La dose "cadeau". Dans les flacons prévus initialement pour cinq injections se logeait... une sixième. Une de plus! Une de plus, c'est 20% de capacité de vaccination supplémentaire. Rien de surprenant: il y a toujours du rab dans une fiole car les fabricants se doivent de garantir que la quantité p...

La dose "cadeau". Dans les flacons prévus initialement pour cinq injections se logeait... une sixième. Une de plus! Une de plus, c'est 20% de capacité de vaccination supplémentaire. Rien de surprenant: il y a toujours du rab dans une fiole car les fabricants se doivent de garantir que la quantité promise est bien utilisable. Ce rab, c'est ce qu'ils appellent, dans leur jargon, la "freinte". L'Agence européenne du médicament (EMA) ayant acté cette sixième dose, Pfizer livre désormais moins de flacons pour le même prix. Pour se justifier, l'industriel avance que ses contrats portent sur la vente d'un nombre total de doses, pas de fioles. Moins de flacons pour le même prix, sans toucher une ligne aux contrats: la dose inespérée, c'est cadeau pour Pfizer. Et la sixième injection, ce n'est plus du bonus, c'est une dose obligatoire. Problème: récupérer le rabiot au fond de l'ampoule, ça ne marche pas à tous les coups. Il faut de la patience, de la dextérité et le bon matériel. Prélever six doses nécessite effectivement une seringue à faible volume mort, parce que celle-là limite précisément le gâchis. Elle risquait de manquer, surtout entre février et mars. En cause, une commande européenne qui se faisait attendre. Elle est arrivée il y a une semaine, mais le marché reste sous très forte tension. Le risque de ne pas extraire à chaque fois la sixième dose est donc bien là. Soit parce qu'elle aura filé à la poubelle à cause d'une mauvaise manip, soit pour une histoire de seringue.