Berner à la fois le protocole du Palais et les services de sécurité belge et congolais : voilà l'" exploit " accompli, fin juin dernier à Kinshasa, par un Namurois amateur de sensations fortes. Géomètre de formation, consultant et photographe amateur, Luc Ghys avait fait le pari, devant quelques amis, d'assister aux cérémonies du cinquantenaire de l'indépendance du Congo aux côtés des têtes couronnées, des présidents et autres visiteurs de marque, gueuleton à la clé. Préméditant son " coup " en Belgique, il se confectionne une carte de photographe de presse plus vraie que nature. ...

Berner à la fois le protocole du Palais et les services de sécurité belge et congolais : voilà l'" exploit " accompli, fin juin dernier à Kinshasa, par un Namurois amateur de sensations fortes. Géomètre de formation, consultant et photographe amateur, Luc Ghys avait fait le pari, devant quelques amis, d'assister aux cérémonies du cinquantenaire de l'indépendance du Congo aux côtés des têtes couronnées, des présidents et autres visiteurs de marque, gueuleton à la clé. Préméditant son " coup " en Belgique, il se confectionne une carte de photographe de presse plus vraie que nature. Il part ensuite pour Kinshasa, ville qu'il connaît comme sa poche : il y a vécu de 2003 à 2006, chargé d'un projet pour la Banque mondiale en tant qu'expert du cadastre des mines. Arrive le jour où le roi Albert et sa suite débarquent dans la capitale congolaise. " Avec ma connaissance des lieux et surtout des gens, je me suis fait inviter, le 29 juin, par le consul de Belgique à la réception que l'ambassadeur donnait dans sa résidence en l'honneur d'Albert et Paola. Je me suis retrouvé dans les salons privés, où j'ai pu approcher et photographier le roi et la reine. "Plus tard, le Belge discute avec un photographe d'agence de presse, qui lui indique la procédure en vue d'obtenir une accréditation officielle pour les cérémonies du 30 juin. " Le soir même, fier d'un parcours qui m'a mené jusqu'au palais présidentiel, je sors du Grand Hôtel de Kinshasa, arborant sur ma poitrine la fameuse accréditation congolaise " All zones " pour les festivités du lendemain. J'assiste au défilé à quelques mètres des grands de ce monde, Ban Ki-moon, Kabila, Kagame, Mugabe, Albert II, Paola, Yves Leterme et d'autres, que je prends en photo. "Pour couronner le tout, le photographe amateur se rend le lendemain matin à l'aéroport de N'djili, où l'Airbus de l'armée belge se prépare à ramener Albert II et sa suite en Belgique. " Après quelques clichés des dernières poignées de main du couple royal aux représentants du Congo et au corps diplomatique belge, je suis monté dans l'avion, où j'ai pris quelques photos "trophées". Aucun contrôle, rien ! Une hôtesse m'a simplement dit : "Où allez-vous, on décolle dans quelques minutes". Je lui ai répondu : "Je sais, mais je ne vole pas avec vous". "Redescendu sur le tarmac, il raconte à un journaliste belge sa dernière audace. " Il m'a répondu : "Normal", en pointant du doigt mon accréditation. Et ce journaliste a ajouté : "Tu imagines les conséquences si quelqu'un muni de tels documents faisait une grosse connerie ? On ne pourrait plus jamais exercer notre métier, où les relations sont basées sur une certaine confiance." Peut-être suis-je un peu fou, certainement téméraire, mais j'ai surtout voulu montrer à des amis incrédules qu'avec une bonne tête, un laissez-passer et un peu d'aplomb on peut se faire inviter presque partout. J'aurais même pu rentrer au pays avec le roi ! "OLIVIER ROGEAU