C'est bien simple : quand un agriculteur produit du bio, il produit moins. Ainsi, l'horticulteur biologique récolte environ 20 % de moins qu'un horticulteur traditionnel, selon les calculs de l'Observatoire bruxellois de la consommation durable. Un autre exemple ? S'il faut compter de 2 à 3 heures pour fabriquer une baguette de pain à base de levure, un pain bio au levain requiert jusqu'à 18 heures de travail. Un élevage bio produit en moyenne 33 poulets par an et par mètre carré, alors que, dans l'élevage traditionnel, le rendement atteint 140 poulets par an et par mètre carré. Par définition, le bio est moins rentable que l'agriculture traditionnelle.
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C'est bien simple : quand un agriculteur produit du bio, il produit moins. Ainsi, l'horticulteur biologique récolte environ 20 % de moins qu'un horticulteur traditionnel, selon les calculs de l'Observatoire bruxellois de la consommation durable. Un autre exemple ? S'il faut compter de 2 à 3 heures pour fabriquer une baguette de pain à base de levure, un pain bio au levain requiert jusqu'à 18 heures de travail. Un élevage bio produit en moyenne 33 poulets par an et par mètre carré, alors que, dans l'élevage traditionnel, le rendement atteint 140 poulets par an et par mètre carré. Par définition, le bio est moins rentable que l'agriculture traditionnelle. L'interdiction d'utiliser des herbicides, des pesticides et des engrais chimiques impose en outre aux agriculteurs de recourir à davantage de main-d'£uvre pour l'entretien des cultures. Ce qui se paie cash. Les éleveurs privilégient aussi les races qui grandissent lentement, réduisant d'autant les ventes possibles. Tout cela a un prix. S'y ajoute le montant à payer pour obtenir le label de bio-garantie pour les produits. Les exploitations qui le souhaitent reçoivent ainsi, trois fois par an, la visite d'inspecteurs de l'organisme certificateur, Certisys. " L'agriculteur à la tête d'une exploitation d'une cinquantaine d'hectares, avec une quarantaine de vaches, devra s'acquitter d'une somme comprise entre 700 et 750 euros par an, détaille Blaise Hollemen, directeur de Certisys. Les primes à l'hectare allouées par la Région wallonne aux agriculteurs sont censées couvrir en partie ce coût de contrôle. " Il ne s'en répercute pas moins sur le prix de vente final. Le secteur bio, qui reste marginal, est, par ailleurs, encore très atomisé. " Ces petites exploitations ne sont pas en mesure de réaliser des économies d'échelle ", souligne Laurence Lambert, coordinatrice de Bioforum Wallonie, l'association qui représente le secteur en Région wallonne. Dans les grandes surfaces, qui assurent une grande majorité des ventes des produits bio, on jure, la main sur le c£ur, que des efforts sont faits pour combler le fossé qui existe entre les prix des aliments bio et ceux des aliments conventionnels. " Cette différence est chez nous de 10 à 15 %, affirme Jean-Pierre Roelands, directeur du marketing chez Colruyt. On n'y parvient pas toujours mais notre objectif est d'offrir le bio au même prix qu'un produit de marque vendu dans une grande surface classique. Le bio sort peu à peu de sa niche élitiste. Chez nous, on a, via notre site Internet, des clients de tous profils. "Le credo est le même chez Carrefour où " la marque Carrefour Bio se veut la plus démocratique possible ". Chez Delhaize, les bananes bio sont vendues au même prix que les Chiquita. " On diminue les prix sur le bio, détaille Katrien Verbeke, porte-parole. On ne prend pas de marge importante sur ces produits et on essaie de réduire ou d'éliminer les intermédiaires pour réduire les coûts. "Le discours des distributeurs ne convainc pas les producteurs bio, qui se demandent comment leurs produits sont vendus aux consommateurs à un prix nettement plus élevé. " Nous sommes demandeurs d'études sérieuses sur les écarts de prix entre les produits bio et les produits conventionnels, plaide Laurence Lambert. Elles permettraient de déterminer si la différence de prix est due aux importants coûts de production du bio ou si la grande distribution s'assure de confortables marges dont les agriculteurs bio ne profitent pas. "L.v.R.le secteur bio, resté marginal, est par ailleurs encore très atomisé