Pendant que le tsunami financier s'étend, la Chine continue, triomphalement, d'annoncer de bonnes nouvelles : l'envoi de trois Chinois et la sortie de l'un d'entre eux dans l'espace sont l'occasion d'annoncer pour 2020 la mise sur orbite d'une station spatiale indépendante, et l'installation d'une base lunaire pour 2060. La création d'une usine d'assemblage d'Airbus permet de rappeler l'acquisition de 2 800 avions nouveaux avant 2020. La Chine est aussi devenue l'un des plus p...

Pendant que le tsunami financier s'étend, la Chine continue, triomphalement, d'annoncer de bonnes nouvelles : l'envoi de trois Chinois et la sortie de l'un d'entre eux dans l'espace sont l'occasion d'annoncer pour 2020 la mise sur orbite d'une station spatiale indépendante, et l'installation d'une base lunaire pour 2060. La création d'une usine d'assemblage d'Airbus permet de rappeler l'acquisition de 2 800 avions nouveaux avant 2020. La Chine est aussi devenue l'un des plus puissants acteurs financiers : sa banque centrale détient près de 1 000 milliards de dollars de réserves, un de ses fonds souverains dispose de 200 milliards d'euros. Trois de ses banques font partie des cinq plus grosses capitalisations boursières bancaires du monde et l'une d'elles, Industrial & Commercial Bank of China (ICBC), est devenue la banque la plus rentable de la planète. Ces institutions ont investi 3 milliards de dollars dans le fonds américain Blackstone et 5 milliards pour détenir 9,9 % de Morgan Stanley. Mais le tsunami n'épargnera personne et cette crise financière est, pour la Chine comme pour le reste du monde, pleine de menaces. Parce que sa croissance est très dépendante de celle des Etats-Unis, où partent au moins le quart de ses exportations, et parce que ses avoirs sont très largement investis en actions et bons du Trésor américains (la Chine détient 15 % de la dette publique américaine et 70 % de ses réserves sont libellées en billet vert). En conséquence, la croissance économique chinoise, qui est encore de 9 % par an, peut dégringoler, entraînant une aggravation du chômage, qui pourrait toucher des centaines de millions de gens. Le peuple chinois, qui commence à ne plus tolérer la façon dont il est traité (ainsi que le montrent les grèves à répétition et les manifestations après le scandale du lait frelaté), pourrait se fâcher, comme souvent dans son histoire, et la situation déraper en des émeutes capables même, à l'extrême, de mettre fin au régime communiste. Etrange scénario, digne de Kafka : la fin du système soviétique, qui a entraîné une libéralisation outrancière des forces du marché, provoquerait l'explosion du dernier grand régime communiste du monde ! La Chine a vu le danger et ne le prend pas à la légère : le moment approche où elle retirera, en partie, ses capitaux d'Occident, pour s'occuper d'elle-même. C'est alors que le monde tremblera. j@attali.com