L'immeuble du xviiie siècle n'était pas resté longtemps à l'abandon, car le vieux forgeron venait à peine de le quitter, mais il était dans un état lamentable. Le vieux fer - que le vieil homme avait dû abandonner lors de son déménagement - s'entassait sur plusieurs mètres de hauteur.
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L'immeuble du xviiie siècle n'était pas resté longtemps à l'abandon, car le vieux forgeron venait à peine de le quitter, mais il était dans un état lamentable. Le vieux fer - que le vieil homme avait dû abandonner lors de son déménagement - s'entassait sur plusieurs mètres de hauteur. Mais la valeur historique de l'immeuble n'en était pas diminuée pour autant. La maison avait été reconnue comme " bâtiment remarquable ", l'échelon en dessous de celui de " monument protégé ". La personne qui la rénoverait devrait donc se conformer à bon nombre de règles, même si leur application est un peu plus souple que dans le cas des monuments protégés. La belle façade avant était en fait le moindre problème ; mais ce qu'elle cachait était une véritable catastrophe. La maison de rangée érigée dans le centre historique de Gand se présente comme une maison jumelée composée d'un corps de logis à front de rue, d'une petite cour intérieure et d'un arrière-corps. Les deux volumes étaient reliés par une misérable petite construction en bois, une sorte de pigeonnier. Le manque d'espace et de lumière naturelle était un problème majeur. Le toit en pupitre de l'arrière-corps a été démoli et remplacé par une terrasse de toiture orientée vers le sud, suffisamment haute et néanmoins discrète parmi les toits des maisons qui l'entourent. Le lien entre les bâtiments avant et arrière a été entièrement détruit et remplacé par une nouvelle construction en acier galvanisé, briques anglaises collées et vitrage Reglit. C'était aussi l'occasion rêvée de prévoir une circulation via un escalier vers le premier étage et un escalier extérieur vers la terrasse de toiture. Si toute la menuiserie est neuve, elle est une réplique parfaite des anciennes fenêtres, jusque dans les moindres détails. Pour la face intérieure, on a utilisé un vitrage actuel, fabriqué selon les techniques modernes. Mais le vitrage extérieur a été fabriqué à l'ancienne, allant même jusqu'à reproduire les inégalités et les défauts du verre ancien. Il vient de Pologne, où la technique est encore couramment utilisée et exploitée au vu de la demande importante en provenance d'Europe occidentale. Le toit du corps de logis a été pratiquement complètement remplacé. Quelques poutres en chêne ont été récupérées et associées à de nouvelles (anciennes) poutres dénichées chez un marchand de matériaux de construction anciens. Au lieu d'insérer l'isolation et les plaques de plâtre entre les chevrons, on les a placées par-dessus. L'isolation est ainsi continue et la pose, plus rapide. Conception : Baeyens & Beck, ir.-architecten BVBA. Découvrez l'intégralité de ce reportage dans le magazine Je vais construire de mai, en vente chez votre libraire. www.jevaisconstruire.besofie de vriese