A l'heure où le monde de l'art se mobilise en faveur des artistes derrière le hashtag "soutenonslesartistescontemporains", il semble que le spectre d'un nouveau paradigme culturel lié à la crise sanitaire ne pèse pas seulement sur la création plastique en tant que telle. Cette épée de Damoclès est aussi suspendue sur les lieux qui la diffusent. Là aussi, tout est à réinventer de toute urgence car le modèle de la galerie ...

A l'heure où le monde de l'art se mobilise en faveur des artistes derrière le hashtag "soutenonslesartistescontemporains", il semble que le spectre d'un nouveau paradigme culturel lié à la crise sanitaire ne pèse pas seulement sur la création plastique en tant que telle. Cette épée de Damoclès est aussi suspendue sur les lieux qui la diffusent. Là aussi, tout est à réinventer de toute urgence car le modèle de la galerie d'art a du plomb dans l'aile. L'heure du fameux "white cube" a sonné: les coups de boutoir frappés contre cette architecture désincarnée se sont intensifiés avec les bouleversements que l'on connaît. La meilleure preuve en est apportée par la récente inauguration d'une Galleria Continua dans le quartier du Marais, à Paris. Imaginé à San Gimignano au début des années 1990 par un trio de trois amis - Mario Cristiani, Lorenzo Fiaschi et Maurizio Rigillo - ce concept logé dans un ancien cinéma a dès le début rompu avec les positionnements habituels. Au fil du temps, la formule n'a eu de cesse de se développer, s'implantant à Pékin (2004), dans la campagne francilienne (2007), à la Havane, ainsi que dans un hôtel de Rome (2020) et au coeur d'un complexe sportif de São Paolo, au Brésil (2020). Objectif? Faire découvrir l'art contemporain au public le plus vaste possible. Avec ses 800 mètres carrés de superficie situés non loin du Centre Pompidou, Galleria Continua Paris donne le vertige. "Ce projet est né de l'idée de créer un cadre convivial, flexible, inclusif, accessible à tous ; un atelier dans lequel résonnent des langages contemporains et où l'art, la vie sociale et la culture se conjuguent", précisent les associés. C'est JR qui assure le commissariat de la première exposition. En transformant l'espace en une zone hybride aux contours de supermarché dans lequel le salami et les sardines côtoient des oeuvres de Buren, Berlinde De Bruyckere, Michelangelo Pistoletto ou Leandro Erlich, le photographe soulève une question fondamentale: l'art doit-il mimer les produits de première nécessité pour survivre?