Le Trésor de Toutankhamon

Voici une admirable et monumentale analyse et mise en scène des plus belles pièces découvertes, durant dix ans de fouilles, dans la tombe du jeune roi égyptien. Les trésors - bijoux, armes, chaises, trônes, statues, amulettes, cercueils emboîtésà - défilent sous nos yeux, chambre après chambre, accompagnés d'explications claires et d'anecdotes savoureuses. L'effet est saisissant, grâce aux photographies exceptionnelles qui alternent plans rapprochés et pages dépliables avec vue panoramique (on fait ainsi " le tour " d'un objet). Magique.
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Voici une admirable et monumentale analyse et mise en scène des plus belles pièces découvertes, durant dix ans de fouilles, dans la tombe du jeune roi égyptien. Les trésors - bijoux, armes, chaises, trônes, statues, amulettes, cercueils emboîtésà - défilent sous nos yeux, chambre après chambre, accompagnés d'explications claires et d'anecdotes savoureuses. L'effet est saisissant, grâce aux photographies exceptionnelles qui alternent plans rapprochés et pages dépliables avec vue panoramique (on fait ainsi " le tour " d'un objet). Magique. Par Zahi Hawass. Imprimerie nationale, 296 p. Ce catalogue de l'exposition éponyme (au musée Jacquemart-André, à Paris, jusqu'au 21/5/09) décline les multiples portraits de Van Dijck, genre dans lequel le disciple de Rubens excella. Artiste flamand et européen - il voyagea énormément en Italie et vécut à la cour d'Angleterre -, le natif d'Anvers sut, entre traditions rubénienne et vénitienne, introduire dans les portraits d'apparat dynamisme et expressivité, tout en ennoblissant ses modèles en leur conférant majesté et désinvolture, traduisant ainsi la conscience inébranlable de leur propre supériorité. Par Alexis Merle du Bourg. Fonds Mercator, 183 p. L'approche encyclopédique a bien du mal cette fois à présenter une synthèse globale des arts. En cause, le sujet lui-même, vaste et complexe : l'Europe centrale. En effet, du Moyen Age jusqu'au milieu du xxe siècle, les influences, venues surtout d'Italie, de France et d'Allemagne, se sont mêlées aux caractères identitaires locaux. Partant des grands centres comme Prague, Vienne, Cracovie et Bratislava, les auteurs, tout en privilégiant certaines périodes (le siècle de Rodolphe II ou les xixe et xxe) rappellent aussi les géants comme Kupka, Klimt , Schiele, Kertesz ou Drtikol. Par Markéta Theinhardt. Citadelles & Mazenod, 620 p. Génie du romantisme, Delacroix dessina et peignit le plus merveilleux parc animalier jamais composé par un artiste français. Ses études et ébauches de chevaux qui habiteront ses grands tableaux héroïques dégagent une rare puissance. Le même dynamisme sauvage, la même beauté violente et gracieuse habitent ses innombrables félins, en particulier dans les scènes de chasse et de combats d'une forte intensité dramatique. Les croquis de chats, en revanche, sont imprégnés de toute la tendresse de l'artiste qui voulait " chercher à lire dans la création ". Superbe ! Par Arlette Sérullaz et Edwart Vignot. Citadelles & Mazenod, 239 p. Voici un ouvrage de référence consacré à la " ville des villes ", cité fascinante entre toutes, un pied en Europe, l'autre en Asie. Il présente, de manière chronologique, les différentes strates de développement de la ville, depuis l'ancienne Byzance romaine puis constantinienne dont les chroniqueurs occidentaux du vie siècle découvraient, ébahis, les richesses, jusqu'à l'Istanbul ottomane, magnifiée par Soliman le Magnifique avec son architecte Sinan. Les textes, fouillés mais accessibles, raviront tant les érudits que les curieux (la question de l'iconoclasme est un exemple de didactisme). Quant aux somptueuses illustrations des édifices religieux et profanes, des sculptures, des mosaïques, des fresques et des icônes, elles sont un enchantement pour les yeux. Sous la direction de Tania Velmans. Imprimerie nationale, 416 p. Cette fameuse Légende dorée (du latin legenda aurea, legenda signifiant " ce qui doit être lu ") a marqué la chrétienté. Ce recueil, rédigé vers 1270 par le dominicain génois Jacques de Voragine, comprend les épisodes remarquables de la vie des saints, classés pour la première fois dans le calendrier de l'année ecclésiastique rythmée par les grandes fêtes christiques. Les histoires édifiantes des saint(e)s Nicolas, Elisabeth, François d'Assise, Ursule, Georgesà sont ici illustrés par des chefs-d'£uvre de l'art médiéval. Magnifique ! Par Jacques de Voragine. Citadelles & Mazenod, 264 p. Il est LE peintre du Quattrocento florentin par excellence. Sandro Botticelli (1445-1510) a d'ailleurs passé toute sa vie à Florence, à l'exception d'un séjour à Rome (qui ne lui plut pas) pour réaliser trois fresques dans la chapelle Sixtine. Né dans une famille de tanneurs, il fait son apprentissage auprès de Filippo Lippi et se fait connaître par les bonnes grâces des Médicis. Il connaîtra le sommet de la gloire, mais aussi l'époque troublée de la théocratie du moine Savonarole. De format carré, rédigé par le spécialiste du musée des Offices, cet ouvrage parcourt la vie et l'£uvre d'un peintre à la délicatesse et au raffinement inégalés, dont la représentation féminine touche au sublime. Par Alessandro Cecchi. Actes Sud, 283 p. Construire pour le seul plaisir de s'étonner et d'étonner les autres. Voilà bien le sens des " folies ", ces architectures atypiques qui, dès la Renaissance, poussent comme d'étranges lieux imaginaires un peu partout en Europe. Entre l'esprit de cabinet de curiosités et celui de l'hédonisme le plus exacerbé, ces demeures fabuleuses sont agréablement décrites et commentées par les auteurs. Le photographe Nic Barlow (qui a déjà bien documenté le palais du facteur Cheval), lui, en surprend la fantaisie pour notre plus grand plaisir. Par Tim Knox et Caroline Barlow. Citadelles & Mazenod, 256 p. Si les façades des palais vénitiens émerveillent, que dire des fresques qui en décorent les murs intérieurs ! Rarement accessibles, ces £uvres ont fait l'objet d'une campagne photographique qui fait découvrir ainsi tout un pan de l'histoire de la peinture entre le début du xvie siècle et la fin du xviiie. On entre ainsi dans les riches demeures de Venise, mais aussi de cités voisines comme Padoue, Trévise ou Vicence. De Véronèse à Tiepolo, ce sont également bien d'autres peintres que l'on découvre à travers l'art du trompe-l'£il : vertiges architecturaux, scènes allégoriques, polichinelles, instruments scientifiques, paysagesàPar Filippo Pedrocco. Citadelles & Mazenod, 416 p. En lieu et place d'exégèses actuelles, l'ouvrage déroule, page après page, une approche des toiles impressionnistes à partir des commentaires reçus à l'époque de leur première présentation. Entre éloges et virulence, c'est aussi une manière de regarder la peinture qui nous est ainsi offerte, via des auteurs aujourd'hui tombés dans l'oubli et d'autres, restés célèbres, comme Baudelaire ou Zola. Quel plaisir ! Dans le deuxième tome, intitulé Du côté des peintres, Pascal Bonafoux écrit à son tour cette saga mais, cette fois, en partant uniquement des écrits des peintres. Et le miracle, à nouveau, opère. On est au xixe siècle, on vit avec les artistes, à leurs côtés. Par Pascal Bonafoux. Diane de Selliers, 2 vol., 350 et 110 p. L'auteur ne tient pas à écrire une énième histoire de l'art moderne par écoles et caractéristiques formelles. Il rejoint chacun des mouvements à travers les questions et débats suscités au moment de leur apparition ainsi que la vie bien réelle des £uvres et de leurs expositions. On comprend moins l'intégration de comparaisons iconographiques qui pose par exemple, à la suite, Bacon et Ron Mueck. Par Flaminio Gualdoni. Skira, 560 p. Dans un essai qui conclut l'ouvrage, l'un des auteurs, Adrien Goetz, rappelle combien les mécènes privés ont pu jouer un rôle important dans l'histoire de l'art moderne par les commandes qu'ils firent aux artistes. Rien n'a changé pour l'art contemporain. D'où ce livre particulier qui présente 150 de ces £uvres in situ (dans les châteaux, les maisons ou les appartements) en les éclairant par les commentaires (souvent intimes) des collectionneurs eux-mêmes. Le regard porté ainsi sur ces rapports entre l'artiste et l'acheteur révèle bien des surprisesàSous la direction de Nadia Candet. Flammarion, 316 p. L'art contemporain n'est pas l'art moderne, et la manière d'envisager une approche de sa diversité n'obéit plus aux mêmes méthodes de classement par mouvements et caractéristiques de styles. D'où, ici, le choix d'une suite de chapitres qui, à travers des angles de vue différents, tentent de révéler comment les créateurs construisent aujourd'hui leurs rapports avec le monde, la culture, la vie et l'histoire. Ainsi sont regroupées diverses tendances qui abordent les liens avec la culture populaire, l'objet quotidien, la narration, la nature, le corps, la spiritualitéà L'intérêt vient aussi de ce que l'auteur américain ouvre très largement le débat, sans se limiter aux seuls diktats de la pensée des arts à la française. Un outil remarquable aussi du point de vue iconographique. Par Eleanor Heartney. Phaidon, 448 p. Sur les bas-reliefs romains, le peintre Raphaël découvre des ornements en guirlandes, chutes, arabesques et enroulements riches en feuilles ouvertes, tiges torsadées et animaux mêlés. Mais, lorsqu'on met au jour la Domus Aurea, ce sont des peintures colorées que le peintre romain est amené à voir apparaître sur les murs du palais. A partir de là, son imagination créatrice fera le reste. Pour le pape Léon X, il dessine les cartons qui seront exécutés par son atelier à la fresque ou en stucs dans les célèbres Loges du Vatican. Après avoir abordé l'iconographie (la Bible et l'Antiquité), l'auteure explicite le fonctionnement de l'atelier, et termine en s'attardant sur l'influence qu'ont pu avoir les Loges sur les générations suivantes. Par Nicole Dacos. Hazan, 352 p. L 'Invention du corps, paru chez le même éditeur en 1997, nous avait convaincus. Cette fois, Nadeije Laneyrie-Dagen décrypte, creuse et explicite comment et pourquoi apparut la représentation de la nature. Pourquoi, en lieu et place du fond or ou bleu, on vit naître dans la peinture du xive siècle des montagnes, des chemins, des vallées et, dans le ciel plus pâle, des nuages avec ce mélange d'émerveillement, de curiosité scientifique et d'effroi. L'approche est rigoureuse, argumentée. On est aux antipodes des analyses poético-psychanalytiques de Gaston Bachelard. Seuls les faits documentés creusent ici la voie aux hypothèses. Par Nadeije Laneyrie-Dagen. Flammarion, 256 p. Ici, on zappe sur plus de 500 doubles pages avec de grandes reproductions d'£uvres qui vont de la préhistoire au Land Art. Les textes sont courts,juste informatifs, mais l'intérêt vient des confrontations. En effet, l'idée est de comparer deux £uvres datant de la même période, voire de la même année, parfois à des milliers de kilomètres de distance. Choc des cultures, rencontres et, souvent, étonnement. Exemples : la tapisserie de Bayeux et un Bouddha tibétain ; un portrait de dignitaire coréen et un vieillard assis de RembrandtàCollectif. Phaidon, 1064 p. François Cheng a beaucoup écrit sur l'esthétique et l'art chinois dont il fut, en France, un ambassadeur de choix. Il est aussi poète et romancier, membre de l'Académie française. Son dernier opus, Cinq méditations sur la beauté (2006) préparait ce Pèlerinage au Louvre, suite de descriptions sensibles de peintres choisies. De Cimabue à Turner, le regard cible la musicalité de chaque £uvre plutôt que son historique. Par François Cheng. Flammarion, 144 p. Cela fait presque quarante ans que Gilles Clément a fait de la vitalité créatrice de la nature le thème des jardins qu'il conçoit aux quatre coins de la planète. Neuf d'entre eux sont ici présentés avec moult détails : photos d'ensemble ou de fragments, plans et dessins préparatoires. En prime, de courts textes comme autant de manifestes et de petites remarques trempées ainsi qu'une analyse fouillée signée par Alessandro Rocca. Sous la direction d'Alessandro Rocca. Actes Sud, 264 p. Profitant de l'exposition Monet au musée Marmottan, à Paris (jusqu'au 15 février), qui cherche à comprendre comment Monet " voyait " (catalogue chez Hazan), les auteurs se limitent à la seule thématique des Nymphéas. Le plaisir de la lecture est renforcé par la qualité des reproductions et de la mise en page. Du détail agrandi (souvent en pleine page) aux ensembles (les deux salles de l'Orangerie comprises), on suit cette fascinante progression jusqu'aux £uvres ultimes et à la redécouverte des £uvres par les peintres des années 1950. En fin de volume, un catalogue raisonné. Par Jean-Dominique Ray et Denis Rouart. Flammarion, 160 p. Si la peinture domine les arts jusqu'aux années 1970, la sculpture prend depuis sa revanche. Mais quelle sculpture ? Pas de style ou de mouvement, mais des créateurs qui n'ont de cesse d'élargir les propos, d'envahir de nouveaux horizons et d'user de procédures inattendues. A la sculpture dressée sur socle répondent aujourd'hui l'étalement et la dispersion. Aux compositions formelles, d'autres urgences, liées par exemple à la narration. Le thème du corps est revisité et, de même, l'usage des matériaux traditionnels. Bref, en 18 chapitres thématiques, Judith Collins, conservatrice à la Tate de Londres, présente quelque 400 artistes. L'ouvrage constitue dès à présent " la " référence. Par Judith Collins. Phaidon, 464 p. Pourquoi donc l'apprentissage du dessin passe-t-il par l'étude anatomique ? Que cherche-t-on à dire, à travers cette étude du corps figé ? Entre la Renaissance, qui découvre la table de dissection, et le xixe siècle, qui expose, dans les Salons, aux côtés des tableaux, des écorchés et des moulages sur cadavres, le respect de l'anatomie devient même un critère de jugement. Au siècle des Lumières, le succès des images illusionnistes est à son comble et gagne les académies, qui associent bientôt à ces modèles scientifiques ceux proposés par la beauté idéale de l'Antiquité. Le romantisme bouleversera ce dialogue en observant la mort dans sa réalité humaine. L'ouvrage se distingue aussi par la richesse assez exceptionnelle de son iconographie. Par Morwena Joly. Hazan, 240 p. C'est tout naturellement que le photographe français Didier Serplet s'est intéressé aux plaques d'égout. Enfant déjà, il aimait découvrir ce qui se trouvait sous ses pieds. Dans la terre de Charente, en plein champ ou dans le jardin de sa grand-mère. Plus tard, à Paris, il descend dans les catacombes. Ses héros ? Hitchcock, Poe, Malaparte, BachelardàSoit le mystère silencieux de ce qui émane de ces frontières de fonte qu'il photographie au rythme de ses errances à Bruxelles, Liège, Tournai, Gand, Charleroi puis Amsterdam, Gérone, Naples, Venise ou encore Capri.. En accompagnement, la petite musique des mots de Lambersy. Par Didier Serplet et Werner Lambersy. CFC éditions, 87 p. Guy Gilsoul et Elisabeth Mertens