Initiative de Virginie Civrais, secrétaire générale d'Ars Musica, Arsmuzikina s'est profilé d'emblée comme un lieu bouillonnant de création des juniors. Après le spectacle étourdissant de l'an dernier, inspiré pourtant du grave Hamletmaschine Oratiorio, d'Aperghis, c'est l'opéra Les Trois Soeurs, de Peter Eötvös, qui servira de point de départ au travail de l'édition 200...

Initiative de Virginie Civrais, secrétaire générale d'Ars Musica, Arsmuzikina s'est profilé d'emblée comme un lieu bouillonnant de création des juniors. Après le spectacle étourdissant de l'an dernier, inspiré pourtant du grave Hamletmaschine Oratiorio, d'Aperghis, c'est l'opéra Les Trois Soeurs, de Peter Eötvös, qui servira de point de départ au travail de l'édition 2002. Sarah Goldfarb, compositrice et animatrice spécialisée (de la Guidhall School de Londres), a conçu le processus et l'anime depuis octobre dernier: "Nous avons choisi deux classes d'une école de Neder-over-Heembeek, dont les enfants, âgés de 11 ans environ, sont d'origines très mélangées, moitié francophones, moitié du reste du monde, du Danemark aux Philippines. Pour les 50 enfants concernés, le premier effort fut de renoncer à Star Academy! Mais, ce deuil accompli, ils se sont jetés - comme leurs professeurs - à fond dans le projet. En partant des Trois Soeurs, nous avons travaillé deux thèmes: la plainte et l'illusion, sujets pas très drôles - et encore moins après avoir écouté les confidences des enfants! -, mais qui ont ouvert une multitude de pistes. A partir de là, nous avons inventé quatre personnages: la fille pourrie gâtée, mais toujours seule; l'enfant de parents séparés, rêvant de nature et d'amour; le looser, accro des jeux électroniques, et sa soeur, accro des feuilletons télé débiles, avec laquelle il se dispute tout le temps. A ces rôles s'ajoutent les présentateurs de chaque scène, et un rôle repoussoir, celui du "frimeur". Enfin, comme chez Eötvös, les enfants jouent 3 fois la même scène, envisagée selon les visions successives de la solitaire, de l'amoureux et des "non-communicants" (le frère et la soeur)." Et la musique? "Je construis des grilles sur lesquelles les enfants improvisent. Pour eux, c'est la nouveauté absolue, et c'est ce qui permet à leur imagination de se déployer sans entraves." Résultat à ne manquer sous aucun prétexte! Deux spectacles publics: le 9 mars à 12 et à 15 heures au théâtre Marni. En coproduction avec la Monnaie.M.D.-M.