Lors des Fêtes de Wallonie, le ministre-président Willy Borsus a parlé de " Wallonie nouvelle ". Au lendemain des élections de mai 2019, la Belgique ne subsistera que si elle devient confédérale. Comme les transferts en provenance de Flandre (quelque sept milliards d'euros) sont amenés à disparaître, la Wallonie sera contrainte de se serrer douloureusement la cei...

Lors des Fêtes de Wallonie, le ministre-président Willy Borsus a parlé de " Wallonie nouvelle ". Au lendemain des élections de mai 2019, la Belgique ne subsistera que si elle devient confédérale. Comme les transferts en provenance de Flandre (quelque sept milliards d'euros) sont amenés à disparaître, la Wallonie sera contrainte de se serrer douloureusement la ceinture. A moyen terme, la coquille vide belge sera jugée superflue par la Flandre et les Wallons, lâchés par les Bruxellois - la majorité d'entre eux optent, en effet, pour un régime autonome -, devront assumer seuls leur destin, en prenant leur part de la dette belge. Un scénario catastrophe, que François Perin avait prédit dès 1981, estimant que " la seule nationalité à laquelle les Wallons pourraient facilement s'assimiler après que la nationalité belge leur eût claqué dans la main, est la nationalité française ". [...] Le constitutionnaliste français Didier Maus l'a confirmé : la Constitution française pourrait réserver à la Wallonie un statut spécial, qui lui permettrait de sauvegarder ses acquis (organes d'auto-administration et compétences), de même que l'essentiel de l'ex-droit fédéral belge. Cette formule d'intégration-autonomie maintiendrait automatiquement la Wallonie dans l'Union européenne. Et c'est la France qui négocierait, au nom de la Wallonie, les modalités pratiques de la scission belge, notamment le partage de la dette. Et si Willy Borsus prenait dès maintenant l'initiative d'un think tank transfrontalier pour préparer le terrain ? Rien n'est pire, en effet, que de se retrouver mis devant le fait accompli, obligé de réagir dans l'urgence et l'improvisation.