Dans un monde où de nouvelles maladies infectieuses émergent, où les systèmes de santé menacent de s'effondrer, où les crises s'entrechoquent, où le virtuel a supplanté le réel, où les inégalités sont abyssales [...], les perspectives d'avenir ne sont plus ce qu'elles étaient. Homo sapiens est ...

Dans un monde où de nouvelles maladies infectieuses émergent, où les systèmes de santé menacent de s'effondrer, où les crises s'entrechoquent, où le virtuel a supplanté le réel, où les inégalités sont abyssales [...], les perspectives d'avenir ne sont plus ce qu'elles étaient. Homo sapiens est un animal paradoxal. Il s'est imposé comme espèce dominante et a survécu à trois cent mille ans d'adversité. Il a inventé l'art, la roue, l'imprimerie. Il a escaladé l'Everest, marché sur la Lune, divisé l'atome, modifié des génomes, mis des satellites en orbite... Et il s'est montré incapable de fabriquer de simples masques munis d'élastiques. Se pourrait-il qu'il ait perdu le nord? Qu'il ait fait une overdose de pétrole? Qu'il ait oublié que les lois de la physique sont inflexibles et qu'il ne dispose que d'une seule planète? Mais Homo sapiens a plus d'un tour dans son sac et s'il s'est empêtré dans la broyeuse qu'il a lui-même créée, il n'en reste pas moins que sa formidable capacité de résilience est intacte. Et si cette crise était pour lui une aubaine? Une occasion en or de renouer avec sa nature? De lever le pied dans la course au productivisme et au consumérisme? De faire voler en éclats ses certitudes délétères? Il lui suffirait d'ôter le bandeau qu'il a enfilé en plus du masque pour que la crise sanitaire de la Covid-19 se convertisse en une forme de renaissance. En retour aux valeurs simples qui constituent sa principale caractéristique: son humanité.