Le 11 octobre 2013, l'équipe nationale de football mettait fin à une attente de douze ans en se qualifiant pour la phase finale de la Coupe du monde 2014 au Brésil. Deux buts de Romelu Lukaku ont libéré tous les supporters. Et même si les résultats suivants furent décevants (nul contre le Pays de Galles, défaites à domicile en match amical contre la Colombie et le Japon), l'euphorie reste de mise à l'idée de voir cette " génération dorée " raviver la flamme de Mexico 1986, quand les Diables Rouges avaient atteint les demi-finales.
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Le 11 octobre 2013, l'équipe nationale de football mettait fin à une attente de douze ans en se qualifiant pour la phase finale de la Coupe du monde 2014 au Brésil. Deux buts de Romelu Lukaku ont libéré tous les supporters. Et même si les résultats suivants furent décevants (nul contre le Pays de Galles, défaites à domicile en match amical contre la Colombie et le Japon), l'euphorie reste de mise à l'idée de voir cette " génération dorée " raviver la flamme de Mexico 1986, quand les Diables Rouges avaient atteint les demi-finales. Depuis l'arrivée de Marc Wilmots comme entraîneur, il se passe quelque chose. Jamais les stades n'ont été à ce point pris d'assaut. Jamais les joueurs, devenus des stars dans les clubs les plus prisés d'Angleterre ou d'Espagne, n'ont autant exprimé leur attachement au drapeau belge. Vincent Kompany, capitaine incontesté, est l'incarnation parfaite de ce succès aux accents de métissage. Il y a, chez ces Diables-là, quelque chose de l'équipe de France black-blanc-beur qui avait remporté la Coupe du monde 1998. " Avec eux, le sport nous donne la leçon, s'enthousiasme Alain Courtois, ancien secrétaire général de l'Union belge de football, aujourd'hui Premier échevin MR de Bruxelles. Le football a réussi son intégration, son amalgame de multiculturalité transcendant les classes sociales. J'aime cette équipe nationale parce qu'elle est composée de gars qui viennent des quartiers, qui ont fait leurs classes sportives ici et qui ont réussi dans le monde. Ce que le sport fait, les autres branches de la société peuvent le faire. " Père et entraîneur des frères Kevin et Jonathan, perles de l'athlétisme belge, Jacques Borlée enchérit : " Quelle belle symbolique ! Regardez Vincent Kompany : ce capitaine d'origine africaine parle les trois langues nationales, et dit des phrases simples, d'une vérité éclatante. La force de notre pays réside dans sa multiculturalité. " L'image de marque des Diables rayonne tant en Flandre qu'en Wallonie et à Bruxelles. Vu la concomitance des agendas, certains pensent même que la vague sur laquelle ils surfent pourrait peser sur la " Mère de toutes les élections " du 25 mai. Entendez : elle pourrait nuire aux nationalistes de la N-VA. " Cela va influencer un tas de gens qui seront dans l'euphorie belge, estime Luc Van der Kelen, grande figure du journalisme flamand, longtemps éditorialiste de Het Laatste Nieuws. De Wever a peur d'un type comme Kompany, parce qu'il joue avec les médias, il est sur Twitter... Ce n'est pas qu'un joueur de football, c'est quelqu'un qui prend position pour son pays. " Jean-Michel De Waele, doyen de la faculté des sciences politiques et sociales de l'ULB et amoureux de foot, reste " dubitatif ". " Je doute que cela puisse avoir un impact politique profond, dit-il. La victoire de l'équipe de France en 1998 n'a pas empêché Jean-Marie Le Pen d'arriver au second tour de l'élection présidentielle quatre ans plus tard. Le sport n'est pas la traduction automatique de ce qui se passe dans la société. " Preuve, toutefois, que la question n'est pas mineure : Bart De Wever lui-même a affirmé qu'il serait heureux que les Diables Rouges soient champions du monde parce que... cela serait positif pour l'horeca. Sportivement, une demi-finale est-elle accessible aux Diables ? Oui. S'ils sortent d'un premier tour plutôt aisé face à la Russie, à l'Algérie et à la Corée du Sud, " tout sera possible ", déclarent en choeur les observateurs et le coach Marc Wilmots. Même s'il ne faut pas s'enflammer : la condition préalable, c'est que les joueurs... jouent dans leur club, certains comme De Bruyne ou Fellaini étant plus souvent sur le banc que sur la pelouse. A l'issue du tirage au sort, certains sites de paris sportifs donnaient pourtant la Belgique en cinquième favori derrière le Brésil, l'Argentine, l'Allemagne et l'Espagne. Rien que ça... OLIVIER MOUTON" Le sport n'est pas la traduction automatique de ce qui se passe dans la société "