Cette fois, dans un sport auquel on reproche souvent son conservatisme, il y a du neuf. Ce n'est plus, comme d'habitude, sur les bords de la Méditerranée, en France et en Espagne, que s'ouvrira, aux premiers jours de février, la saison cycliste professionnelle. Depuis la mi-janvier déjà, avec le Tour Down Under en Australie, le Tour de Langkawi en Malaisie et le Tour du Qatar, le défilé des nouveaux maillots s'est effectué aux quatre coins de la planète. La fameuse mondialisation du cyclisme, chère à Hein Verbruggen, le président de l'UCI (Union cycliste internationale), est donc bien en marche. Même si, au Qatar, malgré la présence de vedettes de la trempe de Jan Ullrich, Johan Museeuw et autres Laurent Jalabert, le peloton s'est quelquefois déployé, durant les premiers jours, devant davantage de dromadaires que de spectateurs.
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Cette fois, dans un sport auquel on reproche souvent son conservatisme, il y a du neuf. Ce n'est plus, comme d'habitude, sur les bords de la Méditerranée, en France et en Espagne, que s'ouvrira, aux premiers jours de février, la saison cycliste professionnelle. Depuis la mi-janvier déjà, avec le Tour Down Under en Australie, le Tour de Langkawi en Malaisie et le Tour du Qatar, le défilé des nouveaux maillots s'est effectué aux quatre coins de la planète. La fameuse mondialisation du cyclisme, chère à Hein Verbruggen, le président de l'UCI (Union cycliste internationale), est donc bien en marche. Même si, au Qatar, malgré la présence de vedettes de la trempe de Jan Ullrich, Johan Museeuw et autres Laurent Jalabert, le peloton s'est quelquefois déployé, durant les premiers jours, devant davantage de dromadaires que de spectateurs.Cette universalité du cyclisme s'exprime aussi en chiffres: pour 2002, l'UCI dénombre 1 162 coureurs professionnels, répartis dans 45 pays, en majorité européens. La Belgique y tient le haut du pavé. Avec ses 120 professionnels, elle n'est précédée que par l'Italie (224 coureurs), l'Espagne (157) et la France (129). Si le Tour du Qatar est, en fait, le caprice d'un richissime émir, mis sur pied par des spécialistes européens (la Société du Tour de France et Eddy Merckx, entre autres), son intérêt n'est cependant pas négligeable. Comme c'est aussi le cas sous les latitudes australiennes et malaisiennes, les champions peuvent, de la sorte, s'élancer plus tôt, loin des frimas, là où le beau temps est garanti, dans des courses bien organisées et richement dotées. En revanche, en France, la saison semble démarrer plus laborieusement. Confrontés à un dépassement des frais de gendarmerie, qui a menacé le déroulement de leur épreuve, les organisateurs de l'Etoile de Bessèges, qui ouvre traditionnellement la campagne des courses par étapes, ont finalement trouvé un accord avec les autorités concernées. Le 6 février prochain, l'épreuve prendra bel et bien son envol. Mais Paris-Nice aura-t-il lieu ? Ce premier grand rendez-vous, prévu du 10 au 17 mars, véritable clé de voûte du calendrier de début de saison, a du plomb dans l'aile. L'organisateur Laurent Fignon, double vainqueur du Tour de France, s'accordait jusqu'au 1er février pour recueillir les 300 000 euros (12 millions de francs) de sponsoring qui lui manquent et pouvoir ainsi lever le drapeau du départ. Une possibilité de rachat par ASO (Amaury Sport Organisation, le puissant groupe investisseur dans la Société du Tour de France), n'a finalement pas abouti.Essoufflement médiatique, moins de sponsorsUne autre solution de sauvetage résiderait dans l'intervention de la Fondation "Arc-en-ciel", une institution créée par l'UCI et dont la mission consiste à dénicher, dans ce cas, des parraineurs repreneurs. La fondation a déjà réussi à sortir de l'impasse des épreuves comme le Tour de Romandie et le Championnat de Zurich. Selon Verbruggen, qui s'investit directement dans ces opérations, il apparaît aujourd'hui plus facile de trouver des sponsors en Suisse et en Allemagne qu'en France. A la limite, la "Course au soleil" pourrait, à l'avenir, passer sous tutelle étrangère. La société suisse IMG-McCormack s'est d'ailleurs portée candidate, mais son offre porte à partir de 2003 seulement. Or le temps presse. Seul un groupe comme la Société du Tour de France aurait encore pu assumer l'organisation de Paris-Nice 2002 dans un délai aussi court. La réserve des investisseurs français est un indice. Certes, il y a toujours la grande foule sur les routes du Tour de France - l'épreuve mythique par excellence -, mais, depuis les affaires de dopage ( lire l'encadré) qui a installé le cyclisme dans l'actualité des faits divers, les signes d'un certain essoufflement médiatique existent. Et, en France, en tout cas, l'intérêt des sponsors semble se relâcher. A l'exclusion de l'attention vouée à la Grande Boucle, elle s'atténue ailleurs. Rien de pareil en Belgique. La télévision, surtout en Flandre, prête toujours autant d'attention au cyclisme. A la grande satisfaction des sponsors, qui ont dès lors l'assurance d'être vus. Avec ses parraineurs attitrés, et ceux de la société CIS (Consults in Sport), la LVB (Ligue vélocipédique belge) relance même, du 22 au 26 mai, le Tour de Belgique, disparu du calendrier depuis 1990. L'objectif est de marier, dès 2003, notre tour national avec celui du Luxembourg, afin de créer ainsi, sur un terrain varié et accidenté, une course par étapes de dix jours, encore plus attrayante et sélective. De l'ambition, donc, du côté belge, au début d'une saison dont le point d'orgue se déroulera également en Belgique: les championnats du monde sur route, du 8 au 13 octobre, à Zolder.Emile Carlier