Avec une moyenne de 200 000 voitures transitant au quotidien par son centre urbain (TomTom Congestion Index 2012), la Cité ardente apparaît comme la ville la plus embouteillée de Wallonie. Et la situation n'est pas près de s'arranger. En 2009, le collège communal a bien conçu un Plan urbain de mobilité (PUM) mais il est toujours sur la table du gouvernement wallon, bloqué par Ecolo (lire en page 96).
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Avec une moyenne de 200 000 voitures transitant au quotidien par son centre urbain (TomTom Congestion Index 2012), la Cité ardente apparaît comme la ville la plus embouteillée de Wallonie. Et la situation n'est pas près de s'arranger. En 2009, le collège communal a bien conçu un Plan urbain de mobilité (PUM) mais il est toujours sur la table du gouvernement wallon, bloqué par Ecolo (lire en page 96).Plusieurs voiries sont cependant en cours d'aménagement pour limiter l'invasion automobile. Sur la rive gauche de la Meuse, entre le pont de Fragnée et l'Evêché, un chantier de deux ans va permettre de refondre totalement la mobilité. L'autoroute urbaine va devenir un boulevard urbain : la circulation sera ralentie, plus de place sera laissée à la mobilité douce (vélo, marche à pied) et davantage d'espaces verts vont être aménagés. Autre dossier chaud : la politique de stationnement. Deux parkings souterrains verront prochainement le jour sous les quais et le boulevard d'Avroy. Au total, 350 à 450 places devraient être créées d'ici à 2017, de manière à fluidifier le trafic en centre-ville. Concernant le parking en voirie, les autorités comptent renforcer les efforts réalisés ces dernières années. " Le stationnement dans le centre urbain a augmenté de 50 % depuis 2007. Nous avons donc augmenté le nombre de places de riverains, en dehors de la zone payante, dans les quartiers périphériques du centre (1 715 en 2012). Les modes de paiement ont aussi été élargis avec la possibilité de payer par SMS depuis 2011 ", avance Michel Firket, l'échevin CDH en charge de la Mobilité. Du côté des transports en commun, le tableau est mitigé. Si les locaux prennent de plus en plus le bus (+ 30 % de fréquentation ces dernières années) et si 4 kilomètres de bandes de circulation réservées aux bus ont été créés depuis 2007 (sur 22 km au total), l'offre globale ne suit pas la hausse. " Les transports publics sont aujourd'hui saturés, ce qui justifie le choix d'installer le tram ", poursuit notre interlocuteur. Mais pas seulement. Les autorités communales veulent aussi laisser plus de place à la mobilité douce, actuellement quasi absente. Un plan communal cyclable a été établi en 2011 et Liège a été élue dans la foulée Ville pilote Wallonie cyclable. A la clé : un budget de 4 millions d'euros pour la période 2012-2016. Une décision prometteuse pour Sébastien Biet, coordinateur de la Maison des cyclistes. " Six itinéraires vélos vont être créés pour permettre aux cyclistes de se déplacer au sein d'infrastructures adéquates. Liège possède un fort potentiel cyclable, notamment grâce à son fond de vallée et son RAVeL qui traverse la ville. L'arrivée du tram va permettre de structurer la mobilité douce en centre-ville car on pourra y ajouter des itinéraires pour deux roues. Le chantier du tram sera aussi l'occasion pour les locaux de délaisser la voiture pour le vélo. " Le succès de Vélocité, le système de location de vélos à court et moyen terme, ainsi que son renforcement à venir, font espérer que le nombre de cyclistes liégeois passera de 2 % à 10 % d'ici à quelques années. Utopique ? ANNABELLE DUAUT