Les placements à taux fixe.
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Les placements à taux fixe. Alors que la banque centrale américaine a baissé ses taux directeurs au début du mois d'octobre afin de soutenir l'économie, la Banque centrale européenne (BCE), elle, s'est contentée d'un statu quo. Les pressions de toute part mettant en avant le risque d'un ralentissement économique durable ne sont pas parvenues à influencer les dirigeants monétaires dont le principal souci reste la stabilité des prix, c'est-à-dire la lutte contre l'inflation. Les conditions sur les comptes d'épargne sont restées identiques, les grandes banques continuant d'offrir des taux bien en dessous de ce qui est actuellement permis d'espérer. Préférez donc les plus petites institutions, bien plus avantageuses. Les taux à long terme, eux, sont franchement partis à la baisse le mois dernier. Le rendement de l'emprunt d'Etat belge à 10 ans s'affichait ainsi, à la fin du mois, aux alentours de 4,70 %, contre 5,10 % un mois plus tôt. La poursuite du mouvement de fuite vers la qualité (les investisseurs privéligient les obligations aux actions en période d'incertitude) et les bonnes nouvelles concernant l'inflation ont, de fait, été favorables aux cours obligataires, qui évoluent à l'inverse des rendements. Sur le marché des bons de caisse, cela s'est traduit par une baisse des conditions chez la plupart des émetteurs. A noter qu'en ce début novembre Dexia a revu une nouvelle fois ses conditions à la baisse : - 0,1 % pour les bons à 1 an et - 0,25 % pour les bons à 3 et 5 ans. Les bons de caisse sont actuellement peu intéressants.Le marché des devises.Des deux côtés de l'Atlantique, le mois d'octobre aura été celui de tous les débats sur la manière de contrecarrer le ralentissement économique. Aux Etats-Unis, l'économie s'est contractée au troisième trimestre et une récession semble inéluctable. Pour faire face à celle-ci, des mesures budgétaires et monétaires sont mises en ouvre. Au niveau budgétaire, si l'ensemble de la classe politique américaine est unanime sur la nécessité d'un plan de relance, l'unité nationale voulue par George W. Bush, suite aux attentats du 11 septembre, n'a pas résisté aux divergences entre les démocrates et les républicains. Au final, le plan élaboré ne fait pas l'unanimité : ses mesures sont jugées mal ciblées et partisanes. Au sein de la zone euro, même si le ralentissement économique est déjà perceptible, une récession devrait être évitée. Les débats ont été nombreux au sujet de l'adéquation entre le pacte de stabilité (qui limite le déficit public de chaque état membre à 3% de son PIB) et la situation économique actuelle. Les autorités monétaires européennes ont souligné l'absolue nécessité du respect du pacte de stabilité, mais tout le monde ne partage pas cet avis. Certains, à l'image du chancelier allemand Gerhard Schröder, estiment qu'il faut laisser agir les stabilisateurs automatiques pour amortir le ralentissement économique. Cela implique qu'il ne faut pas compenser les dépenses supplémentaires et la diminution des recettes liées à la détérioration de la situation économique par des coupes budgétaires dans d'autres domaines. Quitte à voir le déficit public se creuser davantage encore. En dépit d'une situation économique comparativement meilleure dans la zone euro qu'aux Etats-Unis, les investisseurs ont surtout sanctionné les hésitations et l'immobilisme européens et feignent de croire dans le succès des mesures de relance américaines. L'euro a donc perdu du terrain face au dollar en octobre. Le dollar canadien profite aussi de la préférence accordée au continent nord-américain et s'est apprécié face à l'euro.Inflation et taux d'intérêt. L'effet conjugué du ralentissement économique et de la chute des prix pétroliers a entraîné une diminution des pressions inflationnistes. S'il était logique, face à une demande déprimée, de voir ralentir la hausse des prix, l'évolution des cours pétroliers est un peu plus surprenante. Entre la volonté de soutenir le prix du pétrole et la crainte de précipiter le monde dans une récession globale, les membres de l'OPEP éprouvent des difficultés à trouver le juste milieu. Les divergences de vue des pays producteurs de pétrole sont, à nouveau, apparues au grand jour et, en quelques semaines, la crédibilité de l'OPEP a volé en éclats. Les pays membres de cette organisation n'ont pu empêcher le prix de chuter sous les 22 dollars le baril. Face à la baisse de l'inflation et au ralentissement économique, les différentes autorités monétaires à travers le globe ont réagi différemment. La Réserve fédérale a, une nouvelle fois, baissé ses taux directeurs. Les autorités monétaires américaines poursuivent donc leur politique de relâchement monétaire pour relancer l'activité économique. L'effet positif que cette nouvelle baisse des taux doit produire sur l'économie américaine n'est pas garanti. En effet, arrivé à un certain seuil, une nouvelle baisse des taux à court terme (les taux directeurs) ne se répercute plus systématiquement sur les taux à long terme. Or, comme le financement des investissements dépend surtout des taux longs, cette nouvelle baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale n'apportera peut-être pas un stimulant supplémentaire à l'économie américaine. La Banque Centrale Européenne (BCE), pour sa part, a privilégié le statu quo au grand dam du monde politique. Engluée entre le besoin d'affirmer son indépendance, la nécessité de rétablir la confiance et la crainte d'agir dans la précipitation, la BCE semble chercher encore et toujours la politique adéquate et, dans le doute, s'abstient de modifier ses taux directeurs. Néanmoins, il est probable que, tôt ou tard, elle baissera aussi ses taux directeurs.Les marchés boursiers.Ne pas rater le train de la reprise ! Telle semble avoir été l'obsession des investisseurs durant le mois d'octobre. Misant sur le fait que le pire appartient désormais au passé, ils se sont mis à racheter et les cours sont, en général, revenus à leur niveau d'avant les attentats. Pourtant, les nouvelles furent loin d'être réjouissantes. Les indicateurs de confiance dans l'économie et autres indicateurs conjoncturels étaient unanimement à la baisse. Et les avertissements sur bénéfices ont continué de pleuvoir. Ce fut bien entendu le cas dans les secteurs technologiques tels que les semi-conducteurs (Philips, Intel) ou l'informatique (Cap Gemini, SAP) mais également dans le secteur automobile (Renault, Ford, General Motors, VW) ou encore chez les financières. Les cours de banques et assurances ont le plus souvent bien remonté mais certaines sont encore largement à la traîne comme les néerlandaises ABN Amro ou ING qui ont émis un sévère avertissement pour le 3ème trimestre. En moyenne donc, les Bourses ont connu des hausses spectaculaires le mois passé ( voir tableau ci-dessus). Les plus fortes hausses ont été enregistrées par celles qui avaient le plus baissé avant, comme Francfort et Paris. Bruxelles, qui avait relativement bien résisté, a par contre clôturé le mois en recul. Non seulement Bruxelles est pauvre en valeurs technologiques et hautement cycliques (bien placées pour profiter d'une reprise économique au second semestre 2002), mais, de plus, plusieurs sociétés ont déçu. Ce fut le cas de KBC, Agfa-Gevaert, Almanij, EVS, Atenor... Toujours beaucoup d'incertitudes, donc, sur les marchés boursiers. Budget Hebdo