'épargne sont globalement restées inchangées. Ici et là, quelques institutions sont tout de même rentrées dans le rang en revoyant à la baisse leurs conditions. Pour les placements à moins de 6 mois, mieux vaut choisir les institutions qui offrent un taux de base élevé. Sachez qu'il est possible d'obtenir jusqu'à 3,10 % actuellement. A 6 mois, il s'agit de tenir compte en plus de la prime d'accroissement, à condition de laisser son argent en compte durant toute cette période. Une dizaine de banques offrent pour le moment une combinaison taux de base + prime d'accroissement intéressante. Attention : pour ceux qui peuvent se passer de leur argent pendant plus de 6 mois, il faut aussi regarder le niveau de la prime de fidélité, souvent moins élevé. Le fonctionnement de cette prime varie d'une institution à l'autre. En général, elle commence à courir au moment de l'octroi de la prime d'accroissement (les deux primes ne sont pas cumulables) et est octroyée soit 12 mois après le versement de départ, soit 12 mois après l'octroi de la prime d'accroissement (donc 18 mois après le versement de départ). Certaines banques la calculent aussi par année civile entière. En cas de retrait entre-temps, l'épargnant perd alors, dans la plupart des banques, le bénéfice de cette prime. Le caractère confus de ces règles empêche l'épargnant de se faire une idée claire quant au rendement qu'il peut espérer obtenir mais aussi sur le moment où il peut retirer son argent sans pénalité. Un système à dénoncer ! Les taux à long terme se sont un peu tassés après que les bonnes nouvelles économiques ont cédé la place au doute concernant la vigueur de la reprise économique. Face à cette incertitude, les investisseurs se sont tournés vers les emprunts de qualité, faisant monter les cours et baisser les rendements, les premiers évoluant à l'inverse des seconds. Le rendement de l'emprunt d'Etat belge à 10 ans valait ainsi fin avril quelque 5,30 % contre 5,45 % environ un mois plus tôt. Les taux à long terme devraient continuer à évoluer dans cette fourchette au cours des prochains moins. Du côté des bons de caisse, pas de changement notoire. Citons quand même l'effort des plus petites institutions qui tentent de se faire une place en proposant des conditions supérieures à celles du marché. A 5 ans, il est ainsi possible d'obtenir un rendement brut de 5 %.Budget Hebdo