Battez des cils en toute conscience. L'auriez-vous cru, vous commencez une séance de sophrologie ? Voici une quinzaine d'années, à l'hôpital Ambroise Paré de Mons, Pierre Ramaut, psychanalyste- sophrologue, et son collègue Philip Degand, actuel chef de service de kinésithérapie, créent une consultation de sophrologie. " Dès le départ, un enjeu important a été d'évaluer notre travail dans ce contexte médical parfois dubitatif à l'égard de cet outil qui n'est rien d'autr...

Battez des cils en toute conscience. L'auriez-vous cru, vous commencez une séance de sophrologie ? Voici une quinzaine d'années, à l'hôpital Ambroise Paré de Mons, Pierre Ramaut, psychanalyste- sophrologue, et son collègue Philip Degand, actuel chef de service de kinésithérapie, créent une consultation de sophrologie. " Dès le départ, un enjeu important a été d'évaluer notre travail dans ce contexte médical parfois dubitatif à l'égard de cet outil qui n'est rien d'autre qu'une forme de méditation, se souvient Pierre Ramaut. Un autre enjeu était de trouver une passerelle de communication entre deux langages. D'un côté, le discours rationnel, scientifique, statistique du corps médical. De l'autre, le témoignage sensible et subjectif du vécu de nos patients. " Evaluer le bien-être, ou le mal-être, d'une personne est très difficile. Pour objectiver les résultats positifs constatés chez les patients, un test d'auto-évaluation psychosomatique, validé aux Etats-Unis et en Europe, est utilisé. Les items auxquels les patients doivent répondre (" J'ai du mal à m'endormir ", " Je suis facilement contrarié ou irrité ", " Je me réveille tôt le matin ", etc.) constituent autant de symptômes psychosomatiques. Et chacun de ceux-ci peut être un motif de consultation médicale ou d'absentéisme au travail. L'utilisation du test, avant et après l'application du programme de sophrologie, permet de calculer le pourcentage d'évolution de la symptomatologie. A l'hôpital Ambroise Paré de Mons, cette comparaison a été appliquée auprès de cinq cents patients consultant pour un excès de stress, cinquante autres souffrant du syndrome d'attaque de panique, ainsi qu'un groupe de professionnels de la Médecine du travail et un autre du milieu éducatif de Lille. Cette étude a permis de mettre en évidence les effets thérapeutiques et prophylactiques de la sophrologie. Pour les patients atteints d'un excès de stress, l'amélioration globale est de 50 %. Pour ceux atteints du syndrome d'attaque de panique, elle est de 100 %. Les professionnels de la santé ont vu une amélioration de 70 %, et ceux du milieu éducatif de 32 %. " Je suis convaincu qu'un travail de méditation, en parallèle d'une psychothérapie, va améliorer sensiblement le travail psychothérapeutique ", conclut-il. JACQUELINE REMITSsuccès total pour les patients atteints du symptôme d'attaque de panique