Après quatre ans de travail, un travailleur embauché par une entreprise de titres-services n'est plus rentable, ou à peine, affirment des chercheurs de l'UCL et de l'ULg. Interpellant...
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Après quatre ans de travail, un travailleur embauché par une entreprise de titres-services n'est plus rentable, ou à peine, affirment des chercheurs de l'UCL et de l'ULg. Interpellant... Lancé en 2001, le système des titres-services est désormais assez " vieux " pour pouvoir être analysé de plus près. Une équipe de chercheurs du Cerisis (UCL) et du Centre d'économie sociale de l'ULg s'est donc attelée, pendant deux ans, à évaluer et à comparer les différents types de prestataires de titres-services, avec l'appui de la Politique scientifique fédérale. Leurs conclusions, qui seront présentées lors d'un séminaire qui aura lieu à l'UCL le 30 avril prochain, sont pour le moins intéressantes. 1. Après quatre ans, un travailleur engagé dans le système des titres-services n'est plus rentable pour une entreprise qui ne bénéficie que de la subvention de l'Etat. Avant ce délai, les entreprises qui ont recours aux titres-services peuvent en effet recevoir d'autres formes de financement, qu'il s'agisse de réductions de cotisations sociales comme dans le Plan Activa, ou de subventions régionales pour les entreprises d'insertion. " Seul un travailleur engagé dans le secteur de l'intérim, qui présente, entre autres, un taux d'encadrement du personnel moins élevé que dans le secteur de l'insertion, peut tout juste générer l'équilibre financier, précise le Pr Marthe Nyssens, coordinatrice de la recherche. Celle-ci est donc très sceptique face aux affirmations selon lesquelles certaines entreprises de titres-services afficheraient de plantureux bénéfices, réalisés grâce à la subvention de l'Etat. La rentabilité globale d'une société dépend du nombre de travailleurs qui bénéficient ou non d'aides à l'emploi ainsi que de leur ancienneté. Pour être rentables, les prestataires peuvent donc être tentés soit d'accélérer la rotation du personnel, soit d'accroître le taux d'activité, au détriment de la qualité de l'emploi. Bref, face à ce manque de rentabilité, il faudrait ajuster le mode de financement du système, estiment les chercheurs. 2. En termes de parts de marché, le secteur de l'intérim représente à lui seul 37 % de l'ensemble des travailleurs en titres-services, mais seulement 23 % si on calcule en équivalents temps pleins. Autrement dit, on y trouve davantage de salariés à temps partiel. Le secteur de l'économie sociale emploie quant à lui 27 % du total des travailleurs " titres-services " mais 35 % des équivalents temps pleins. " Notre recherche atteste que les entreprises d'insertion socio-professionnelle et les services d'aide aux familles qui recourent aux titres-services sont les plus performants si l'on tient compte à la fois de la qualité du service et de la qualité de l'emploi offert, résume Marthe Nyssens. Or ces services sont régulés par les pouvoirs régionaux. " Si le marché des titres-services était lisible, en termes de qualité pour l'utilisateur et pour les travailleurs, on pourrait imaginer des prix différenciés. " Mais le marché n'est, pour l'instant, pas lisible, insiste-t-elle. Il est aussi très peu régulé, ce qui constitue une spécificité belge. Les agréments pour être reconnu comme entreprise de titres-services sont rapidement accordés et les contrôles ont longtemps été peu nombreux. Le resserrement de la régulation, avec une augmentation des contrôles, sera une bonne chose. "L.v.R.