Pas de doute possible, il a du flair. En appelant au flirt avec les Ecolos la semaine dernière dans les colonnes du Vif/L'Express, Didier Reynders " collait " parfaitement à l'humeur de l'électorat MR. Pour preuve, le sondage exclusif de notre magazine et qui confirme que 81 % de nos lecteurs MR sont favorables à une alliance avec les verts. Un enthousiasme guère partagé, en revanche, pas les heureux élus. En effet, seul un de nos lecteurs Ecolo sur deux se dit prêt à tenter l'aventure avec les libéraux. La douche froide. Qui devrait faire sourire Joëlle Milquet. N'a-t-elle pas toujours asséné que le parti de Jean-Michel Javaux était bel et bien ancré ...

Pas de doute possible, il a du flair. En appelant au flirt avec les Ecolos la semaine dernière dans les colonnes du Vif/L'Express, Didier Reynders " collait " parfaitement à l'humeur de l'électorat MR. Pour preuve, le sondage exclusif de notre magazine et qui confirme que 81 % de nos lecteurs MR sont favorables à une alliance avec les verts. Un enthousiasme guère partagé, en revanche, pas les heureux élus. En effet, seul un de nos lecteurs Ecolo sur deux se dit prêt à tenter l'aventure avec les libéraux. La douche froide. Qui devrait faire sourire Joëlle Milquet. N'a-t-elle pas toujours asséné que le parti de Jean-Michel Javaux était bel et bien ancré à gauche ? Surprises, surprises. Les jeux sont ouverts. Pas de politique prémâchée, cette année, les indécis sont légion ; les points d'interrogation, multiples. Malgré les zones d'ombre, notre magazine a osé avancer des scénarios pour l'après-7 juin, risquer des pronostics dans les 13 arrondissements wallons et à Bruxelles, afficher des résultats : MR et PS au coude-à-coude au Sud, MR en tête dans la capitale, juste devant les Ecolos... et le FN (définitivement ?) balayé de la carte. Les analystes politiques sont unanimes : les électeurs veulent du changement, tel est le signal envoyé aux futurs élus chargés de former les coalitions. Qui avec qui ? Le c£ur du problème. Qui pour apporter l'indispensable nouveau souffle ? Il faudra compter et recompter les voix, gommer ceci, édulcorer cela, arrondir les angles, effacer les aspérités. Bref, après une campagne violente, intense, définir un cadre susceptible de modifier la donne, de chiffonner le paysage politique d'aujourd'hui. Quand les loups de faïence se font agneaux. Normal, ne s'agit-il pas de trouver les indispensables majorités pour constituer de nouveaux gouvernements ? Changement, espoir... d'une éthique, d'une bonne gouvernance, d'une saine gestion des affaires publiques. Quoi de plus légitime ? A tous les niveaux de pouvoir. La tâche est immense. Aujourd'hui, sous la pression de l'opinion, tous prétendent avoir compris le message. Ils auraient même saisi le véritable désarroi, l'éc£urement qui se niche derrière certains votes écolos. Ils ont même intégré qu'il ne s'agit pas de reprendre les mêmes et de recommencer comme hier en plaçant aux premiers rangs des jeunes pousses pressées de monter sur le podium. Une perspective séduisante, certes. Mais il faut davantage encore. Les partis traditionnels sollicités pour des alliances doivent s'engager clairement pour gouverner autrement avec des verts au triomphe que l'on souhaite modeste. On ne gagne rien, en effet, à écraser l'autre, défait. Car des pactes solides, forts, doivent être conclus pour relever les défis d'aujourd'hui et de demain, baliser une société en devenir, responsable et citoyenne, répondre aux aspirations des nouvelles générations en mutation profonde. Pas de plan caché, non plus, ni d'intentions camouflées. Mais de la transparence, des idéologies clairement affichées, des négociations équilibrées et tournées résolument vers l'avenir, là est bien le vrai défi. L'électeur francophone a montré clairement qu'il voulait un avant et un après-7 juin 2009. Dès le 8 juin, plus rien ne pourra être comme avant. C'est un " new deal ", notre " new deal ", que nous attendons désormais.