Quand la presse informe au sujet de l'annexion de la Crimée par la Russie, elle fait généralement preuve de peu de nuance. N'éprouvant aucune sympathie pour le tsar actuel de Russie, je voudrais toutefois faire part de mon expérience personnelle au sujet de la Crimée. A l'é...

Quand la presse informe au sujet de l'annexion de la Crimée par la Russie, elle fait généralement preuve de peu de nuance. N'éprouvant aucune sympathie pour le tsar actuel de Russie, je voudrais toutefois faire part de mon expérience personnelle au sujet de la Crimée. A l'époque où existait encore l'URSS, je pus, en qualité de représentant d'une association internationale, visiter la Crimée en toute liberté et y constater que l'immense majorité de la population était russe, que seule subsistait une petite minorité de Tatars depuis que Staline avait déporté ceux-ci en Sibérie. Malgré cette incontestable majorité de Russes, la presqu'île de Crimée fut néanmoins attachée à l'Ukraine en 1954. Ce fut un présent offert par le dirigeant de l'Union soviétique de l'époque, l'Ukrainien Nikita Khrouchtchev, à sa patrie. Pour les autochtones russes, ceci ne représentait nullement un handicap, car ils restaient avant tout citoyens d'Union soviétique. Cette situation changea évidemment au moment de la disparition du régime communiste. Ce fut compréhensible que les Russes de Crimée ne pouvaient accepter leur transfert de nationalité et on peut comprendre que la Russie désira sauvegarder son territoire. On peut toutefois regretter que cette annexion, ou réappropriation, se déroula sans pourparlers préalables, et donc en l'absence de toute intervention diplomatique.