A l'entrée de Maillen se dresse une étonnante habitation, qui tranche avec les fermettes en pierre du pays de ce village du Namurois. Malgré l'originalité de la maison, le permis d'urbanisme a été obtenu en trente jours à peine ! Un record, sans doute, vu l'environnement. Il est vrai que, en l'absence de constructions voisines, aucune dérogation n'a dû être demandée. De plus, l'architecte avait pris ses précautions en consultant au préalable les autorités commun...

A l'entrée de Maillen se dresse une étonnante habitation, qui tranche avec les fermettes en pierre du pays de ce village du Namurois. Malgré l'originalité de la maison, le permis d'urbanisme a été obtenu en trente jours à peine ! Un record, sans doute, vu l'environnement. Il est vrai que, en l'absence de constructions voisines, aucune dérogation n'a dû être demandée. De plus, l'architecte avait pris ses précautions en consultant au préalable les autorités communales. En plaidant une emprise visuelle limitée, grâce notamment à un toit plat, peu courant dans la région. Au final, le budget n'est pas exagéré : 1 000 euros le mètre carré, hors TVA. Plantée à l'extrémité d'un champ, l'habitation de l'architecte Olivier Dullier évoque la typologie rurale. Plus en longueur qu'en largeur, elle s'inspire de la forme des hangars agricoles. Pour se fondre dans le paysage, la maison est à moitié enterrée dans le talus et recouverte d'un bardage en bois aux lignes horizontales. " Histoire de rappeler la ligne d'horizon ", dit Olivier Dullier. Le bardage en afzélia conservera sa couleur brune, pour autant qu'il soit huilé tous les quatre ou cinq ans. La majorité des ouvertures ont été réalisées vers le sud-ouest, de manière à bénéficier du panorama ainsi que d'un maximum de lumière et de chaleur. Du moins, quand il le faut. En été, une " casquette " placée à l'extérieur, au-dessus des châssis, protège la maison de la chaleur. En hiver, le soleil rasant pénètre abondamment dans le séjour. Utile, quand on sait que l'habitation est dépourvue du chauffage central. Une pompe à chaleur le remplace, distribuant la chaleur par le sol au rez-de-chaussée et via des ventilo-convecteurs à l'étage. Le revêtement de sol est constitué de béton lissé. Un feu ouvert sert de complément, permettant de gagner deux à trois degrés en une demi-heure à peine. L'un des buts poursuivis par l'architecte était également de se débarrasser des radiateurs apparents, pour bénéficier d'un espace épuré au maximum. La surface totale du bâtiment n'étant pas extensible - 180 mètres carrés au sol : autant la rentabiliser. Dans le même esprit, des rangements ont été intégrés dans le couloir de l'étage, pour dégager les différentes chambres et le bureau de l'architecte. Et comme il n'y a pas de caves, " il faut apprendre à rangerà et à jeter ". l Gilles Quoistiaux