Comme il est impossible d'évoquer Tournai sans parler de sa cathédrale classée au patrimoine mondial de l'Unesco, il est impossible de mettre un pied dans la ville sans la voir : ses cinq clochers dominent le paysage urbain et toisent le beffroi. Au c£ur du fameux " fer à cheval " de la rive gauche de l'Escaut depuis le Pont-à-Pont jusqu'au Pont de Fer, la présence du monument imposait une quadruple action sur l'espace public : patrimoniale, avec la restauration des éléments classés du quartier (à commencer par la cathédrale elle-même) ; touristique, avec l'intégration d'outils de développement comme un office de tourisme et un hôtel de catégorie supérieure ; économique, avec l'arrivée de nouvelles fonctions ; et commerciale, en renforçant l'attractivité. Si tout le monde a marqué son accord sur les lignes directrices de ce " projet Cathédral " de 50 millions d'euros approuvé en 2008 par la Région wallonne, c'est sur sa mise en £uvre que les avis divergent.
...

Comme il est impossible d'évoquer Tournai sans parler de sa cathédrale classée au patrimoine mondial de l'Unesco, il est impossible de mettre un pied dans la ville sans la voir : ses cinq clochers dominent le paysage urbain et toisent le beffroi. Au c£ur du fameux " fer à cheval " de la rive gauche de l'Escaut depuis le Pont-à-Pont jusqu'au Pont de Fer, la présence du monument imposait une quadruple action sur l'espace public : patrimoniale, avec la restauration des éléments classés du quartier (à commencer par la cathédrale elle-même) ; touristique, avec l'intégration d'outils de développement comme un office de tourisme et un hôtel de catégorie supérieure ; économique, avec l'arrivée de nouvelles fonctions ; et commerciale, en renforçant l'attractivité. Si tout le monde a marqué son accord sur les lignes directrices de ce " projet Cathédral " de 50 millions d'euros approuvé en 2008 par la Région wallonne, c'est sur sa mise en £uvre que les avis divergent. Ne demandez pas aux commerçants ce qu'ils pensent de l'état de leur c£ur de ville, la plupart sont déçus : éparpillement des chantiers, lenteurs d'exécution et mauvaise coordination, problèmes de mobilité et de stationnement, manque d'information et de concertation. Pour preuve, une récente enquête de l'ASBL Tournai Commerces auprès d'une soixantaine de commerçants du quartier Cathédral et de sa périphérie exprime l'existence d'un profond malaise. " Il ne faudrait pas que ça tourne à l'hécatombe ", selon le président de l'ASBL Jean-Claude Bernard, qui met la ville en demeure de " prendre le taureau par les cornes ". A la Ville, on ne cache pas l'existence d'un véritable imbroglio d'impétrants. " Des travaux ont été effectués en dépit du bon sens si bien que certains égouts qui accueillent du câblage et des conduites d'approvisionnement ont l'allure de plats de spaghettis ", selon le bourgmestre PS Christian Massy. Ces impétrants sont ainsi à la base de retards, aggravés par des semaines d'intempéries. Or il faut respecter des impératifs de délais pour prétendre à l'octroi des fonds européens réservés dans le cadre du programme Convergence Hainaut. L'un des colossaux chantiers de la revitalisation, c'est la restauration de la cathédrale, propriété de la Province de Hainaut : le député provincial PS Serge Hustache, en charge des Bâtiments, rappelle que " le programme s'étale sur sept années, et vise à conforter le chef-d'£uvre d'art roman et d'architecture gothique dans sa fonction de locomotive touristique de la Ville ". Divers projets de valorisation et d'équipement complètent cet investissement, dont l'aménagement d'un office de tourisme. Comme l'indique le bourgmestre, " le conseil communal s'était positionné à l'unanimité pour construire un hôtel quatre étoiles dans le quartier, en 2008. Aujourd'hui, l'option reste pleinement d'actualité même si les choix de localisation restent à déterminer. "Une vaste opération de redynamisation vise à valoriser le périmètre urbain protégé de l'Unesco, dans l'hyper-centre historique de Tournai. " Un partenariat avec le privé a été institué pour remettre en état les façades principalement du piétonnier ", explique le premier échevin PS Paul-Olivier Delannois. Et c'est dans un même souci de valorisation patrimoniale que la réaffectation de l'hôtel des Anciens prêtres et du bâtiment des archives de l'Etat font l'objet d'un débat politique animé. Quelle fonction réserver à l'ensemble prestigieux ? On a longtemps parlé d'y installer un quatre- étoiles, mais l'option a pris du plomb dans l'aile avec la proposition de la Région wallonne d'acquérir les Anciens prêtres pour en faire un centre d'interprétation de la cathédrale et de son histoire. Une sorte de " musée de l'£uvre " pour reprendre l'expression de la conseillère MR Marie-Christine Marghem. Rudy Demotte l'a confirmé récemment : " L'administration wallonne du patrimoine a les moyens d'acheter le bâtiment, ce qui préserverait son caractère public dans l'un des plus beaux quartiers de la ville. "De plus, ce projet a le mérite de ne pas condamner celui de l'UCL d'ancrer en c£ur urbain sa faculté d'architecture Saint-Luc qui draine quelque 650 étudiants. Tournai ne veut pas se priver de ce potentiel qui représente une aubaine pour l'animation urbaine. Le défi qui attend les acteurs politiques, c'est donc de concilier l'accueil de l'université avec celui de l'hôtel qui manque en c£ur de ville. Autre projet du quartier Cathédral : une promotion immobilière porte sur les anciens sièges du multiscope palace et du Courrier de l'Escaut. Selon le Bureau du plan, Tournai devrait accueillir 10 % de nouveaux habitants à l'horizon 2020, ce qui porterait sa population à près de 80 000 âmes. C'est dans ce contexte qu'une opération de remembrement urbain a été conçue pour le quartier Saint-Piat : porté par l'intercommunale Ideta et la Ville, le projet " Technicité " vise à créer une micro-zone d'activité intégrée à du logement dans l'îlot Cherquefosse. Sur les 72 ares concernés par ce projet, 33 seraient construits, soit un potentiel de 8 500 mètres carrés, dont 1 300 pour du logement moyen, du logement d'insertion, la maison médicale et les Bains douches. Le schéma de structure communal est très clair : " Cette zone est essentiellement destinée à la résidence, aux commerces et aux services, mais peut également accueillir des équipements collectifs. On peut y trouver de l'artisanat ou de petites entreprises, pour autant qu'elles ne mettent pas en péril la destination principale et soient compatibles avec le voisinage. " En rive droite, il y a le projet de requalification du site de l'ancienne clinique Saint-Georges. A l'étroit dans ses locaux rue Saint-Jacques, Ideta va y construire son nouveau siège de 3 000 mètres carrés où seront centralisés ses services, avec un parking souterrain de 100 places. Sur le quai Saint- Brice, rue et place de Becquerelle, l'entreprise flobecquoise Dherte porte un projet de logements sur 5 000 mètres carrés (avec des bureaux) qui va compléter la revitalisation. En entrée de ville, entre le rond-point de l'Europe et la rue de la Madeleine, le long de l'avenue de Troyes, le site de l'ancien Paradise fait l'objet lui aussi d'une opération de promotion. Dherte prévoit de raser le tout, sauf la façade avant de l'édifice, pour y reconstruire un bâtiment comptant une trentaine de logements de standing et des bureaux. Un parking d'une quarantaine d'emplacements est prévu en sous-sol. Quant au projet d'extension du centre commercial des Bastions, il concerne 23 000 mètres carrés de surfaces supplémentaires, dont 10 000 en retail park près de l'ancien terrain de football d'Allain. DIDIER ALBINNe demandez pas aux commerçants ce qu'ils pensent de l'état de leur c£ur de ville, la plupart sont déçus Le centre commercial des Bastions se verra doté de 23 000 mètres carrés supplémentaires