Le contexte de la proposition américaine sur le futur des relations entre Israéliens et Palestiniens donne un relief particulier aux " chroniques géographiques de la colonisation israélienne " que publie, sous le titre 31° Nord 35° Est (1), soit la localisation de la Palestine, le cartographe Khalil Tafakji, qui fit partie des délégations palestiniennes à plusieurs pourparlers de paix avec les Israéliens.
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Le contexte de la proposition américaine sur le futur des relations entre Israéliens et Palestiniens donne un relief particulier aux " chroniques géographiques de la colonisation israélienne " que publie, sous le titre 31° Nord 35° Est (1), soit la localisation de la Palestine, le cartographe Khalil Tafakji, qui fit partie des délégations palestiniennes à plusieurs pourparlers de paix avec les Israéliens. Le directeur du département de cartographie de la Société d'études arabes montre l'importance d'une bonne connaissance de la topographie dans une négociation où l'enjeu de la terre est primordial. " Les Israéliens furent surpris lorsque [...] les délégués palestiniens brandirent des cartes précises et actualisées, explique-t-il. A tout le moins, notre connaissance du terrain nous permettait de ne pas être tranquillement baladés lorsqu'étaient discutés les surfaces ou les échanges de territoires. " Il n'empêche, la machine diplomatique du gouvernement israélien était autrement plus affûtée que celle des responsables palestiniens appelés à participer, sans l'infrastructure d'un Etat, aux négociations qui suivirent l'accord de paix d'Oslo de 1993. Khalil Tafakji en témoigne à propos de la restitution partielle aux Palestiniens de la ville d'Hébron, lors des pourparlers de septembre 1995 à Taba en Egypte. " A quelques jours de la conclusion des négociations, Shimon Pérès (NDLR : alors ministre israélien des Affaires étrangères) proposa à Yasser Arafat une carte sur laquelle était dessiné un simple trait, en zigzag. Je pense aujourd'hui que la grande erreur d'Abu Amar a été de s'y intéresser. Il aurait dû rejeter cette carte d'emblée, refuser de la regarder. [...] Côté israélien, l'ultime décisionnaire était Yitzhak Rabin (NDLR : le Premier ministre), et non Shimon Pérès. Les Israéliens pouvaient donc accepter une proposition dans un premier temps, tout en se réservant la possibilité de revenir à la table des négociations en déplorant que cela ait été refusé en haut lieu. Mais, de notre côté, c'est Arafat qui décidait, il n'y avait donc pas de recours ou d'excuse possible. " L'essentiel du propos du cartographe palestinien vise à prouver que la colonisation israélienne n'a jamais cessé, même pendant les périodes de négociations, et qu'elle fige une situation qui fait obstacle à la paix. " Faute de pouvoir fouler le sol des colonies, les photos aériennes [...] facilitaient le repérage de chaque nouvelle infrastructure (école, hôpital, supermarché, etc.) ainsi que les habitations en construction, relève Khalil Tafakji. L'argument de l'expansion naturelle - utilisé par les Israéliens pour prétendre que la colonisation était bel et bien à l'arrêt en l'attente des négociations finales, et que les nouvelles constructions ne modifiaient en rien les cartes puisqu'il s'agissait d'infrastructures ajoutées au sein de communautés existantes - apparaissait au regard des statistiques que nous avions établies totalement fallacieux. " Le technicien apartisan en tire comme conclusion que " depuis cinquante ans, Israël procède au blanchiment des activités illégales des colons " et qu'à vrai dire, il " ne veut pas de voisin palestinien ".