Lors d'un JT de 20 heures précédant la Coupe du monde de 2018, la présentatrice de France 2 Anne-Sophie Lapix annonce un sujet sur l'argent dans le foot en balançant que, pendant un mois, " on va pouvoir ( légère pause) regarder des millionnaires courir après un ballon ". A la haine que traduisent ...

Lors d'un JT de 20 heures précédant la Coupe du monde de 2018, la présentatrice de France 2 Anne-Sophie Lapix annonce un sujet sur l'argent dans le foot en balançant que, pendant un mois, " on va pouvoir ( légère pause) regarder des millionnaires courir après un ballon ". A la haine que traduisent ce propos condescendant et la publication de livres critiques à l'occasion du Mondial (Le Vif/L'Express du 14 juin 2018), le professeur de philosophie Thibaud Leplat réplique par La Magie du football, pour une philosophie du beau jeu (Marabout, 174 p.). A ceux qui considèrent que " le football consacre le triomphe de l'arriviste sur le prudent, du dominant sur le dominé ", à ceux qui s'échinent à voir en lui un " reflet " de la société, l'auteur répond : " N'y a- t-il pas dans le football lui-même une profondeur telle qu'elle mérite qu'on la sonde pour elle-même et non pour ce qu'elle est censée représenter ? " " Etre un dribbleur se paie très cher, il faut être prêt à encaisser tous les coups ", semble lui répondre, dans la préface du livre, le joueur Hatem Ben Arfa (Rennes, ex-PSG, ex-Nice). " Il faut assumer que, peut-être, le crochet ne passera pas, que le public vous sifflera, qu'on dira à la fin du match que tout est de votre faute. " Ce beau jeu recherché comme une oeuvre d'art contribue au succès planétaire du football qui, remuant aussi des fibres intimes, " met en scène, selon Thibaud Leplat, le combat entre la joie de grandir et la tristesse d'oublier notre enfance ".