Un livre, un de plus, chapitrant un Occident trop pénétré de sa superbe pour admettre que, après deux siècles de domination, des dragons asiatiques lui disputent l'hégémonie planétaire. La charge est de moins en moins vraie, même si les ex-pays émergents n'ont pas toute la place que leur puissance justifierait dans les organisations internationales - FMI, Banque mondiale, etc. Mais là n'est pas l'intérêt du nouvel essai de Kishore Mahbubani (1). Ce professeur à l'université de Singapour et ancien représentant de son pays aux Nations unies n'a pas grandi pour rien dans la petite île de feu Lee Kuan Yew, lequel ne répugnait pas à embastiller ses contradicteurs et à censurer la presse au nom de la prospérité nation...