Nonobstant les scandales dans le secteur de la viande, la pollution associée aux moteurs diesel et l'épidémie d'obésité dont les médias font si volontiers leurs choux gras, les derniers chiffres du SPF Économie (qui portent sur l'année 2016) démontrent que l'espérance de vie moyenne continue à augmenter dans notre pays. Que cela nous plaise ou non, cet allongement est dû au moins en partie au secteur pharmaceutique : plus de la moitié des cancers peuvent désormais être guéris, le VIH est devenu une maladie chronique et la vaccination nous permet de garder sous contrôle bon ...

Nonobstant les scandales dans le secteur de la viande, la pollution associée aux moteurs diesel et l'épidémie d'obésité dont les médias font si volontiers leurs choux gras, les derniers chiffres du SPF Économie (qui portent sur l'année 2016) démontrent que l'espérance de vie moyenne continue à augmenter dans notre pays. Que cela nous plaise ou non, cet allongement est dû au moins en partie au secteur pharmaceutique : plus de la moitié des cancers peuvent désormais être guéris, le VIH est devenu une maladie chronique et la vaccination nous permet de garder sous contrôle bon nombre d'infections graves. La Belgique est à la pointe dans le domaine des traitements préventifs et curatifs novateurs contre des pathologies majeures, juste derrière le Danemark. Mettre de nouveaux traitements à la disposition des patients relève toutefois d'un processus long, complexe et onéreux, puisque ce sont des milliers de molécules qui doivent être passées au crible pour identifier un seul nouveau médicament potentiel... qui devra ensuite faire l'objet de plusieurs années de recherche. Ce parcours de recherche est possible grâce aux études cliniques, qui consistent à tester des médicaments potentiels chez l'être humain, des volontaires sains aux grands groupes de patients. Pratiquement aucun pays d'Europe n'en accueille autant que la Belgique : chaque année, quelque 170.000 Belges prennent part à des essais cliniques et contribuent ainsi à rendre l'innovation possible - toujours de leur plein gré et après avoir été soigneusement informés, qu'il s'agisse de volontaires en bonne santé ou de patients porteurs de la maladie que l'on cherche à traiter. Certains le font dans le but d'aider d'autres malades, d'autres pour bénéficier rapidement et gratuitement des dernières innovations thérapeutiques ciblant leur pathologie. Mais on ne soulignera jamais assez l'importance de leur apport : ils représentent ni plus ni moins qu'un maillon crucial du développement de nouveaux médicaments ! Dans notre dossier " essais cliniques ", nous nous arrêterons plus en détail sur toutes les étapes de ce processus en donnant la parole à ceux et celles qui s'y sont impliqué(e)s. Depuis avril 2017, la Belgique s'est dotée d'une nouvelle loi sur les essais cliniques, qui devrait améliorer encore la qualité et la sécurité de ces recherches. Dans le giron du SPF Santé publique sera institué un collège indépendant, chargé d'évaluer les demandes d'essais cliniques, où siègeront également des représentants des patients. Cette mesure et d'autres encore préparent le terrain pour l'implémentation de la directive européenne sur les essais cliniques (EU536/2014), qui entrera en vigueur en 2019 et où les citoyens et les patients seront amenés à jouer un rôle important.