Le Financial Times classe l'engin parmi les " 50 innovations qui vont changer le monde ". Rien que ça. Les nano- membranes toilets, des toilettes futuristes qui donnent de l'eau et de l'énergie, pourraient arriver sur le marché dans moins de quatre ans. Elles sont presqu'au point, ces toilettes incroyables, fonctionnant sans plomberie, sans eau, s'autoalimentant en énergie, pouvant sauver la vie de millions de personnes touchées par la dysenterie, la typhoïde, la polio, l'hépatite A, et qui, en plus, ne sont ni chères à l'achat, ni compliquées à entretenir. Leur durée de vie serait de dix ans.
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Le Financial Times classe l'engin parmi les " 50 innovations qui vont changer le monde ". Rien que ça. Les nano- membranes toilets, des toilettes futuristes qui donnent de l'eau et de l'énergie, pourraient arriver sur le marché dans moins de quatre ans. Elles sont presqu'au point, ces toilettes incroyables, fonctionnant sans plomberie, sans eau, s'autoalimentant en énergie, pouvant sauver la vie de millions de personnes touchées par la dysenterie, la typhoïde, la polio, l'hépatite A, et qui, en plus, ne sont ni chères à l'achat, ni compliquées à entretenir. Leur durée de vie serait de dix ans. Le numéro 753 de la revue Science Direct, à paraître en janvier 2021, fait la part belle à ces innovantes nanomembranes toilets sur lesquelles travaille, depuis neuf ans, l'université britannique de Cranfield, sur la base de la thèse du Dr. Edwina Mercer et grâce au soutien financier de la fondation Bill and Melinda Gates. Le prototype mis au point par l'université de Cranfield doit lutter contre le fléau sanitaire de propagation de bactéries : selon l'OMS, 4,5 milliards d'êtres humains sont privés de toilettes dans le monde et 1,8 milliard de litres d'eau potable sont contaminés par des excréments humains. Un phénomène qui ne touche pas que les pays émergents. En France, plus d'un million de personnes sont privées de sanitaires. D'après l'Unicef, les éléments pathogènes présents dans les excréments humains constituent la première cause de mortalité au monde, pour les enfants de moins de 5 ans. L'Inde détient le triste record du pays où la mortalité liée aux infections septiques d'origine bactérienne est la plus importante : un Indien sur quatre n'a pas accès à des WC. La nanomembrane toilet permet, via un système complexe de condensation des nanomembranes et de séparation des solides et liquides, de récupérer de l'eau propre (non potable) afin d'arroser des cultures, dans des régions sèches, ou encore de nettoyer des sols. Un WC de ce type peut quoti- diennement être utilisé par dix personnes et il ne faut pas être ingénieur pour le réparer en cas de panne. De plus, les solides sont transformés en énergie qui alimente lesdites toilettes, mais qui peut aussi servir pour de petits appareils électriques, comme des lampes ou des téléphones portables. Reste que les avancées technologiques vantées par le monde occidental doivent toujours composer avec les habitudes culturelles locales des pays cibles. Ainsi, dans l'Inde rurale, si la défécation en plein air reste la norme, c'est qu'on y estime que ce sont les toilettes fermées qui sont sales et non l'inverse. En 2017, le film bollywoodien du réalisateur Shree Narayan Singh, Toilet : A Love Story (Toilettes : une histoire d'amour), a tenté de faire réfléchir le grand public en narrant, sur le ton de la comédie satirique, l'histoire d'un couple vivant à la campagne et dont l'épouse (une universitaire) réclame farouchement l'installation de toilettes dans le domicile conjugal, refusant de continuer d'aller faire ses besoins dans les champs, dès potron-minet, façon mission commando...