Avec l'appui de l'aviation russe, qui a déjà entamé des bombardements, et de l'Iran, les forces fidèles au président Bachar al-Assad s'apprêtent à reprendre la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, et dernier sanctuaire des insurgés. C'est là qu'ont convergé les rebelles évincés tour à tour d'Alep, des alentours de Damas et d'a...

Avec l'appui de l'aviation russe, qui a déjà entamé des bombardements, et de l'Iran, les forces fidèles au président Bachar al-Assad s'apprêtent à reprendre la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, et dernier sanctuaire des insurgés. C'est là qu'ont convergé les rebelles évincés tour à tour d'Alep, des alentours de Damas et d'autres régions, accompagnés de leurs familles, faisant gonfler la population à 2,5 millions d'habitants. Estimés, par le chercheur Fabrice Balanche, à 50 000, voire 90 000 si on prend les combattants occasionnels, les rebelles se répartissent en deux groupes : au nord, les djihadistes de Hayat Tahrir al-Sham (HTC), issu de l'ex-branche d'Al-Qaeda en Syrie, où l'on retrouve beaucoup d'étrangers et, au sud, le Front national de libération (Jabat Tahrir al-Watani), une coalition islamiste cornaquée par la Turquie et qui regroupe les opposants à HTC, dont des restes de l'Armée syrienne libre. La Turquie, qui a demandé en vain un moratoire à Moscou, craint un nouveau déferlement de réfugiés sur son territoire, à moins d'en réinstaller une partie au nord de la Syrie, dans la zone kurde qu'elle contrôle directement. " Il doit y avoir des moyens de régler ce problème pour que les prochains mois, Idlib ne se transforme pas en pire catastrophe humanitaire du xxie siècle ", a déclaré Mark Lowcock, secrétaire général adjoint de l'ONU, qui a reconnu que la province regorgeait d'un grand nombre de combattants, " y compris des terroristes d'organisations proscrites. Mais je pense qu'il y a cent civils, la plupart des femmes et des enfants, pour chaque combattant ". Reste à savoir si ceux-ci les utiliseront ou pas comme boucliers humains.