Le début de l'année aura été marqué aux couleurs de l'euro ! Les Européens ont accueilli avec enthousiasme la monnaie unique dans leurs porte-monnaie. Cet engouement a même traversé les frontières de la zone euro : la Suède et le Danemark ont émis le souhait d'organiser un référendum sur la monnaie unique en 2003 et envisagent d'ores et déjà d'y adhérer dans quelques années. Tony Blair, pour sa part, a réaffirmé sa volonté d'engager la Grande-Bretagne sur la voie de l'euro.
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Le début de l'année aura été marqué aux couleurs de l'euro ! Les Européens ont accueilli avec enthousiasme la monnaie unique dans leurs porte-monnaie. Cet engouement a même traversé les frontières de la zone euro : la Suède et le Danemark ont émis le souhait d'organiser un référendum sur la monnaie unique en 2003 et envisagent d'ores et déjà d'y adhérer dans quelques années. Tony Blair, pour sa part, a réaffirmé sa volonté d'engager la Grande-Bretagne sur la voie de l'euro.Aux Etats-Unis, les agents économiques n'ont eu d'ouïe que pour les déclarations du président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan. Sa vision de l'économie, savant mélange de prudence et d'optimisme, a eu le don de rassurer les marchés qui anticipent déjà la reprise américaine. Il est vrai que tout a été mis en oeuvre ces derniers mois pour atténuer le ralentissement économique : facilités de crédit sans précédent, offres promotionnelles pour soutenir la consommation... Associée avec une hausse des dépenses publiques, cela a permis de soutenir l'activité économique. Cependant, ces mesures étaient ponctuelles et ne pourront sans doute pas être renouvelées. Profitant de conditions avantageuses, les Américains ont avancé l'achat de biens durables, hypothéquant de la sorte leurs dépenses futures. Certaines entreprises ont fortement réduit leurs marges bénéficiaires et le gouvernement doit faire face à un déficit budgétaire grandissant. Parler dès à présent de reprise semble prématuré. Des deux côtés de l'Atlantique, la situation économique reste difficile à appréhender. Les indicateurs se succèdent sans dégager de tendance claire. Toutefois, au final, les marchés ont durement sanctionné l'euro, qui s'est déprécié face à la plupart des devises étrangères. Les autorités monétaires européennes estiment cependant que, tôt ou tard, l'euro évoluera à des niveaux reflétant mieux la force de l'économie du Vieux Continent. Les pressions inflationnistes, qui avaient fortement diminué, reviennent quelque peu sur le devant de la scène, du moins dans l'Union européenne. La neutralité du passage à l'euro concernant le niveau des prix a, en effet, été remise en cause. Des hausses anormales de prix ont bel et bien été observées en divers endroits. S'il est possible que l'euro engendre une petite hausse de l'inflation, elle sera, selon toute vraisemblance, limitée dans le temps. Les négociations salariales prévues dans différents pays européens dans les prochains mois risquent, par contre, d'orienter de façon nettement plus déterminante l'évolution de l'inflation cette année. Le puissant syndicat allemand IG Metal réclame une hausse salariale de 6,5%. Des augmentations de cette ampleur ne peuvent que déboucher sur des pressions inflationnistes. La Réserve fédérale américaine, elle, a décidé de garder ses taux inchangés lors de la réunion de janvier. Cela marque sans doute la fin de sa politique de relâchement monétaire qui a conduit les taux directeurs au niveau extrêmement faible de 1,75%.Les placements à taux fixe. La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux directeurs inchangés à 3,25 %. Selon nous, le mouvement de baisse, entamé l'an dernier, est à présent terminé. Nous prévoyons un statu quo lors des prochaines décisions de la BCE. L'économie semble en effet reprendre tout doucement du poil de la bête. En ce qui concerne les comptes d'épargne, le début de l'année a été l'occasion pour de nombreuses banques de revoir leurs conditions à la hausse. Pour la plupart, il s'agit toutefois d'offres temporaires. Il convient par ailleurs de faire le tri entre les institutions qui garantissent leurs taux pendant une période fixe et celles qui sont susceptibles de revoir d'un jour à l'autre leurs conditions. Nous préférons les institutions qui offrent de bonnes conditions de manière régulière ou au moins pendant une période suffisamment longue (6 mois ou 1 an). Les taux à long terme sont restés relativement stables. Le rendement de l'emprunt d'Etat belge à 10 ans tournait, fin janvier, aux alentours de 5,15 %. Cela cache toutefois les variations qu'ont subies entre-temps les marchés obligataires sous l'impulsion des nouvelles, tantôt défavorables, tantôt favorables, en provenance des Etats-Unis. Les taux ont ainsi baissé dans un premier temps pour ensuite repartir à la hausse, les investisseurs anticipant, aussi, une légère remontée de l'inflation. Selon nous, l'inflation, quoique en hausse en janvier, ne constitue plus une menace et les taux à long terme devraient se stabiliser aux alentours de 5 %. Du côté des bons de caisse, privilégiez les petites institutions, qui offrent des conditions meilleures que la moyenne du marché.Les marchés boursiers. Alors que l'année 2002 avait démarré en fanfare, poursuivant le mouvement haussier de fin 2001, la réalité a fait quelque peu retomber ce bel optimisme. A l'approche de la publication des résultats des sociétés américaines, des doutes sont en effet apparus quant au timing et à l'ampleur de la reprise. Même si les propos moins pessimistes de la Fed et une première indication d'une croissance de 0,2 % aux Etats-Unis au quatrième trimestre ont redonné un peu de couleur aux marchés, la plupart des Bourses clôturent janvier dans le rouge. Particulièrement touchée, la Bourse de Tokyo a perdu près de 6 % le mois dernier et un bon 25 % sur les douze derniers mois (plus de 40 % ces cinq dernières années). Outre-Atlantique, les résultats trimestriels ont afflué tandis que, sur le Vieux Continent, de plus en plus de sociétés donnent une indication quant à l'évolution de l'activité au cours de ce dernier trimestre particulièrement difficile. Les résultats des technologiques étaient forts attendus et s'avèrent finalement moins mauvais que ne le craignaient la majorité des analystes. Mais les mois à venir s'annoncent encore fort sombres. Les financières ont, elles, reflué de plus de 4 % en Europe : en cause, les retombées de la gigantesque faillite de l'américain Enron et de nouvelles craintes quant à la capacité de remboursement des sociétés télécoms suite à la course aux licences UMTS (téléphonie mobilme de l troisième génération). Cela dit, des opportunités se présentent dans le secteur financier : songeons à certaines banques peu actives dans l'investment banking (fusions/acquisitions, introductions en Bourse...), sans oublier les assureurs peu exposés aux retombées des attentats du 11 septembre. La Bourse, oui, mais avec, plus que jamais, de la prudence et de la sélectivité.Budget Hebdo