M. Echikson, votre article " La Belgique tolérante que j'aimais a disparu " a retenu toute mon attention. Je ne vous écris pas ici pour vous exprimer combien je partage vos considérations et inquiétudes mais pour vous apporter un petit complément d'information concernant l'affaire des " hosties sanglantes " de 1370 et ses représentations dans la cathédrale Saint-Michel. Une visite plus approfondie du lieu vous permettrait de découvrir que, dans votre article, vous êtes en dessous de la réalité. En effet, il ne s'agit pas seulement de cinq vitraux commandités par Léopold Ier : la quasi-totalité des vitraux de la cathédrale illustrent cette lamentable affaire. Les plus anciens, situés dans l'ancienne chapelle du Saint-Sacrement, aujourd'hui devenue musée, ont été commandés par Charles-Quint et sa famille au xvie siècle. Les plus récents ornant les deux bas-côtés datent du xixe siècle. Commanditaires divers : Léopold Ier mais aussi Léopold II et plusieurs autres. Il faut encore ajouter l'un ou l'autre tableau dans le transept, si j'ai bonne mémoire, ainsi que, paraît-il, des tapisseries conservées dans les réserves des Musées d'art et d'histoire. Cela dit, vous êtes bien excusable si ces éléments vous ont échappé, " la cathédrale " ne faisant apparemment rien pour expliquer et contextualiser ces représentations. Tout ce que vous trouverez, c'est une petite plaque très discrète située sur la face intérieure de la façade principale. Cette absence de gestion intelligente et courageuse du patrimoine national contribue aux dérives que vous dénoncez dans votre article.

Jean-Paul Welter, par courriel.