Il n'y a pas si longtemps (voir Le Vif/L'Express du 15 octobre), nous vous parlions de l'opposition entre deux grands projets commerciaux imaginés à quelques kilomètres l'un de l'autre : Neo face à Uplace. C'est le réaménagement du plateau du Heysel contre celui, notamment, des anciennes usines Renault à Machelen, sous le viaduc de Vilvorde. Le premier table essentiellement sur un centre de congrès international de 3 500 places adossé à un centre commercial de 100 000 m2. Le second, dessiné par le bureau Benoy, s'étendrait d'ici à 2014 sur 190 000 m2 répartis entre détente, loisirs, restauration et surtout un shopping center de 55 000 m2.
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Il n'y a pas si longtemps (voir Le Vif/L'Express du 15 octobre), nous vous parlions de l'opposition entre deux grands projets commerciaux imaginés à quelques kilomètres l'un de l'autre : Neo face à Uplace. C'est le réaménagement du plateau du Heysel contre celui, notamment, des anciennes usines Renault à Machelen, sous le viaduc de Vilvorde. Le premier table essentiellement sur un centre de congrès international de 3 500 places adossé à un centre commercial de 100 000 m2. Le second, dessiné par le bureau Benoy, s'étendrait d'ici à 2014 sur 190 000 m2 répartis entre détente, loisirs, restauration et surtout un shopping center de 55 000 m2. Pour le moment, cette course, fruit d'un manque de concertation entre deux Régions concurrentes, tourne à l'avantage de Machelen, puisque Uplace a obtenu son permis socio-économique. Neo, de son côté, s'est dégoté un bureau d'urbanisme coté, KCAP, mais a perdu du temps dans l'aventure. Sans compter que, pour réaliser un centre commercial sur une zone qui n'est actuellement pas affectée à cet effet, la Région devra modifier le Pras (Plan régional d'aménagement du sol). " Charles Picqué a assuré qu'il serait modifié sans attendre le Plan régional de développement durable. Ça a été validé. Nous devrions avoir la légitimité urbanistique pour avancer avec le centre commercial en 2011. Première pierre ? 2014 ", entonne Philippe Close, échevin du Tourisme à la Ville. Dire qu'il fait preuve de virulence à l'égard du projet flamand tiendrait de l'euphémisme... Car, si le mayeur Freddy Thielemans (PS) parle de " projet beaucoup mieux placé et beaucoup plus ambitieux, notamment parce qu'il accompagnera un centre international de congrès ", Philippe Close y va bien plus fort : " Leur projet ressemble plus à un zoning qu'à autre chose, à un urbanisme à la va-vite. Nous, on va faire un centre commercial à côté d'une salle de congres internationale. Uplace est un projet concurrent certes, mais je pense qu'il n'y a vraiment pas photo entre les deux. Il suffit juste de regarder qui a dessiné notre projet [NDLR : Kees Christiaanse, du bureau néerlandais KCAP] et qui a dessiné celui de Machelen. C'est un peu comme si l'on comparait la première division à la provinciale : je ne veux pas être méprisant, mais c'est un peu cela. "Faits nouveaux dans ce dossier : la Ville a pensé le plateau du Heysel dans son ensemble et s'est alliée à la Région sans trop d'accrocs. La Zone-Levier qu'était le Heysel dans les enjeux régionaux a donc fini par être prise en charge par Freddy Thielemans et son collège. Qui assurent que " la Région y a trouvé ses petits ". " On vient de montrer que quand Ville et Région fonctionnent ensemble, tout peut aller très vite ", confie Philippe Close. Lequel se veut à la fois rassurant et incisif avec Bruparck (Kinepolis, Océade, Mini-Europe), où l'on risque de faire les frais de la vision en " plateau ouvert " lancée par KCAP. Si le complexe cinématographique Kinepolis est protégé par un bail à long terme, il n'est est pas de même pour Mini-Europe. Son patron, Thierry Meeùs, s'est déjà étendu dans la presse sur ses craintes. Philippe Close est clair : " On ne peut pas dire qu'on est fier de Bruparck. Cela fait vingt ans qu'ils savent que le bail de Mini-Europe s'achève en 2010. On leur a donné trois ans en plus. Il y aura une zone de tourisme et de loisirs à côté de l'Atomium, c'est dans le cahier des charges. Mais il n'y a pas de raison que Mini-Europe puisse se dire qu'il pourra rester à n'importe quel prix. On est contre la stagnation, on veut un projet ambitieux. " Le message est passé. GUY VERSTRAETEN