"En 2015, quand j'ai entendu parler de Robert Cailliau, j'ai pensé qu'il s'agissait sans doute d'un bon sujet de reportage. Je n'étais pas du tout geek, je n'avais aucune connaissance dans la programmation, pas d'affection particulière pour le Web, mais ce personnage belge qui a joué un rôle prépondérant dans une invention majeure de notre histoire, inconnu, tombé aux oubliettes et désabusé, qui ne donne plus aucune interview depuis 2013, ça, ça m'a intrigué. En plus, j'ai toujours été fasciné par les genèses, par les premières années d'un événement. C'est là qu'on peut lire les intentions des inventeurs, déceler leur idéal de départ et voir si celui-ci a été perverti ou non. Or, ici, derrière cette histoire, il y a cette trajectoire, et cette tragédie. J'ai donc très vite eu envie d'en faire un bouquin, dans une démarche plus littéraire. " Cette démarche, que nous explique le journaliste belge Quentin Jardon face à son premier livre, un " récit " paru aux prestigieuses éditions Gallimard, est en réalité la sienne depuis ses études mêlant science politique, journalisme et création littéraire, jusqu'à ce goût prononcé pour le slow journalism ou le journalisme de récit tel qu'il l'a pratiqué dans feu le magazine ...